Frontaliers : la Suisse risque une pénurie de 400 000 travailleurs dans la prochaine décennie
Lecture rapide :
– Pénurie annoncée de 400 000 travailleurs en une décennie
– 50 000 postes manquants par an selon la BNS
– Frontaliers et migration cités comme leviers
La Suisse se trouve face à un risque de pénurie de main-d’œuvre d’envergure: une étude de la Banque nationale suisse (BNS) évoque un manque d’environ 400 000 travailleurs d’ici la fin de la prochaine décennie, soit près de 50 000 postes non pourvus chaque année si aucun ajustement n’est opéré. Le phénomène est lié au départ à la retraite massif de la génération des baby‑boomers et pèse sur le marché du travail, en particulier dans des secteurs déjà tendus.
Impact sur le marché du travail suisse et la situation des frontaliers
La contraction de l’offre de travailleurs touche le marché du travail national et renforce la dépendance à la migration de personnels qualifiés. Selon les médias qui ont relayé l’étude de la BNS, les frontaliers sont présentés comme une réserve de main-d’œuvre mobilisable pour combler des postes dans les cantons frontaliers.
Cette demande accrue pourrait modifier la dynamique de l’emploi transfrontalier, avec des conséquences sur les flux quotidiens et sur les infrastructures routières et ferroviaires dans les zones concernées.
Des secteurs plus vulnérables
Les services de santé et la restauration figurent parmi les secteurs fréquemment cités comme particulièrement exposés à la pénurie, suite à une hausse des départs à la retraite et à des besoins accrus depuis la pandémie. Les chiffres précis par branche n’ont pas été détaillés de façon exhaustive dans le résumé public de l’étude; non précisé reste donc le niveau exact par profession.
Estimations divergentes et réactions des acteurs économiques
Outre la BNS, des organisations patronales telles qu’Economiesuisse et l’Union patronale suisse (UPS) ont avancé des estimations plus élevées, évoquant un besoin pouvant atteindre 460 000 travailleurs d’ici quinze ans selon leurs calculs. Ces écarts traduisent des méthodologies différentes et des hypothèses variées sur la démographie et la participation au marché du travail.
Pour les entreprises, l’enjeu est double: assurer la continuité des activités et maîtriser les coûts liés au recrutement et à la formation, sous l’effet d’une pression accrue sur l’offre de travail qualifié.
Solutions évoquées et implications macroéconomiques
Parmi les pistes mentionnées dans les discussions publiques figurent l’accroissement de la migration de travailleurs, le report de l’âge de la retraite et une augmentation du taux d’activité. Ces options soulèvent des arbitrages politiques et des conséquences pour la protection sociale et l’organisation de l’emploi.
Sur le plan de l’économie, une pénurie durable de travailleurs risque d’entraîner un frein à la croissance et une recomposition des coûts salariaux selon les secteurs. Les acteurs publics et privés restent amenés à chiffrer précisément ces effets afin d’ajuster les politiques d’immigration et de formation professionnelle.
Vu par lemanfinance sur : Google News