En Suisse, le chômage continue sa montée progressive et inéluctable
Lecture rapide :
– Hausse continue du chômage en Suisse en janvier
– 152 280 inscrits aux ORP, +3,4% sur un mois
– Taux national 3,2% (saisonnalisé 2,9%)
La dégradation du marché du travail s’est poursuivie en janvier, dans un contexte marqué par des difficultés liées au déploiement du nouveau système de paiement des indemnités. Le nombre d’inscrits aux offices régionaux de placement s’établit à 152 280 personnes, soit une augmentation mensuelle de 3,4% et un taux de chômage national à 3,2%, en hausse d’un dixième par rapport à décembre 2025.
Chiffres mensuels et ajustement saisonnier du chômage en Suisse
Après une stagnation en novembre, le taux de chômage progresse pour le deuxième mois consécutif, prolongeant la remontée amorcée depuis les planchers atteints en 2022 et 2023. Apurés des variations saisonnières, les chiffres indiquent toutefois une légère baisse à 2,9%, soit un recul d’un dixième.
Les autorités pointent un climat économique plus morose et les effets opérationnels du nouveau dispositif de versement des indemnités parmi les facteurs explicatifs. Le SECO a en outre relevé une augmentation des recours au chômage partiel et des réductions d’horaires.
Impact par âge et par catégorie
Toutes les tranches d’âge sont concernées. Les jeunes de 15 à 24 ans représentent 13 785 inscrits, en hausse de 1%, avec un taux à 3,2% (augmentation d’un point). Les seniors comptent 42 029 inscrits, soit +3,4%, pour un taux de 2,9%.
Ces mouvements traduisent une évolution homogène à travers les catégories d’âge plutôt qu’un choc limité à un segment précis du marché du travail.
Disparités régionales et secteurs les plus touchés
Les contrastes cantonaux restent marqués. On observe un « arc du chômage » le long de régions industrielles exportatrices, avec des taux élevés à Genève 5,2%, Jura 5,2%, Vaud 4,9%, Neuchâtel 4,8% et Bâle-Ville 4,8%. Ces chiffres traduisent une plus forte vulnérabilité des zones dépendantes de l’industrie exportatrice.
Par secteur, l’horlogerie affiche un taux de 6,2%, tandis que l’hôtellerie-restauration reste le plus atteint avec 6,9%. Ces niveaux confirment les difficultés spécifiques rencontrées par des branches qui avaient pourtant bien rebondi après la pandémie.
Chômage partiel et réductions d’horaire
Le recours au chômage partiel progresse: 11 607 personnes ont été concernées par des réductions de l’horaire de travail en janvier, soit +7,6% par rapport à la période de référence. Le nombre d’entreprises affectées s’élève à 775, en hausse de 9,6%.
Ces données soulignent une pression persistante sur l’emploi qui ne se limite pas aux inscriptions aux ORP mais touche aussi l’organisation du temps de travail au sein des entreprises.
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