- Prix du gaz 170 % plus élevés qu'en septembre 2025 ; stocks européens à 70,4 %.
- Pénurie possible en cas d'hiver rigoureux ; plans d'urgence préparés par les autorités.
- Ménages suisses chauffés au gaz : surcoûts potentiels de 2 000 CHF ou plus si prix explosent.
- Fournisseurs achètent partiellement à court terme ; augmentations tarifaires possibles avec court préavis.
L’hiver 2026-2027 menace le budget des ménages suisses chauffés au gaz. Selon Blick, le prix du gaz est actuellement 170 % plus élevé qu’à la même période l’an dernier, tandis que les stocks européens affichent un niveau de remplissage de 70,4 %, soit 16 points sous la moyenne pluriannuelle. Une pénurie est possible si les températures chutent fortement en janvier ou février.
Les faits et les chiffres
Les stocks de gaz en Europe atteignent aujourd’hui 70,4 %, un niveau inférieur à celui d’avant le début de la guerre en Ukraine en février 2022. L’Union européenne a revu à la baisse son objectif de stockage pour fin octobre, le ramenant à 80 %, mais selon Andreas Tresch, associé gérant chez Enerprice, un fiduciaire spécialisé dans l’énergie, « elle ne parviendra pas non plus à l’atteindre ».
L’Allemagne, qui dispose des plus grandes capacités de stockage de l’UE, ne remplit actuellement ses réservoirs qu’à un peu plus de la moitié. Lors des journées de grand froid, le gaz naturel liquéfié (GNL) ne suffit pas : les réserves ne couvrent alors qu’environ la moitié de la consommation.
En Suisse, un quart des foyers utilise le gaz naturel pour se chauffer en hiver. L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (AEP) estime que l’approvisionnement en gaz pour l’hiver s’annonce « difficile ». Il y a un mois, le secteur gazier suisse et les autorités ont conclu un accord permettant d’utiliser environ un dixième de la consommation hivernale du pays en gaz transitant de la France vers l’Italie via la Suisse. Les fournisseurs suisses doivent stocker l’équivalent de 15 % de la consommation annuelle dans des réservoirs à l’étranger.
Pourquoi cette situation maintenant
Plusieurs facteurs expliquent cette tension. La situation s’est tendue dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’un nouveau conflit perturbe le transit par la mer Rouge. L’Allemagne a changé de ton cette semaine : l’État achète désormais du gaz pour remplir ses réservoirs, selon plusieurs médias allemands.
« Si l’hiver est doux à normal en Europe, les faibles niveaux de stockage n’ont pas une grande incidence. Mais en cas d’hiver très rigoureux, nous aurons un problème », explique Andreas Tresch. L’association allemande des exploitants de stockage de gaz met elle aussi en garde contre un risque de pénurie si les températures chutent fortement en janvier ou février.
Jusqu’à présent, les autorités européennes mettaient en avant le renforcement des capacités d’importation de gaz naturel liquéfié, mais cette stratégie montre ses limites lors des périodes de grand froid.
Ce que ça change pour vous
Locataires et propriétaires chauffés au gaz : Votre facture de chauffage risque d’augmenter fortement. En 2022 et 2023, certains ménages avaient dû s’acquitter de surcoûts de 2 000 francs ou davantage pour leur chauffage. Contrairement à l’électricité, les prix du gaz pour les ménages sont ajustés en cours d’année selon les prestataires. Certains fournisseurs s’approvisionnent principalement à court terme sur le marché spot et peuvent augmenter leurs tarifs de manière abrupte, avec un préavis très court pour le mois suivant.
Les grands fournisseurs GVM, EWB, IWB et Energie360 achètent stratégiquement de grandes quantités à l’avance à des prix fixes, ce qui protège dans une certaine mesure leurs clients contre les hausses brutales. Cependant, une partie du gaz reste achetée à court terme. Vérifiez auprès de votre fournisseur sa stratégie d’achat et les conditions de révision tarifaire de votre contrat.
Entreprises : Le gaz naturel revêt une importance capitale pour l’industrie suisse. Une pénurie ou une explosion des prix pourrait affecter les coûts de production.
Tous les consommateurs : Si une pénurie se confirme, les autorités ont préparé des plans d’urgence allant des appels à la sobriété aux restrictions d’utilisation, jusqu’au contingentement.
Ce qu’il faut surveiller
Les autorités suisses discutent avec le secteur gazier pour préparer différents scénarios. L’AEP ne fait aucune prévision sur la probabilité d’une pénurie, mais souligne que « on peut imaginer des scénarios dans lesquels les importations ne suffiraient pas à couvrir la demande ».
« Il pourrait bien y avoir des hausses de prix significatives », prévient Andreas Tresch. Son ampleur dépendra de la stratégie d’achat des fournisseurs et de l’évolution des températures. Il reste à voir si, en cas de pénurie, le gaz provenant des réservoirs à l’étranger et de l’accord franco-italo-suisse sera réellement acheminé.
Surveillez également l’évolution de la situation énergétique globale : la Suisse risque une pénurie d’électricité cet hiver, ce qui pourrait compliquer davantage l’approvisionnement énergétique.
Questions fréquentes
Combien coûtera mon chauffage au gaz cet hiver ?
Impossible à dire précisément. Tout dépend de la rigueur de l'hiver et de la stratégie d'achat de votre fournisseur. En 2022-2023, certains ménages ont payé 2 000 CHF de surcoûts ou davantage. Les grands fournisseurs (GVM, EWB, IWB, Energie360) achètent partiellement à l'avance à prix fixes, ce qui limite les chocs tarifaires.
Y aura-t-il une pénurie de gaz en Suisse cet hiver ?
Pas certain. L'Office fédéral pour l'approvisionnement économique estime que l'approvisionnement s'annonce « difficile », mais une pénurie dépendra surtout de la rigueur de l'hiver. Si l'hiver est doux à normal, les faibles stocks ne poseront pas de grand problème. En cas d'hiver très rigoureux, un problème est possible.
Que peut faire la Suisse pour éviter une pénurie ?
La Suisse a diversifié son approvisionnement et conclu un accord permettant d'utiliser environ un dixième de sa consommation hivernale en gaz transitant de France vers l'Italie. Les fournisseurs doivent stocker 15 % de la consommation annuelle à l'étranger. Les autorités ont aussi préparé des plans d'urgence allant des appels à la sobriété au contingentement.
Sources : Blick
