- Loyers stables au T3 2026 (-0,1 % sur 3 mois), mais hausse annuelle dans tous les cantons suisses.
- Vaud +1,7 % en un an, Valais +2,6 %, Genève +1,3 %, Fribourg dans la moyenne.
- Lucerne (+5,1 %), Grisons (+5,5 %) et Appenzell (+4,4 %) enregistrent les plus fortes progressions annuelles.
Les loyers proposés en Suisse sont restés stables au troisième trimestre 2026, selon l’indice Homegate, mais cette apparente stagnation masque une réalité moins rassurante : tous les cantons, sans exception, enregistrent une hausse en rythme annuel. En Suisse romande, les locataires font face à des augmentations de 1,3 % à 2,6 % sur douze mois.
Les chiffres trimestriels et annuels
L’indice des loyers Homgate s’est établi à 133,9 points en septembre, en hausse de 0,3 point par rapport à août. Sur l’ensemble du troisième trimestre, les prix proposés pour des logements en location ont stagné (-0,1 %), selon Watson. Le mois d’août avait marqué une pause bienvenue, avec une baisse des loyers proposés pour la première fois depuis près de deux ans, mais septembre a relancé la progression.
En comparaison annuelle, la situation s’aggrave partout. En Suisse romande, Vaud affiche une hausse de 1,7 % sur un an, tandis que le Valais progresse de 2,6 %. Genève enregistre une augmentation plus modérée de 1,3 %, et Fribourg se situe près de la moyenne nationale. Le Jura (+1,1 %) et Neuchâtel (+0,8 %) connaissent des progressions inférieures à la moyenne suisse.
Parmi les cantons suisses, les Grisons (+5,5 %), Appenzell (+4,4 %) et Lucerne (+5,1 %) affichent les plus fortes hausses annuelles. À l’inverse, certains cantons comme Zurich (-0,9 %), Nidwald (-5,1 %), Zoug (-2,6 %) et Schwytz (-1,8 %) ont vu les loyers proposés se replier sur trois mois, mais restent en hausse annuelle.
Pourquoi cette divergence entre trimestre et année ?
Martin Waeber, directeur immobilier chez SMG Swiss Marketplace Group (propriétaire de Homegate), explique que l’activité du marché a été « plutôt statique » en août, période estivale où les transactions immobilières ralentissent. Cette pause temporaire a limité les augmentations trimestrielles, mais elle ne reflète pas la tendance de long terme. La progression annuelle généralisée révèle une pression durable sur les loyers à travers la Suisse.
Selon Waeber, il ne faut pas s’attendre à une baisse généralisée de loyers à court terme, malgré une évolution faible en matière d’immigration et une activité de construction croissante.
Ce que ça change pour vous
Locataires romands : si votre bail arrive à terme, préparez-vous à une augmentation. En Vaud, comptez en moyenne +1,7 % sur un an ; en Valais, +2,6 %. À Genève, l’augmentation est plus modérée (+1,3 %). Vérifiez l’indice des loyers de votre canton et consultez les règles d’augmentation de loyer applicables (délai de résiliation, justification de l’augmentation). Les taux de référence et les règles d’ajustement varient selon les cantons.
Propriétaires bailleurs : vous pouvez ajuster les loyers en fonction de l’indice cantonal, mais les augmentations doivent respecter les délais de préavis (généralement 3 mois) et être justifiées. Consultez votre régie ou l’office cantonal du logement pour connaître les modalités exactes de votre canton.
Acheteurs potentiels : les loyers élevés rendent l’accession à la propriété plus attractive pour certains. Si vous envisagez d’acheter, consultez votre banque ou courtier pour connaître les conditions hypothécaires actuelles, qui affectent votre capacité d’emprunt.
Ce qu’il faut surveiller
Martin Waeber souligne que la construction de nouveaux logements s’accélère, mais cela ne suffira pas à inverser la tendance à court terme. Suivez l’évolution de l’indice Homegate chaque trimestre pour anticiper les augmentations de loyer. Si vous êtes locataire, vérifiez les délais de préavis dans votre canton (généralement 3 mois minimum) et documentez toute augmentation abusive. Les offices cantonaux du logement (Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel, Jura) peuvent vous conseiller sur vos droits et les recours possibles.
Questions fréquentes
Mon loyer peut-il augmenter si l'indice Homegate stagne sur 3 mois ?
Oui. Les propriétaires se basent généralement sur la comparaison annuelle, pas trimestrielle. En Vaud, par exemple, la hausse annuelle de 1,7 % justifie une augmentation de loyer, même si le trimestre a stagné. Consultez votre contrat et les règles de votre canton.
Pourquoi Genève (+1,3 %) augmente moins que Vaud (+1,7 %) ou le Valais (+2,6 %) ?
L'indice Homegate mesure les loyers proposés sur le marché, qui varient selon l'offre et la demande locales. Genève a enregistré une légère amélioration par rapport au deuxième trimestre (-0,7 %), tandis que d'autres régions subissent une pression plus forte.
Quand les loyers vont-ils baisser ?
Selon Martin Waeber, il ne faut pas s'attendre à une baisse généralisée à court terme, malgré une construction croissante et une immigration plus faible. La pression reste durable sur le marché suisse.
Sources : Watson
