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Life Forestry : 200 millions de francs de 6000 investisseurs menacés

Life Forestry Switzerland s'effondre : 800 investisseurs suisses et 6000 en Europe risquent de perdre 200 millions CHF investis dans des plantations de teck. Enquête SRF.

Vue aérienne d'une plantation de teck au Costa Rica, avec rangées d'arbres et terrain vallonné.
Illustration générée par IA — Léman Finance
L’essentiel

  • Life Forestry Switzerland (LFS) en faillite depuis 2025 : 800 investisseurs suisses et 6000 en Europe menacés de perdre 200 millions CHF.
  • Modèle : investissements dans plantations de teck au Costa Rica et Équateur, rendements promis jusqu'à 12 % annuels jamais versés.
  • Enquête pénale contre le dirigeant Carl-Lambert Liesenberg pour fraude, gestion déloyale et délits liés à la faillite.
  • Tribunaux allemands ont jugé le modèle économique « conçu pour tromper » ; plantations au Costa Rica n'appartiennent pas à LFS mais à des sociétés liées au dirigeant.

La faillite de Life Forestry Switzerland (LFS) menace l’épargne de 6000 investisseurs européens, dont environ 800 en Suisse, qui ont confié un total de 200 millions de francs suisses à cette entreprise basée en Suisse centrale. Selon une enquête menée par Correctiv.Schweiz et l’émission Rundschau de SRF, les investisseurs ne percevront probablement jamais les rendements promis et risquent de perdre leur capital. Pour les Romands qui auraient investi dans ce placement, cette faillite soulève des questions urgentes sur la récupération de leurs fonds et sur les responsabilités pénales en cours.

Le modèle économique et les promesses non tenues

Life Forestry Switzerland proposait un investissement direct dans le bois précieux, en particulier le teck, cultivé au Costa Rica et en Équateur. Les investisseurs n’achetaient pas le terrain, mais devenaient « propriétaires » des arbres eux-mêmes, avec un droit d’usage ou un bail sur la parcelle. LFS gérait l’intégralité de la chaîne opérationnelle : sylviculture, récolte et commercialisation, en prélevant une marge de 15 % sur le chiffre d’affaires.

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Le marketing de LFS reposait sur deux arguments majeurs : le teck présenté comme une valeur refuge physique, insensible aux krachs boursiers et à l’inflation, et des certifications de durabilité (label FSC) associées à des rendements annuels projetés très attractifs, annoncés jusqu’à 12 % par an. Or, selon l’enquête de SRF auprès de 130 investisseurs suisses, la plupart n’ont jamais perçu ces rendements promis.

Parmi les victimes, une investisseuse a confié une part importante de son épargne-retraite, soit environ 80 000 francs suisses, à LFS. « Je suis donc très inquiète, car il n’y a aucune information claire sur ce qui se passe réellement », explique-t-elle. D’autres ont investi entre 3000 francs et plusieurs millions.

Enquête pénale et accusations de fraude

Carl-Lambert Liesenberg, dirigeant de LFS depuis 2009 et propriétaire unique depuis 2017, fait face à des accusations graves. Le Ministère public de Nidwald a confirmé que plusieurs plaintes pénales et actions civiles ont été déposées. La brigade financière en charge de la criminalité économique mène une enquête pénale contre Liesenberg et une autre personne pour suspicion de fraude, de gestion déloyale et de délits liés à la faillite. Cinq perquisitions ont récemment eu lieu.

En Allemagne, où résident la plupart des clients de LFS, les tribunaux ont déjà statué. Le tribunal régional de Francfort-sur-l’Oder a jugé en octobre 2025 que le modèle économique de LFS était « conçu dès le départ pour tromper et nuire aux clients ». La Cour fédérale de justice allemande, plus haute juridiction civile du pays, a confirmé que les investisseurs allemands avaient droit au remboursement. Cependant, LFS n’a pas honoré ses engagements. L’entreprise a fait faillite en 2025 en raison d’une dette fiscale impayée et est actuellement en liquidation.

Liesenberg a refusé de répondre aux questions de SRF. Il a publié un communiqué de presse se présentant comme une victime d’avocats ayant profité de l’angoisse de ses clients. Il affirme que les clients restent propriétaires des arbres et que « personne n’a subi de pertes suite à l’insolvabilité de LFS AG ».

Où sont passés les 200 millions de francs ?

Des recherches au cadastre costaricien révèlent un élément troublant : les plantations n’appartiennent pas à la société liquidée Life Forestry Switzerland. Deux sociétés costariciennes sont propriétaires des terrains. Life Forestry Costa Rica SA est gérée par un associé de Liesenberg. L’autre, Central American Real Estate SA (CARE), a Liesenberg et son épouse à son conseil d’administration. Selon le cadastre, ces terrains couvrent plus de 40 kilomètres carrés et leur valeur est estimée à 16 millions de francs suisses.

