Lemanfinance.

Genève · Vaud · Valais · Suisse romande

Fribourg : l’emploi stagne à +0,3% en 2024, le plus bas depuis 2011

En 2024, le canton de Fribourg n'a créé que 557 emplois (+0,3%), sa plus faible croissance depuis 2011. L'industrie, le commerce et la restauration reculent.

Graphique montrant la variation annuelle de l'emploi et des équivalents plein temps dans le canton de Fribourg de 2012 à 2024.
Illustration générée par IA — Léman Finance
L’essentiel

  • Fribourg : +0,3% d'emplois en 2024, deuxième plus faible croissance depuis 2011.
  • En équivalents plein temps, l'emploi a reculé de 0,3% ; taux d'occupation baisse à 75,7%.
  • Industrie (-1,3%), commerce (-1,7%) et restauration (-1,9%) sont les plus touchés.
  • Santé et action sociale créent 610 postes, seul secteur dynamique du canton.

Le canton de Fribourg a enregistré en 2024 une croissance de l’emploi de seulement 0,3%, soit 557 postes supplémentaires. C’est sa deuxième plus faible progression depuis le début des relevés en 2011, bien en retrait de la moyenne suisse (+0,6%). Plus préoccupant : mesuré en équivalents plein temps (EPT), l’emploi a même reculé de 0,3%, signalant un affaiblissement du marché du travail fribourgeois et une réduction des taux d’occupation.

Les chiffres : un marché qui s’essouffle

Fin 2024, le canton de Fribourg comptait 167’232 emplois répartis entre 24’434 établissements, représentant 126’641 équivalents plein temps. Par rapport à 2023, cette hausse de 557 postes en nombre brut contraste avec une baisse de 328 EPT, révélant que les nouveaux emplois créés sont, en moyenne, à temps partiel ou à taux d’occupation plus faible que ceux supprimés.

Publicité

Le taux moyen d’occupation dans l’économie fribourgeoise a glissé de 76,2% en 2023 à 75,7% en 2024. Cette dégradation reflète soit une réduction des horaires dans les postes existants, soit une prédominance de créations d’emploi à temps partiel.

Comparé à d’autres cantons, Fribourg fait piètre figure : Appenzell Rhodes-Extérieures (+4,0%), Zoug (+2,6%) et Nidwald (+2,3%) affichent des croissances bien supérieures. À l’inverse, le Tessin (-0,7%), Neuchâtel (-0,9%) et le Jura (-2,0%) connaissent aussi des reculs, plaçant Fribourg dans une zone de faiblesse régionale.

Contexte : l’industrie fribourgeoise en difficulté

Les suppressions d’emplois dans le canton ont été concentrées dans le secteur secondaire. L’industrie a perdu 291 postes (-1,3%) et 298 EPT (-1,4%), suite à la fermeture ou la réduction d’activité de plusieurs établissements de taille importante. La construction a également reculé, avec 45 postes supprimés (-0,3%).

Dans le secteur tertiaire, les évolutions ont été disparates. Le commerce a enregistré une baisse de 323 postes (-1,7%) et 380 EPT (-2,5%), tandis que l’hébergement et la restauration a connu la plus forte dégradation : 136 postes perdus (-1,9%) et 343 EPT supprimés (-7,1%). Le taux d’occupation dans cette branche s’est effondré, passant de 68,8% à 65,2%, indiquant une réduction drastique des horaires ou des fermetures partielles.

Seul point positif : la santé et l’action sociale, secteur en croissance nationale, a créé 610 postes (+2,4%) et 439 EPT (+2,6%) en Fribourg, confirmant la tendance démographique vers des services aux personnes âgées et dépendantes.

Ce que ça change pour vous

Salariés fribourgeois et demandeurs d’emploi : la faiblesse de la croissance de l’emploi rend le marché du travail plus tendu. Les opportunités de création nette de postes sont limitées, particulièrement dans l’industrie et le commerce. Si vous cherchez un emploi à temps plein, les postes disponibles sont moins nombreux et les taux d’occupation en baisse suggèrent une préférence croissante des employeurs pour le temps partiel. Les secteurs de la santé et de l’action sociale restent les plus dynamiques pour les candidatures.

Travailleurs frontaliers français : bien que ce rapport ne détaille pas l’emploi frontalier, la stagnation fribourgeoise contraste avec des opportunités potentiellement meilleures en Suisse romande. Le guide du frontalier 2026 détaille permis, impôts et assurance maladie si vous envisagez une mobilité professionnelle.

Entreprises et investisseurs : la faiblesse de la croissance de l’emploi peut refléter une baisse de compétitivité ou des restructurations. Les secteurs en recul (industrie, commerce) pourraient signaler des difficultés structurelles ou une transition économique en cours.

Ce qu’il faut surveiller

Les prochaines publications de l’Office fédéral de la statistique (OFS) fourniront les chiffres 2025. Il sera crucial de vérifier si la tendance à la stagnation se poursuit ou si le marché se redynamise. Les secteurs en recul (industrie, commerce, restauration) méritent une attention particulière : une nouvelle baisse pourrait justifier des mesures de soutien cantonal ou des reconversions professionnelles.

Le taux d’occupation continuera d’être un indicateur clé : s’il baisse davantage, cela signifierait une précarisation du marché du travail fribourgeois, avec des impacts sur les revenus et les cotisations sociales. Enfin, surveiller si la santé et l’action sociale poursuivent leur dynamique, car ce secteur pourrait devenir le moteur principal de l’emploi cantonal.

Questions fréquentes

Pourquoi l'emploi en équivalents plein temps baisse-t-il alors que le nombre de postes augmente ?

Les nouveaux emplois créés en 2024 sont, en moyenne, à temps partiel ou à taux d'occupation plus faible que les postes supprimés. Le taux moyen d'occupation a baissé de 76,2% à 75,7%, indiquant aussi une réduction des horaires dans les emplois existants.

Quels secteurs sont les plus touchés par les suppressions d'emploi ?

L'industrie (-1,3%), le commerce (-1,7%) et l'hébergement-restauration (-1,9%) sont les trois branches les plus affectées. La restauration a enregistré la baisse la plus grave du taux d'occupation, passant de 68,8% à 65,2%.

Y a-t-il des secteurs qui créent des emplois à Fribourg ?

Oui, la santé et l'action sociale a créé 610 postes (+2,4%) en 2024, seul secteur dynamique du canton. Cette tendance reflète le vieillissement de la population et la demande croissante de services aux personnes dépendantes.

Sources : www.fr.ch

Publicité

La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

À lire aussi

Tout voir