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Retrait en capital à la retraite : les Suisses surestiment leurs compétences

Étude Haute École Lucerne : 52% des actifs surestiment leurs connaissances en placements. Risque de rendements insuffisants hors caisses de pension.

Panneaux d'
Photo : Picasdre (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons
L’essentiel

  • Majorité des actifs surestiment leurs compétences en gestion de placements (13 à 52% selon les questions).
  • 83% des sondés souhaiteraient que leur caisse propose différents modèles de pension, pas seulement capital ou rente.
  • Retrait en capital moins performant que rente garantie si mal géré ; fonds de pension supportent le risque financier.

Une étude de la Haute École de Lucerne révèle un piège majeur pour les retraités suisses : la plupart surestiment gravement leurs compétences en matière de placements et de planification financière. Alors que de plus en plus d’actifs optent pour le versement forfaitaire (retrait en capital) de leurs avoirs du 2e pilier plutôt que pour une rente garantie à vie, ce choix comporte un risque réel de rendements insuffisants s’il n’est pas géré avec expertise.

Les faits et les chiffres

Le sondage en ligne, mené par l’institut Intervista entre le 17 et le 26 juin 2026 auprès de 1 258 personnes actives âgées de 20 à 65 ans réparties dans toute la Suisse, montre un décalage inquiétant entre la confiance affichée et les connaissances réelles.

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Selon Yvonne Seiler, autrice de l’étude et professeure d’économie à la Haute École de Lucerne, « l’auto-évaluation de leurs connaissances diffère sensiblement de leurs connaissances réelles ». Sur plusieurs questions portant sur la cotisation volontaire aux fonds de pension ou la définition d’une stratégie d’investissement, entre 13 et 52% des répondants ont choisi des réponses incorrectes au lieu d’avouer leur ignorance. Cette « ignorance qui s’ignore » représente un risque majeur : « Celles et ceux qui pensent tout savoir ne cherchent ni information ni conseil », avertit la professeure.

L’étude révèle également que 83% des personnes interrogées souhaiteraient que leur caisse de retraite propose différents modèles de pension. Plus de la moitié des répondants précisent qu’ils renonceraient potentiellement à un versement unique s’ils avaient le choix entre plusieurs options.

Pourquoi ce phénomène s’accélère

Les taux de conversion des avoirs du 2e pilier n’ont cessé de baisser ces dernières années, rendant la rente classique moins attractive financièrement. Parallèlement, la pression marketing des intermédiaires financiers s’intensifie : ces derniers ont un intérêt direct à ce que les assurés sortent leur capital des caisses de pension pour le placer chez eux.

Selon l’étude, plus de la moitié de la population active actuelle souhaite avant tout une plus grande flexibilité financière, en combinant pensions de retraite et versement forfaitaire. Cependant, cette liberté de choix comporte un piège : « La part de l’épargne-retraite perçue en capital via le versement forfaitaire est parfois réinvestie de manière moins judicieuse que les fonds de pension. Or, obtenir un bon rendement exige une certaine expertise en matière de finances et de planification de la retraite. »

Ce que ça change pour vous

Pour les actifs en fin de carrière (50-65 ans) : avant de choisir le retrait en capital, interrogez-vous honnêtement sur vos compétences réelles en gestion de placements. L’étude montre que vous risquez de surestimer vos connaissances. Consultez un conseiller indépendant ou votre caisse de pension sur les rendements historiques des rentes versus les placements personnels dans votre situation.

Pour les salariés en milieu de carrière : si vous envisagez un retrait en capital pour le réinvestir, sachez que les fonds de pension garantissent les rendements et supportent le risque financier, contrairement à vous. Une rente viagère offre une sécurité que peu de particuliers peuvent reproduire seuls.

Pour tous les actifs : selon l’étude, 83% des sondés souhaitent que les caisses de pension proposent des modèles intermédiaires (rente modulable, versement forfaitaire différé, pension avec protection du capital, etc.). Actuellement, ces options relèvent presque exclusivement du 3e pilier ou de plans très spécifiques. Vérifiez auprès de votre caisse quelles flexibilités sont déjà disponibles dans le 2e pilier.

Ce qu’il faut surveiller

Des réformes législatives pourraient élargir les modèles de perception dans le 2e pilier, car la loi actuelle (LPP) impose des règles strictes sur la garantie des rentes. Yvonne Seiler plaide pour l’introduction de nouveaux modèles permettant, par exemple, de fixer soi-même le montant de sa pension ou d’autoriser la transmission du patrimoine aux héritiers.

En attendant, consultez votre caisse de pension dès maintenant pour connaître vos options exactes et, si vous envisagez un retrait en capital, demandez un bilan de compétences financières honnête ou l’avis d’un conseiller externe. Les enjeux financiers de la retraite sont trop importants pour être laissés à la seule confiance en soi.

Questions fréquentes

Dois-je absolument retirer mon capital du 2e pilier pour mieux le gérer ?

Non. L'étude montre que la plupart des gens surestiment leurs compétences en placements. Les fonds de pension garantissent les rendements et supportent le risque financier, contrairement à vous. Avant de choisir le retrait en capital, consultez un conseiller indépendant et évaluez honnêtement vos connaissances réelles, pas seulement votre confiance.

Pourquoi les taux de conversion baissent-ils et qu'est-ce que ça signifie pour ma rente ?

Les taux de conversion (qui transforment votre capital accumulé en rente mensuelle) baissent depuis des années, rendant la rente classique moins attractive. Cela signifie que pour le même capital, vous recevrez une rente mensuelle plus faible qu'avant. C'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup d'actifs optent pour le retrait en capital.

Quels modèles de retraite alternatifs pourrais-je demander à ma caisse ?

Actuellement, le 2e pilier propose surtout la rente classique, le retrait en capital ou un modèle mixte. Des modèles alternatifs (rente modulable, versement forfaitaire différé, pension avec protection du capital) existent surtout dans le 3e pilier. Vérifiez auprès de votre caisse si elle propose des options intermédiaires ; 83% des sondés en souhaiteraient.

Sources : RTS

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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