Pourtant, Liesenberg a affirmé devant le tribunal cantonal de Nidwald n’avoir aucun lien avec les sociétés de plantations au Costa Rica. Des éléments suggèrent également qu’il aurait pu financer d’autres projets commerciaux avec l’argent des investisseurs. Le rapport financier annuel de LFS pour 2023 fait état de prêts totalisant 25 millions de francs suisses, dont 3,6 millions versés à Liesenberg à titre personnel, le reste réparti entre ses sociétés en Suisse et en Tanzanie, ainsi qu’avec des partenaires commerciaux en Équateur.

Entre-temps, un nouvel entrepreneur, Patrick H., ancien directeur général adjoint de LFS, a fait son apparition en Suisse avec sa société LFS Bewirtschaftungs AG, proposant aux investisseurs un contrat pour la gestion, la récolte et la commercialisation des tecks, moyennant une commission de 15 %. Liesenberg affirme que 4000 clients ont signé des contrats avec cet ancien employé et que la récolte et les ventes sont imminentes.

Ce que ça change pour vous

Investisseurs suisses ayant placé dans LFS : Vous faites face à un risque majeur de perte totale de votre capital. Selon l’enquête, les 800 investisseurs suisses ont confié des montants variant de 3000 francs à plusieurs millions. Aucun remboursement n’a été effectué malgré les jugements allemands ordonnant le remboursement. Vous devez vérifier si vous avez des contrats avec LFS ou ses sociétés liées et documenter vos investissements pour participer à la liquidation ou aux actions civiles en cours. Le Ministère public de Nidwald enquête ; vous pouvez déposer plainte si vous ne l’avez pas déjà fait.

Épargnants en quête de placements durables : Cette affaire illustre les risques des placements alternatifs présentés comme « refuges » ou « durables ». Les certifications (FSC) et les promesses de rendements élevés (12 % annuels) ne garantissent pas la solvabilité de l’entreprise ni la propriété réelle des actifs. Avant d’investir, vérifiez la structure juridique, la localisation réelle des actifs et la réputation de l’entreprise auprès des autorités de surveillance (FINMA en Suisse).

Retraités ayant investi une part de leur épargne-retraite : Comme l’une des victimes interrogées, vous risquez de voir votre épargne-retraite disparaître. Les investissements en dehors du 2e pilier (prévoyance professionnelle) ne bénéficient d’aucune protection légale en cas de faillite de l’entreprise. Vous devez consulter un avocat spécialisé en droit des faillites pour connaître vos droits dans la liquidation.

Ce qu’il faut surveiller

Enquête pénale : Le Ministère public de Nidwald poursuit son enquête contre Carl-Lambert Liesenberg et une autre personne. Les résultats de cette enquête détermineront s’il y a eu fraude avérée et pourraient déboucher sur des poursuites pénales. Suivez les communiqués du Ministère public de Nidwald.

Liquidation et recours civils : LFS est en liquidation depuis 2025. Les investisseurs peuvent participer à la procédure de liquidation et déposer des créances auprès du liquidateur. Des actions civiles sont déjà en cours en Suisse et en Allemagne. Consultez un avocat pour connaître les délais de prescription et les modalités de participation.

Proposition de LFS Bewirtschaftungs AG : Soyez prudent face aux contrats proposés par Patrick H. et sa nouvelle société. Bien qu’il affirme n’avoir aucun lien juridique avec LFS, il a travaillé sous la direction de Liesenberg pendant de nombreuses années. Avant de signer, demandez des garanties écrites, une vérification indépendante de la propriété des plantations et des conseils juridiques.

Recours auprès des autorités : Si vous êtes victime, déposez plainte auprès de la police cantonale de votre canton de résidence et auprès du Ministère public. Documentez tous vos contrats, factures et correspondances avec LFS. La FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) peut également être informée si vous estimez qu’il y a eu violation de la loi sur les placements collectifs.

Questions fréquentes

Je suis investisseur suisse dans Life Forestry. Que dois-je faire immédiatement ?

Rassemblez tous vos documents (contrats, factures, confirmations de versement). Déposez plainte auprès de la police cantonale et du Ministère public de Nidwald si vous ne l'avez pas déjà fait. Consultez un avocat spécialisé en droit des faillites pour participer à la liquidation et déposer une créance auprès du liquidateur. Contactez également votre banque pour signaler la fraude potentielle.

Existe-t-il une assurance ou une protection pour récupérer mon argent ?

Non. Les investissements directs dans LFS ne bénéficient d'aucune protection légale (pas de garantie des dépôts, pas de fonds de protection). Votre seul recours est la liquidation de LFS et les actions civiles en cours. Les jugements allemands ordonnent le remboursement, mais LFS n'a pas honoré ses engagements, d'où la faillite.

Dois-je accepter la proposition de LFS Bewirtschaftungs AG pour la gestion des tecks ?

Soyez extrêmement prudent. Bien que Patrick H. affirme n'avoir aucun lien juridique avec LFS, il a travaillé sous la direction du même dirigeant pendant des années. Avant de signer, exigez des garanties écrites, une vérification indépendante de la propriété des plantations au Costa Rica et des conseils juridiques externes. Le contrat proposé inclut une commission de 15 %, identique à celle de LFS.

Sources : RTS

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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