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Kestenholz attaque Repower pour un tarif électrique de 45,88 ct/kWh

Kestenholz (SO) demande en justice une réduction du tarif électrique à 45,88 ct/kWh, le plus élevé de Suisse, fixé par contrat avec Repower jusqu'en 2032.

Pylône électrique haute
Photo : Agnes Monkelbaan (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons
L’essentiel

  • Kestenholz (SO) paiera 45,88 ct/kWh en 2025, tarif le plus élevé de Suisse (moyenne nationale : 26,5 ct/kWh).
  • Contrat signé fin 2022 avec Repower, valable jusqu'en 2032, conclu lors de la crise énergétique post-Ukraine.
  • Commune en justice : estime le tarif devenu illégal après baisse des prix du marché.
  • Repower défend la sécurité des contrats long terme et refuse de renégocier sans accord mutuel.

La commune de Kestenholz (Soleure) affrontera Repower devant les tribunaux pour contester un tarif électrique devenu insoutenable. En 2025, ses habitants paieront 45,88 centimes par kilowattheure, le record absolu en Suisse, alors que la moyenne nationale s’élève à 26,5 centimes. Andy Winiger, président bénévole d’Energie Kestenholz, a décidé de porter plainte en octobre dernier : la commune estime que le contrat conclu avec le groupe grison Repower en 2022 est devenu illégal après l’effondrement des prix du marché.

Les faits et les chiffres

Kestenholz a signé son contrat de fourniture d’électricité fin 2022, au cœur de la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine. A cette époque, les prix de l’énergie avaient atteint des niveaux exceptionnels. Repower était le seul fournisseur à proposer une offre; refuser aurait obligé la commune à recourir à un approvisionnement d’urgence, encore plus onéreux. Le contrat court jusqu’en 2032.

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Depuis, les tarifs du marché ont chuté drastiquement. Le tarif de 45,88 ct/kWh dépasse de loin celui de tous les autres cantons suisses. Pour comparaison, la moyenne nationale est de 26,5 ct/kWh. Kestenholz subit également une clause d’achat minimum : si la consommation baisse (notamment grâce aux 200 installations solaires installées sur 650 propriétés), la commune doit payer des pénalités. En 2027, cette clause ajoutera 3 centimes supplémentaires au tarif.

Pourquoi cette situation maintenant

La commune s’est retrouvée dans une impasse en 2022. Son contrat d’approvisionnement arrivait à échéance et elle n’avait pas eu le temps d’anticiper. Repower, seul fournisseur à répondre, a proposé un tarif reflétant les prix de marché extrêmement élevés de l’époque. Andy Winiger résume : « Nous avions le choix entre la peste et le choléra ».

Depuis, les prix de l’électricité ont baissé, mais le contrat reste figé jusqu’en 2032. Repower justifie cette rigidité en soulignant que les contrats à long terme offrent une sécurité aux deux parties et permettent de répartir les risques liés aux fluctuations de prix. L’entreprise affirme avoir agi dans le respect de la légalité et que « les conditions convenues à l’époque correspondaient à la situation du marché de l’époque ».

Andy Winiger conteste cette logique. Il estime que « la situation a tellement changé que cela n’est plus légal » et dénonce « une impudence sans bornes » de la part de Repower, qui « s’enrichit aux dépens de nos concitoyens » en refusant toute renégociation. Repower a précisé que toute modification d’un contrat existant doit être convenue d’un commun accord entre les deux parties.

Ce que ça change pour vous

Habitants de Kestenholz et communes soluroises : Si la plainte est rejetée, votre facture d’électricité restera parmi les plus chères de Suisse. Vous paierez 45,88 ct/kWh en 2025, soit bien au-delà de la moyenne nationale. La clause d’achat minimum signifie aussi que même si vous installez des panneaux solaires ou réduisez votre consommation, vous continuerez à payer des pénalités jusqu’en 2032. Si la commune gagne, une réduction du tarif ou une résiliation anticipée du contrat pourrait intervenir.

Propriétaires avec installations solaires : Le boom du solaire à Kestenholz (200 installations pour 650 propriétés) a paradoxalement aggravé la situation. Moins la commune consomme du réseau, plus les pénalités augmentent. En 2027, elles ajouteront 3 centimes au tarif. Votre investissement dans le solaire ne vous protège donc pas entièrement des surcoûts contractuels.

Autres communes romandes : Cet exemple montre les risques de signer des contrats long terme sans échelonner les achats. De nombreux fournisseurs d’énergie achètent désormais de manière échelonnée pour atténuer l’impact des fluctuations de prix. Vérifiez les conditions de votre contrat communal et les clauses d’achat minimum.

Ce qu’il faut surveiller

La procédure judiciaire est en cours. Les tribunaux devront déterminer si le contrat est devenu illégal après la baisse des prix ou si les contrats à long terme restent opposables même en cas de changement drastique des conditions de marché. Kestenholz risque d’importantes pertes financières si sa plainte est rejetée.

Andy Winiger a laissé ouverte la possibilité d’une résiliation du contrat ou d’une simple réduction du prix. Le jugement pourrait servir de précédent pour d’autres communes suisses confrontées à des contrats onéreux signés en 2022-2023. Suivez l’évolution du dossier : une condamnation de Repower pourrait inciter d’autres fournisseurs à renégocier leurs tarifs.

Repower a également rappelé que les modifications de contrat doivent être convenues d’un commun accord. La commune ne peut donc pas imposer unilatéralement une baisse, d’où le recours à la justice.

Questions fréquentes

Pourquoi Kestenholz paie-t-elle si cher l'électricité ?

La commune a signé un contrat avec Repower fin 2022, au cœur de la crise énergétique post-Ukraine, quand les prix étaient exceptionnellement élevés. Repower était le seul fournisseur à proposer une offre. Le contrat court jusqu'en 2032 et n'a pas été renégocié malgré la baisse des prix du marché.

Quel est le tarif exact et comment se compare-t-il à la Suisse ?

Kestenholz paiera 45,88 ct/kWh en 2025, le plus élevé de Suisse. La moyenne nationale est de 26,5 ct/kWh.

Que risque Kestenholz si elle perd le procès ?

Si la plainte est rejetée, la commune restera liée au contrat jusqu'en 2032 et continuera à payer 45,88 ct/kWh (plus les pénalités de la clause d'achat minimum). Elle subirait d'importantes pertes financières. Un jugement favorable pourrait en revanche ouvrir la voie à une résiliation ou une réduction du tarif.

Sources : Blick

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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