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Médicaments: la pression américaine menace les prix en Suisse

Les États-Unis pressent l'industrie pharmaceutique de baisser les prix. Roche et Novartis pourraient répercuter les coûts en Suisse, menaçant les primes maladie.

Rayons de pharmacie avec boîtes de médicaments et étiquettes de prix en Suisse
Illustration générée par IA — Léman Finance
L’essentiel

  • Les États-Unis comparent leurs prix avec la Suisse pour fixer les leurs; l'industrie pourrait augmenter les prix suisses en compensation.
  • Une étude EPFZ-UZH estime les coûts supplémentaires à plusieurs centaines de millions de francs par an pour les assurés suisses.
  • Un tiers des médicaments autorisés ne feraient plus l'objet d'une demande de prise en charge, selon Interpharma.

Les États-Unis mettent l’industrie pharmaceutique sous pression pour réduire les prix des nouveaux traitements sur leur marché. Or, selon une étude de l’EPFZ et de l’Université de Zurich, cette politique américaine menace directement les assurés suisses: si la Suisse cède aux exigences de hausses tarifaires des géants Roche et Novartis, les coûts supplémentaires pourraient atteindre plusieurs centaines de millions de francs par an. Un risque qui pèse déjà sur les primes maladie LAMal 2026, alors que les assurés romands font face à des augmentations récurrentes.

Le mécanisme de la « nation la plus favorisée »

Washington a adopté une stratégie inédite: comparer ses prix pharmaceutiques avec ceux d’autres pays de référence, dont la Suisse, pour fixer ses propres tarifs. Objectif affiché: devenir la « nation bénéficiant des meilleures conditions ». Mais ce système crée un pervers effet d’incitation.

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Plus les médicaments sont chers en Suisse, plus l’industrie peut justifier des prix élevés aux États-Unis. À l’inverse, si la Suisse refuse de hausser ses tarifs, les fabricants menacent de ne pas commercialiser certains traitements innovants sur le territoire suisse, pour éviter que des prix trop bas ne pénalisent leurs revenus américains. « Cela peut conduire les pays à se concurrencer en proposant des prix toujours plus élevés », explique Kerstin Vokinger, co-autrice de l’étude de l’EPFZ.

Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), l’industrie pharmaceutique avance déjà cet argument lors des négociations tarifaires en Suisse. Cependant, l’office estime qu’une hausse généralisée des prix ne serait pas justifiée, notamment parce que la mise en œuvre du nouveau système américain reste incertaine à long terme.

Risques concrets pour les assurés romands

Si la Suisse cède à la pression, les conséquences seraient directes sur le portefeuille des assurés. L’étude de l’EPFZ et de l’UZH chiffre les coûts supplémentaires potentiels à plusieurs centaines de millions de francs par an. Ces surcoûts se répercuteraient inévitablement sur les primes d’assurance-maladie, déjà en hausse dans tous les cantons romands.

René Buholzer, directeur d’Interpharma (l’association des grandes entreprises pharmaceutiques suisses), justifie cette stratégie: « Parce que le prix sur le petit marché suisse peut devenir déterminant pour le grand marché américain, nous devons nous adapter. Cela signifie que les prix doivent être augmentés, sinon les médicaments innovants ne seront plus proposés en Suisse. »

Parallèlement, une enquête d’Interpharma auprès de ses membres révèle qu’un tiers des médicaments autorisés ne feraient désormais plus l’objet d’une demande de prise en charge auprès de l’OFSP. L’office nuance toutefois ce constat, affirmant que le nombre de demandes reçues reste comparable à celui de l’année précédente.

Ce que ça change pour vous

  • Pour les assurés maladie romands: Une hausse des prix des médicaments en Suisse augmenterait directement les coûts de l’assurance-maladie obligatoire (LAMal), répercutés sur les primes. Les franchises et les quotes-parts pourraient aussi augmenter. Les traitements innovants risquent de devenir plus coûteux ou moins accessibles.
  • Pour les patients chroniques et les retraités: Les surcoûts pharmaceutiques affectent particulièrement ceux qui consomment régulièrement des médicaments. Une hausse des tarifs pourrait réduire l’accès à certains traitements, notamment si les assureurs augmentent les restrictions de prise en charge.
  • Pour les frontaliers français: Si les prix suisses augmentent davantage, l’écart avec la France s’accroîtra, renforçant les incitations à se faire traiter de l’autre côté de la frontière.

Ce qu’il faut surveiller

Kerstin Vokinger recommande à la Suisse de chercher des solutions coordonnées avec d’autres pays, plutôt que de céder individuellement à la pression. Son étude montre qu’une surenchère extrême sur les prix produirait l’effet inverse: au lieu de faire baisser les prix américains, elle entraînerait une hausse dans les autres pays, au seul bénéfice de l’industrie pharmaceutique.

La situation aux États-Unis évolue rapidement. L’étude de l’EPFZ repose sur la situation en décembre 2025. Depuis, il est apparu que les modèles de tarification « Globe » et « Guard » concernent beaucoup moins de médicaments que prévu. Les accords confidentiels entre le gouvernement américain et les entreprises pharmaceutiques se multiplient, notamment autour du modèle « Generous », dont le contenu reste largement inconnu. L’industrie pharmaceutique conteste actuellement l’un de ces dispositifs devant la justice.

En Suisse, l’OFSP continuera de négocier les prix des médicaments. Surveiller les demandes de prise en charge et les décisions tarifaires sera crucial pour évaluer si la pression américaine se concrétise réellement.

Questions fréquentes

Pourquoi les prix américains influencent-ils ceux de la Suisse?

Les États-Unis comparent désormais leurs prix avec ceux d'autres pays, dont la Suisse, pour fixer les leurs. L'industrie pharmaceutique menace de ne pas commercialiser certains médicaments en Suisse si les prix y sont trop bas, pour éviter que cela ne pénalise ses revenus américains.

Combien coûterait cette pression aux assurés suisses?

Selon l'étude de l'EPFZ et de l'UZH, les coûts supplémentaires pourraient atteindre plusieurs centaines de millions de francs par an. Ces surcoûts se répercuteraient sur les primes maladie LAMal et les franchises.

Y a-t-il déjà moins de médicaments disponibles en Suisse?

Selon Interpharma, un tiers des médicaments autorisés ne feraient plus l'objet d'une demande de prise en charge. Cependant, l'OFSP nuance ce constat, affirmant que le nombre de demandes reçues reste comparable à celui de l'année précédente.

Sources : RTS

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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