- Genève crée une caisse maladie privée adossée à un réseau de santé public pour réduire les coûts et les redondances médicales.
- Le modèle vise une réduction de 20 % de la prime cantonale moyenne en coordonnant HUG, médecins, pharmaciens et prévention.
- 60 millions de francs de réserves immobilisés pour accueillir 50 000 assurés en trois à cinq ans, entrée en vigueur prévue en 2028.
Genève lance un test grandeur nature pour contrer la hausse des primes d’assurance maladie. Le Canton va créer une caisse maladie gérée par un assureur privé, mais adossée à un réseau de santé coordonné regroupant les HUG, médecins, pharmaciens et services de soins à domicile. L’objectif : réduire de 20 % la prime cantonale moyenne en éliminant les redondances médicales et en renforçant la prévention. Le Conseil d’État a lancé deux appels d’offres mercredi pour trouver le coordinateur du réseau et l’assureur.
Les faits et les chiffres
Le Canton table sur 50 000 assurés en trois à cinq ans et immobilisera 60 millions de francs de réserves pour démarrer le projet. L’entrée en vigueur est prévue au plus tôt en 2028. Selon Pierre Maudet, conseiller d’État chargé de la Santé, le modèle LAMal actuel génère jusqu’à 20 % de frais redondants (IRM passées en double, etc.) car il rémunère uniquement l’acte médical sans coordonner les acteurs ni financer la prévention.
Les patients adhérant à cette nouvelle caisse devront accepter de n’être soignés qu’à l’intérieur du réseau et répondre à un questionnaire détaillé à leur entrée pour permettre un suivi anticipé des maladies chroniques. Les économies réalisées seront réinjectées dans le réseau, pas chez l’assureur.
Pourquoi Genève agit maintenant
La hausse des primes LAMal s’accélère en Suisse romande. Genève cherche à tester un modèle alternatif face à l’« inflation » du système actuel, qui ne récompense que les actes médicaux. Pierre Maudet estime que « le test ne viendra pas de Berne, vu le peu d’ouverture des chambres fédérales ». Le Canton mise sur l’innovation locale pour maîtriser les coûts et offrir une transparence que l’opacité actuelle empêche.
Ce projet s’inscrit dans un contexte où les primes LAMal 2026 en Suisse romande continuent de progresser et où d’autres cantons testent des modèles d’assurance promettant des rabais.
Ce que ça change pour vous
Assurés genevois intéressés par ce modèle : vous pourrez adhérer à cette nouvelle caisse à partir de 2028 si elle voit le jour. En contrepartie d’une réduction potentielle de prime (objectif 20 %), vous accepterez de vous faire soigner uniquement au sein du réseau (HUG, médecins partenaires, pharmaciens) et de participer à des check-up de prévention. Vous bénéficierez d’une meilleure coordination de votre parcours de soins et d’une réduction des examens redondants.
Patients avec maladies chroniques : le modèle privilégie l’anticipation et le suivi. Un questionnaire à l’entrée permettra au réseau d’identifier vos prédispositions et d’organiser votre prise en charge en amont, via des check-up réguliers.
Autres assurés genevois : ce projet n’affecte pas immédiatement votre caisse actuelle. Il s’agit d’une offre optionnelle parallèle. Cependant, si le modèle fonctionne et réduit effectivement les coûts, il pourrait servir de référence pour d’autres réformes cantonales.
Ce qu’il faut surveiller
Appels d’offres : le Conseil d’État recherche activement un coordinateur de réseau et un assureur privé prêt à gérer une caisse sans profit immédiat. Cette étape est cruciale : trouver un assureur « prêt à relever le gant » d’un modèle exploratoire sera un défi.
Projet de loi : une fois les deux partenaires trouvés, Genève devra déposer un projet de loi. Le calendrier prévoit une entrée en vigueur en 2028 au plus tôt.
Résultats et réplicabilité : suivez les premiers résultats (réduction de prime, satisfaction des assurés, redondances éliminées) dès 2029-2030. Si le test réussit, d’autres cantons romands pourraient s’en inspirer.
Questions fréquentes
Dois-je changer de caisse maladie si j'habite à Genève ?
Non, ce modèle est optionnel et ne s'appliquera qu'à partir de 2028 au plus tôt. Vous pourrez choisir d'y adhérer ou de rester dans votre caisse actuelle. Seuls les patients acceptant de se faire soigner au sein du réseau genevois pourront en bénéficier.
Quelle réduction de prime puis-je espérer ?
Genève vise une réduction de 20 % de la prime cantonale moyenne à terme. Cependant, ce chiffre est un objectif, pas une garantie. Les économies réelles dépendront de la coordination effective du réseau et de la prévention mise en place.
Pourquoi Genève crée une caisse privée et non publique ?
Le Canton a choisi de sous-traiter la gestion à un assureur privé tout en conservant la maîtrise des chiffres et de la stratégie. L'État crée la caisse, mais l'assureur la gère opérationnellement. Cela permet de tester un modèle innovant sans créer une nouvelle structure publique.
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