- Baril frôle 100 dollars depuis septembre, mais essence suisse inchangée : transmission lente des baisses pétrolières.
- Raffinerie de Cressier unique en Suisse : toute interruption crée pénurie et hausse immédiate des prix.
- Rhin à niveaux historiquement bas : transport de carburant plus cher, moitié du carburant routier acheminé par fleuve.
Malgré une détente relative du marché pétrolier mondial, les automobilistes suisses ne verront pas les prix de l’essence baisser rapidement. Selon Marcelo Olarreaga, professeur d’économie à l’Université de Genève, la transmission des chocs pétroliers sur le prix à la pompe « prend du temps », particulièrement quand le pétrole baisse. Le baril frôle les 100 dollars depuis début septembre, mais cette amélioration n’a pas d’effet majeur sur les tarifs suisses.
Les vrais freins : raffinage et transport
La Suisse dépend fortement de produits finis importés, mais surtout d’une seule raffinerie : celle de Cressier (Neuchâtel). Moreno Volpi, membre du comité de direction du TCS, l’explique clairement : « C’est plutôt la capacité de raffinage qui fait la différence. » Lors de l’interruption de deux semaines de Cressier, le prix à la pompe a bondi immédiatement, faute d’offre alternative.
Au transport s’ajoute un deuxième problème structurel. Le Rhin, qui achemine la moitié du carburant destiné au trafic routier suisse, connaît des niveaux d’eau historiquement bas. Cette situation renchérit considérablement le coût de transport des hydrocarbures.
Aucune amélioration à court terme
Selon Moreno Volpi, « la capacité de raffinage ne va pas doubler avec les crises que l’on connaît actuellement dans le monde entier. Seule une augmentation du niveau du Rhin pourrait faire baisser le prix à la pompe en Suisse. » Autrement dit, les consommateurs doivent s’attendre à des prix élevés tant que ces deux facteurs structurels persisteront.
La situation est d’autant plus préoccupante que l’essence approche des records de 2022, et que la Suisse puise dans ses réserves d’essence pour compenser les défaillances de Cressier.
Ce que ça change pour vous
Automobilistes et navetteurs : Vous devrez continuer à supporter des tarifs élevés à la pompe. Aucune baisse n’est attendue tant que le Rhin reste asséché et que Cressier fonctionne à capacité limitée. Les comparaisons de prix entre stations restent votre seul levier d’économie.
Frontaliers : Les prix en Suisse demeurent plus avantageux que dans certains pays voisins, mais l’écart ne s’élargira pas à court terme.
Utilisateurs de transports publics et mobilité électrique : Les premières observations indiquent que la mobilité électrique prend de l’ampleur face à ces tarifs persistants.
Ce qu’il faut surveiller
- Niveau du Rhin : une remontée des eaux serait le seul facteur susceptible de réduire les coûts de transport et, par extension, les prix à la pompe.
- Fonctionnement de la raffinerie de Cressier : toute nouvelle interruption provoquera une hausse immédiate des prix.
- Évolution du baril : bien que la transmission soit lente, une nouvelle hausse du prix du pétrole se répercuterait rapidement sur les tarifs suisses.
Questions fréquentes
Pourquoi l'essence ne baisse pas alors que le pétrole brut a baissé ?
La transmission des baisses pétrolières sur le prix à la pompe prend du temps en Suisse, bien plus que pour les hausses. De plus, la Suisse dépend d'une seule raffinerie (Cressier) et le transport par le Rhin, qui achemine la moitié du carburant routier, est renchéri par les niveaux d'eau historiquement bas.
Quand les prix vont-ils enfin baisser ?
Selon le TCS, seule une augmentation du niveau du Rhin pourrait faire baisser les prix à la pompe. Aucun calendrier n'est donné, car cela dépend de facteurs climatiques et hydrologiques indépendants de la politique énergétique.
Pourquoi la Suisse n'a-t-elle qu'une seule raffinerie ?
La source ne l'explique pas, mais elle souligne que cette dépendance unique à Cressier crée une vulnérabilité : toute interruption provoque une hausse immédiate des prix faute d'alternative d'approvisionnement.
Sources : RTS
