- Inflation à 1,0 % sur un an en septembre, contre 0,8 % en août.
- Mazout +65 %, diesel +28,7 %, essence +19,9 % en raison de la guerre au Moyen-Orient.
- Prix du baril de Brent en hausse d'environ 52 % sur un an.
- Locations de voitures, chaussures en baisse notable.
L’inflation en Suisse a accéléré en septembre, atteignant 1,0 % sur un an contre 0,8 % en août, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Cette hausse est principalement due à la flambée des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient et le blocage des détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Pour les ménages romands, cela signifie des factures énergétiques plus lourdes et des coûts de carburant accrus, particulièrement pour les frontaliers et les navetteurs.
Les chiffres de l’inflation en détail
En comparaison annuelle, les hydrocarbures dominent largement la hausse des prix. Le mazout affiche une progression de 65 %, le diesel de 28,7 % et l’essence de 19,9 %. Cette envolée s’explique par le prix du baril de Brent, référence mondiale du brut, qui s’est envolé d’environ 52 % sur un an.
Sur un mois, l’indice des prix à la consommation (IPC) est resté stable, les tendances opposées s’étant compensées. Cette stabilité mensuelle contraste avec l’accélération annuelle, ce qui suggère que la pression inflationniste s’accumule depuis plusieurs mois.
Quelques postes affichent des baisses notables : les locations de voitures (-12,3 %), les chaussures pour hommes (-7,7 %) et les chaussures pour femmes (-6,9 %). Ces réductions ne suffisent cependant pas à compenser la hausse des carburants.
Pourquoi cette accélération maintenant
Selon l’OFS, l’inflation de 1,0 % en septembre est conforme aux prévisions des économistes interrogés par l’agence AWP, qui tablaient sur une fourchette entre 0,7 % et 1,2 % sur un an. Le contexte géopolitique au Moyen-Orient, avec le blocage du détroit d’Ormuz dans le golfe Persique et celui de Bab-el-Mandeb en mer Rouge, a perturbé les flux pétroliers mondiaux.
Cette situation intervient dans un contexte énergétique tendu, où la Suisse risque une pénurie d’électricité cet hiver. La pression énergétique globale s’intensifie donc sur les ménages et les entreprises.
Ce que ça change pour vous
Locataires et propriétaires : La hausse du mazout de 65 % impacte directement vos factures de chauffage. Si vous vivez en Suisse romande et que votre logement est chauffé au mazout, attendez-vous à des charges supplémentaires lors du renouvellement de votre contrat énergétique ou du paiement des acomptes. Les propriétaires qui répercutent les frais de chauffage sur les loyers pourront augmenter ces derniers selon les règles cantonales.
Automobilistes et frontaliers : L’essence à +19,9 % et le diesel à +28,7 % alourdissent vos dépenses de carburant. Pour un frontalier genevois ou vaudois qui se rend quotidiennement en France, cette hausse représente un coût supplémentaire mensuel non négligeable. Les navetteurs utilisant leur véhicule personnel pour se rendre au travail verront leur budget transport augmenter.
Consommateurs généraux : Bien que les locations de voitures baissent et certains articles de mode se renchérissent moins, l’inflation globale à 1,0 % érode votre pouvoir d’achat. Si vos salaires ou revenus ne progressent pas au même rythme, vous perdez en capacité d’épargne et de consommation.
Retraités : L’inflation affecte votre rente AVS et vos revenus de placement. Une inflation à 1,0 % annuel réduit la valeur réelle de votre épargne si celle-ci n’est pas investie dans des actifs protégés contre l’inflation.
Ce qu’il faut surveiller
L’évolution des prix des hydrocarbures reste étroitement liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient. Toute escalade ou résolution du conflit pourrait modifier rapidement la trajectoire de l’inflation suisse. Les prochains chiffres de l’OFS, attendus mensuellement, indiqueront si cette accélération se poursuit ou se stabilise.
Les cantons romands (Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel, Jura) doivent surveiller les impacts sur les budgets communaux et cantonaux, notamment en matière de transports publics et de chauffage des bâtiments publics. Les caisses de pension et les assureurs maladie pourraient aussi ajuster leurs tarifs en fonction de cette inflation.
Pour les ménages, il est recommandé de vérifier vos contrats d’énergie et d’assurance automobile, et de consulter votre caisse maladie pour anticiper les augmentations de primes qui pourraient suivre l’inflation générale.
Questions fréquentes
Pourquoi l'inflation accélère-t-elle si la variation mensuelle est stable ?
L'inflation se mesure en comparaison annuelle : on compare septembre 2026 à septembre 2025. Même si les prix ne bougent pas d'un mois à l'autre, ils restent plus élevés qu'il y a un an, d'où l'accélération de 0,8 % à 1,0 %. La stabilité mensuelle signifie simplement que les hausses et baisses se compensent en septembre.
Combien coûte réellement cette inflation pour un ménage romand ?
Cela dépend de votre consommation. Un ménage qui se chauffe au mazout et possède une voiture subit de plein fouet cette inflation : +65 % sur le mazout et +19,9 % à +28,7 % sur l'essence/diesel. Un ménage urbain sans voiture et chauffé au gaz ou à l'électricité subit un impact différent. L'OFS ne communique pas le coût exact par profil.
Quand les prix vont-ils baisser ?
Cela dépend de la géopolitique au Moyen-Orient et du prix du baril de Brent. Si le conflit s'apaise et les détroits se rouvrent, les prix des hydrocarbures pourraient baisser. Aucune date n'est prévisible selon la source fournie.
Sources : LFM