Les caisses de retraite suisses s’orientent vers une gestion intégrale de leur portefeuille
Lecture rapide :
– Les caisses suisses adoptent progressivement une gestion intégrale
– Volatilité, franc fort et risques de concentration poussent au changement
– Gouvernance, suivi et délégation à des fiduciaires se développent
Les caisses de retraite suisses manifestent un mouvement vers une approche de portefeuille total, déjà partiellement appliquée dans certains domaines, selon des intervenants du secteur. Alexandra Tischendorf, responsable des investissements chez WTW Switzerland, indique qu’une réorientation progressive s’opère en réponse à l’évolution des marchés et des cadres structurels.
Gestion intégrale des portefeuilles des caisses de pension suisses
La logique consiste à considérer le portefeuille dans son ensemble plutôt que des quotas fixes par classe d’actifs. Plusieurs caisses commencent à intégrer des éléments de cette méthodologie dans leur processus d’investissement, selon WTW.
Les facteurs cités pour justifier ce tournant sont la volatilité des marchés, l’incertitude géopolitique, la vigueur du franc suisse et la montée des risques de concentration, qui remettent en question les modèles d’allocation traditionnels.
Devises et sensibilité à l’inflation
Sur la gestion des devises, l’accent est mis sur l’exposition globale en devises du portefeuille plutôt que sur des couvertures isolées. Philipp Weber, responsable du conseil en investissement chez Mercer Switzerland, précise que la politique de couverture doit tenir compte à la fois de la composition d’actifs et du profil en devises.
Plusieurs caisses évaluent aussi la sensibilité du portefeuille à l’inflation. WTW explique que la protection contre l’inflation devient un composant intégré de la construction du portefeuille pour rendre les rendements réels plus robustes face aux changements de régime.
Gouvernance, mise en œuvre et recours aux mandataires
La transition vers une approche intégrale exige une infrastructure sophistiquée, une surveillance continue et une gouvernance renforcée, éléments qui peuvent mobiliser des ressources importantes. Mercer souligne que les processus granulaire traditionnels limitent parfois la capacité à saisir des opportunités rapides.
Pour pallier ces contraintes, un nombre croissant de caisses envisagent de confier la supervision à un fiduciaire ou à des équipes spécialisées. Philipp Weber rappelle que sans gouvernance disciplinée, le portefeuille risque de se transformer en une série de paris opportunistes plutôt qu’en un ensemble cohérent.
Risques de concentration et surveillance intégrée
Dans des marchés tirés par des thèmes ou des facteurs, tels que l’intelligence artificielle, se forment des risques de concentration dissimulés. Weber avertit que sans une supervision intégrée, des expositions dupliquées peuvent apparaître dans différents compartiments du portefeuille.
La conséquence pratique est la nécessité d’identifier précisément les types de risque détenus et leur localisation au sein du portefeuille, ce que certaines caisses effectuent déjà, notamment sur les volets devises et inflation.
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