- Taux de chômage à 3,1 % en septembre 2026, bien inférieur aux 5,9 % de l'UE.
- Entre 10 000 et 20 000 personnes sans emploi en raison de l'IA et l'automatisation.
- Offres d'emploi en hausse dans l'artisanat et la technique, en baisse dans les centres d'appels.
- Experts prévoient une baisse du chômage malgré les licenciements actuels.
Malgré une pluie de licenciements chez UBS, Sunrise, La Poste et d’autres grandes entreprises, le marché du travail suisse affiche une robustesse inattendue. En septembre 2026, le taux de chômage atteignait 3,1 % selon le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), bien en deçà des 5,9 % observés dans l’Union européenne. Cette stabilité relative masque cependant des réalités contrastées : certains secteurs créent des emplois tandis que d’autres, comme l’informatique et les services administratifs, subissent des suppressions massives liées à l’automatisation et l’intelligence artificielle.
Les chiffres du marché du travail suisse
En septembre 2026, le Seco rapportait un taux de chômage de 3,1 % après correction des variations saisonnières. Le Bureau international du travail (BIT), qui offre une meilleure comparabilité internationale en incluant les demandeurs d’emploi non inscrits auprès des offices régionaux de placement (ORP), enregistrait un taux de 4,9 %. Au total, 140 000 personnes étaient inscrites au chômage selon les chiffres du Seco.
Ces taux restent remarquablement bas comparés à la moyenne européenne. Jan-Egbert Sturm, directeur du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), qualifie le marché du travail suisse de « remarquablement résistant ».
Cependant, certains secteurs connaissent des difficultés. Dans le secteur bancaire, le taux de chômage est passé de 3,1 % à 3,7 % au cours des douze derniers mois, en raison notamment de l’intégration de Credit Suisse par UBS. Le KOF estime que entre 10 000 et 20 000 personnes sont actuellement sans emploi en raison de l’IA et de l’automatisation.
Contexte : une économie suisse surperformante malgré les turbulences
L’économie suisse surpasse les prévisions pour 2026, selon les experts. Les exportations de marchandises et la consommation privée ont fortement progressé ces derniers temps, soutenant la conjoncture. Cette dynamique se reflète dans les chiffres du marché du travail, malgré les suppressions d’emplois annoncées.
Sunrise prévoit de supprimer jusqu’à 450 postes à son siège d’Opfikon (Zurich), motivées par un recours accru à l’IA et l’automatisation. UBS traverse la plus grande vague de suppressions de postes de son histoire. Zimmer Biomet supprime 490 postes à Winterthour. La Poste sacrifie 110 postes dans l’administration. Liosaplast cesse ses activités, entraînant la suppression de 32 emplois.
Selon Raphael Schmid, directeur du groupe Interiman, l’une des plus grandes entreprises suisses spécialisées dans le placement de personnel, « les entreprises recrutent aujourd’hui davantage que ces dernières années », même si elles se montrent plus sélectives et prudentes.
Ce que ça change pour vous
Salariés en recherche d’emploi : Les perspectives varient selon votre secteur. Les métiers de l’artisanat et de la technique connaissent une hausse constante des offres d’emploi. À l’inverse, les postes dans les centres d’appels, le travail administratif de back-office, les services de traduction, ainsi que l’informatique, le marketing et le contrôle de gestion subissent une contraction. Si vous êtes licencié, sachez que le marché du travail temporaire repart à la hausse après trois mauvaises années : les entreprises font d’abord appel à du personnel temporaire avant de transformer ces postes en contrats fixes.
Seniors et salariés : Les licenciements présentent des difficultés particulières de réinsertion, même dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Bien que le marché global soit favorable, les employeurs restent prudents et sélectifs.
Frontaliers : Un marché du travail suisse plus dynamique peut offrir de meilleures opportunités, mais les secteurs en contraction (services administratifs, centres d’appels) emploient traditionnellement une part importante de frontaliers.
Salariés du secteur bancaire : La consolidation bancaire suite à l’intégration de Credit Suisse par UBS crée une période d’incertitude. Le taux de chômage dans la branche a augmenté, reflétant les suppressions de doublons en cours.
Ce qu’il faut surveiller
Les experts s’accordent à dire que le taux de chômage, en hausse constante depuis 2023, a atteint son pic et devrait repartir à la baisse. Le Seco table déjà sur un léger recul pour l’année à venir. Plusieurs signaux confirment cette tendance : la baisse des demandes de chômage partiel, qui précède généralement une baisse du taux de chômage avec quelques mois de décalage, et la reprise du marché du travail temporaire.
Cependant, la transition vers une économie plus automatisée et basée sur l’IA continuera de remodeler le marché de l’emploi. Les secteurs confrontés à d’importants défis (informatique, services administratifs, centres d’appels) pourraient connaître des ajustements supplémentaires. Les salariés de ces domaines doivent anticiper une possible reconversion ou mise à jour de leurs compétences.
Pour les demandeurs d’emploi, la création d’emplois s’effectue de manière continue et discrète, loin des gros titres des licenciements. Consultez régulièrement les offices régionaux de placement (ORP) de votre canton et les sites d’offres d’emploi spécialisés dans votre secteur.
Questions fréquentes
Pourquoi le taux de chômage baisse-t-il alors qu'il y a des licenciements massifs ?
Selon Jan-Egbert Sturm du KOF, il y a certes beaucoup de licenciements, mais de nombreux postes sont créés en parallèle. L'économie suisse surpasse les prévisions pour 2026 grâce aux exportations et à la consommation privée. Les licenciements font la une des journaux, tandis que la création d'emplois s'effectue de manière continue et discrète.
Quels secteurs recrutent et lesquels licencient ?
Les métiers de l'artisanat et de la technique connaissent une hausse des offres d'emploi. À l'inverse, les centres d'appels, le travail administratif de back-office, les services de traduction, ainsi que l'informatique, le marketing et le contrôle de gestion subissent des suppressions, notamment en raison de l'IA et l'automatisation.
Combien de personnes ont perdu leur emploi à cause de l'IA ?
Le KOF estime que entre 10 000 et 20 000 personnes sont actuellement sans emploi en raison de l'IA et de l'automatisation. Au total, 140 000 personnes étaient inscrites au chômage en septembre 2026.
Sources : Blick
