- Taux de chômage des masters HEU passé de 3,9% à 6,4% entre 2023 et 2025.
- Bachelor HES : hausse de 3,4% à 4,9% sur la même période.
- 44,1% des masters HEU peinent à trouver un emploi correspondant à leurs aspirations.
- IT et sciences techniques : taux de chômage doublé entre 2022 et 2024.
Le marché du travail se durcit pour les jeunes diplômés suisses. Selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée par la RTS, le taux de chômage un an après l’obtention du diplôme a fortement augmenté entre 2023 et 2025. Cette dégradation affecte particulièrement les universités et les hautes écoles spécialisées, tandis que les écoles pédagogiques restent relativement épargnées. Pour les lecteurs de Suisse romande, cette tendance a des conséquences directes : moins de débouchés, des salaires potentiellement réduits et une compétition accrue pour les premiers postes.
Les chiffres : une dégradation rapide
Le taux de chômage des titulaires d’un master universitaire (HEU) a bondi de 3,9% à 6,4% entre 2023 et 2025, un an après l’obtention du diplôme. Pour les diplômés d’un bachelor d’une haute école spécialisée (HES), il a grimpé de 3,4% à 4,9% sur la même période. Les hautes écoles pédagogiques (HEP) font exception avec un taux limité à 0,7%.
Au-delà du chômage, la proportion de diplômés peinant à trouver un emploi correspondant à leurs aspirations s’est aggravée. Parmi les titulaires d’un master HEU, elle est passée de 30% à 44,1% entre les volées 2022 et 2024. Chez les titulaires d’un bachelor HES, elle a grimpé de 24,2% à 36,9%. Les HEP restent stables autour de 12%.
Les secteurs les plus touchés : IT, économie et sciences techniques
Des domaines jusqu’ici relativement épargnés connaissent une dégradation rapide. Entre les volées 2022 et 2024, le taux de chômage a plus que doublé parmi les titulaires d’un master en sciences techniques. Il a également fortement progressé en sciences économiques et en sciences humaines et sociales.
Dans les HES, le secteur technique et IT affiche une hausse spectaculaire : le taux est passé de 3% à 6,4% entre les volées 2022 et 2024. En économie et services, il atteint 6,4%, contre 4,5% auparavant. À l’inverse, certaines formations continuent d’offrir de bonnes perspectives : le chômage ne concernait que 1,6% des titulaires d’un master en médecine et pharmacie. Dans les HES, les diplômés en travail social et en santé affichaient également des taux particulièrement faibles.
Les formations les plus fragiles restent les bachelor HES en musique, arts de la scène, design et linguistique appliquée, ainsi que le groupe « interdisciplinaire et autre » à l’université, qui affichait un taux de chômage de 8,6% parmi les titulaires d’un master.
Ce que ça change pour vous
Pour les jeunes diplômés romands : Si vous terminez un master HEU ou un bachelor HES en 2026, attendez-vous à une recherche d’emploi plus longue et plus compétitive. Les secteurs IT, économie et sciences techniques, autrefois porteurs, connaissent une saturation. Privilégiez les formations en santé, travail social ou pédagogie si vous cherchez une stabilité d’emploi.
Pour les parents : L’investissement dans une formation universitaire ou en HES ne garantit plus un emploi rapide. Considérez les HEP (enseignement) comme une option plus sûre. Encouragez vos enfants à acquérir de l’expérience professionnelle pendant leurs études (stages, apprentissages) : le manque d’expérience reste le premier obstacle cité par les chercheurs d’emploi.
Pour les employeurs romands : Vous avez accès à un vivier de diplômés plus important, mais aussi à une main-d’œuvre moins expérimentée. Les salaires d’entrée pourraient baisser dans les secteurs saturés.
Pour les frontaliers : Si vous travaillez en France ou en Italie, cette dégradation du marché suisse pourrait rendre l’emploi transfrontalier plus attractif pour les jeunes diplômés romands.
Ce qu’il faut surveiller
Selon l’OFS, la conjoncture économique pèse davantage sur la recherche d’emploi. En 2025, 42,5% des titulaires d’un master ayant rencontré des difficultés ont invoqué la situation économique, contre 23,8% en 2023. Chez les titulaires d’un bachelor HES, cette proportion est passée de 19,5% à 37,9%. Cela signifie que la reprise économique sera déterminante pour l’emploi des jeunes diplômés.
Les universités et HES de Suisse romande (UNIGE, UNIL, HES-SO Genève, HES-SO Valais, HES-SO Fribourg, HES-SO Neuchâtel) devront adapter leurs programmes pour répondre aux besoins réels du marché. Les cantons romands pourraient également renforcer les mesures d’accompagnement à l’insertion professionnelle.
Questions fréquentes
Je termine mon master HEU en 2026 : quelles sont mes chances de trouver un emploi rapidement ?
Selon l'OFS, 6,4% des titulaires d'un master HEU sont au chômage un an après leur diplôme (2025). Cependant, 44,1% peinent à trouver un emploi correspondant à leurs aspirations. Votre secteur d'études est décisif : médecine et pharmacie offrent les meilleures perspectives (1,6% de chômage), tandis que les sciences techniques et l'économie connaissent une saturation.
Pourquoi le chômage des jeunes diplômés augmente-t-il alors que l'économie suisse se porte bien ?
La conjoncture économique pèse davantage : 42,5% des masters HEU ayant des difficultés l'attribuent à la situation économique (contre 23,8% en 2023). Parallèlement, certains secteurs comme l'IT et l'économie connaissent une saturation, doublant ou triplant leurs taux de chômage en deux ans.
Quelle formation offre les meilleures garanties d'emploi en Suisse romande ?
Les hautes écoles pédagogiques (HEP) affichent un taux de chômage de seulement 0,7% et une proportion stable de 12% de diplômés cherchant un emploi mieux adapté. Dans les HES, les formations en santé et travail social offrent également de bonnes perspectives.
Sources : RTS