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Électricité : la Suisse risque une pénurie cet hiver

Réserves d'eau basses, gaz européen rare, nucléaire français fragilisé : la Suisse pourrait manquer d'électricité cet hiver selon les experts.

Barrage hydroélect
Photo : Credits to Mourad Ben Abdallah / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons
L’essentiel

  • Lacs de retenue à 73% au lieu de 84% : 900 GWh d'électricité en moins cet hiver.
  • Stocks de gaz européens à 69%, Allemagne critique : centrales au gaz moins disponibles.
  • Nucléaire français vieillissant et fragilisé par manque d'eau : importations moins fiables.
  • Dispositifs d'urgence activables avant coupures : appels aux économies, restrictions sectorielles.

La Suisse pourrait faire face à une pénurie d’électricité cet hiver si plusieurs facteurs se conjuguent. Lino Guzzella, ancien président de l’EPFZ, a lancé l’alerte fin août : les réserves d’eau sont anormalement basses, le gaz européen se raréfie et le nucléaire français, clé de l’approvisionnement hivernal suisse, est fragilisé. Même si une coupure généralisée reste un scénario extrême, la situation mérite une vigilance accrue.

Les réserves d’eau au plus bas

L’été chaud et sec a gravement affecté les lacs de retenue suisses. Ils sont actuellement remplis à 73%, contre une moyenne historique de 84%. Selon Werner Luginbühl, président de la Commission fédérale de l’électricité (ElCom), ce déficit représente environ 900 gigawattheures d’énergie en moins, soit 2 à 3% de la consommation d’électricité nationale pendant la saison hivernale. « Nous ne rattraperons pas ce retard », estime Lino Guzzella.

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Normalement, la Suisse compense ces pertes grâce au nucléaire domestique et aux importations d’électricité. Mais cette année, les deux piliers sont fragilisés.

Le gaz européen s’épuise, le nucléaire français fléchit

En Europe, les stocks de gaz sont remplis à 69%, soit 16 points de pourcentage sous la moyenne sur cinq ans. La guerre en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz ont réduit les arrivages de gaz liquéfié. Le prix a presque triplé, passant de 30 à plus de 80 euros par mégawattheure, ce qui a incité les négociants à réduire leurs achats.

La situation est critique en Allemagne : les réservoirs sont remplis à un tiers sous la normale, un niveau jamais enregistré depuis 15 ans de relevés. « Les réserves de gaz en Allemagne suffisent actuellement à peine pour un mois d’hiver », alerte Lino Guzzella. Daniela Decurtins, de l’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG), précise que lors des journées particulièrement froides, les réserves de gaz peuvent couvrir jusqu’à la moitié des besoins européens.

Les centrales au gaz jouent un rôle crucial dans la production électrique européenne en hiver. Avec moins de gaz disponible, moins d’électricité sera produite et exportée vers la Suisse. De plus, le nucléaire français, traditionnellement exportateur, est fragilisé. Plusieurs réacteurs sont anciens et ont connu des arrêts prolongés pour maintenance et corrosion. Cet été encore, plusieurs centrales ont dû réduire leur production faute d’eau de refroidissement.

Ce que ça change pour vous

Pour les ménages et petites entreprises : Aucune coupure n’est attendue en cas de pénurie modérée. Avant d’en arriver là, les autorités activeraient des appels aux économies d’énergie (baisse du chauffage, réduction de l’éclairage public). Vous pourriez être invité à réduire votre consommation, notamment aux heures de pointe.

Pour les grandes entreprises gourmandes en électricité : En cas de tension, des restrictions sectorielles pourraient être imposées aux industries très consommatrices. Ces mesures interviendraient avant tout rationnement généralisé.

Pour les consommateurs de gaz : La situation du gaz européen est « plus difficile que les années précédentes » selon l’ASIG, mais il n’y a actuellement aucune pénurie. Cependant, les prix pourraient rester élevés si la tension persiste. Selon les tarifs d’électricité affichés par les distributeurs, les prix restent sous surveillance.

Pour tous : La météo sera déterminante. Un hiver doux et venteux réduira les risques. Un hiver long et froid combiné à peu de vent et de soleil aggraverait la situation. Christian Schaffner, expert en énergie à l’EPFL, souligne que l’interconnexion de la Suisse avec les réseaux européens est un avantage en temps normal, mais aussi une source de vulnérabilité si la crise s’étend à toute l’Europe.

Ce qu’il faut surveiller

Court terme (octobre-novembre 2026) : Suivez le remplissage des lacs de retenue suisses et les stocks de gaz européens. L’ElCom publie régulièrement des bulletins de situation. Si les niveaux continuent de baisser ou stagnent, le risque augmente.

Avant l’hiver : Guettez les annonces des autorités fédérales et cantonales sur les mesures d’économie d’énergie. Aucune restriction n’a été annoncée pour l’instant, mais Werner Luginbühl (ElCom) affirme que « nous surveillons la situation de très près et sommes en mesure de réagir ».

Situation en France : L’état du parc nucléaire français est crucial. Tout arrêt prolongé d’une centrale pour maintenance ou problème technique réduirait les importations disponibles pour la Suisse.

Scénario extrême : Une « crise paneuropéenne » serait nécessaire pour que des coupures de courant généralisées surviennent, selon les experts. Cela supposerait une conjonction de facteurs : hiver très froid, peu de vent et de soleil, pénurie de gaz généralisée, et défaillances du nucléaire français.

Questions fréquentes

Y aura-t-il des coupures de courant cet hiver en Suisse ?

Non, sauf en cas de « crise paneuropéenne » très extrême, selon les experts. Avant d'en arriver là, les autorités activeraient des appels aux économies d'énergie et des restrictions sectorielles. Des coupures constitueraient un scénario « très, très extrême ».

Pourquoi les lacs suisses sont-ils plus vides que d'habitude ?

L'été 2026 a été chaud et sec, ce qui a réduit les apports d'eau. Les lacs de retenue sont à 73% au lieu de 84% en moyenne. Selon les experts, ce déficit de 900 GWh ne sera pas rattrapé avant l'hiver.

Que puis-je faire pour réduire ma consommation d'électricité ?

Aucune mesure obligatoire n'a été imposée pour l'instant. Mais en cas de tension, les autorités pourraient demander une réduction volontaire du chauffage, de l'éclairage et des appareils électriques. Suivez les recommandations officielles de votre canton et de l'ElCom.

Sources : Blick

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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