- Motion déposée par 30 députés de gauche et 2 vert'libéraux pour gratuité de la contraception à Vaud.
- Coût annuel estimé à 300 francs pour les personnes concernées.
- Genève a approuvé ce principe en septembre 2026, premier canton suisse à le faire.
- Motion demande prise en charge de tous les moyens contraceptifs sans condition d'âge ou de revenu.
La gauche vaudoise dépose une motion pour rendre la contraception gratuite au canton de Vaud, suivant l’exemple genevois approuvé en septembre dernier. Trente parlementaires de gauche et deux élus vert’libéraux demandent au Conseil d’État de soumettre un projet de loi organisant cette prise en charge universelle. Pour les personnes à revenus modestes, jeunes en formation ou en situation de précarité, cette mesure pourrait alléger un budget de santé estimé à 300 francs par an.
Les faits et les chiffres
La motion, présentée mardi par la gauche radicale, a été signée par une trentaine de parlementaires de gauche et deux élus vert’libéraux. Elle demande la prise en charge de l’ensemble des frais liés aux moyens contraceptifs reconnus scientifiquement : contraception orale (y compris d’urgence), implants, contraceptifs injectables, patchs, anneaux vaginaux, dispositifs intra-utérins et préservatifs.
Le coût annuel de la contraception est estimé à environ 300 francs selon les motionnaires. Cette dépense n’est actuellement pas remboursée par l’assurance maladie de base en Suisse, bien qu’elle nécessite généralement une consultation médicale.
La motion précise que cette prise en charge s’appliquerait indépendamment de l’âge, du revenu, du statut de séjour ou de la situation familiale de la personne concernée.
Le contexte : Genève ouvre la voie
Cette initiative vaudoise s’inspire directement de l’initiative genevoise « Pour une contraception gratuite » acceptée en septembre. Genève est devenu le premier canton suisse à inscrire le principe de prise en charge universelle de la contraception dans sa loi.
En Suisse, plusieurs tentatives ont été menées au niveau du parlement fédéral pour un remboursement par l’assurance-maladie, mais aucune n’a abouti. À l’échelle cantonale, une réflexion est en cours à Neuchâtel suite à l’approbation en septembre 2025 d’une motion de la Jeunesse socialiste demandant une contraception gratuite pour les moins de 30 ans. Le rapport du gouvernement neuchâtelois sur ce sujet est attendu.
Cette situation contraste avec de nombreux pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne ou l’Espagne, où la contraception est prise en charge.
Ce que ça change pour vous
Pour les femmes et personnes menstruées à revenus modestes : une prise en charge universelle de la contraception réduirait une dépense annuelle estimée à 300 francs. Les jeunes en formation, les personnes en situation de précarité ou confrontées à d’autres dépenses de santé importantes seraient directement soulagées.
Pour les hôpitaux et la collectivité : selon les motionnaires, le renoncement à la contraception pour raisons financières peut entraîner des grossesses non souhaitées et des recours ultérieurs aux soins, représentant un coût pour le système de santé. Une prise en charge préventive pourrait réduire ces dépenses.
Pour les primes LAMal : l’impact financier dépendra du mode de financement choisi par le canton (impôts, primes, budget cantonal). Aucun détail n’a été communiqué à ce stade.
Ce qu’il faut surveiller
La motion a été renvoyée en commission pour examen avant un futur débat au Grand Conseil vaudois. Aucune date de débat n’a été communiquée. Les motionnaires soulignent que « une réforme de la LAMal permettant la prise en charge de la contraception au niveau fédéral resterait souhaitable en priorité pour garantir une égalité de traitement dans le pays ».
À Neuchâtel, le rapport du gouvernement sur la motion de la Jeunesse socialiste (approuvée en septembre 2025 pour les moins de 30 ans) est attendu. Cette évolution pourrait influencer les débats dans d’autres cantons romands.
Questions fréquentes
Combien coûte la contraception par an en Suisse ?
Le coût annuel est estimé à environ 300 francs selon la motion vaudoise. Cette dépense n'est actuellement pas remboursée par l'assurance maladie de base, bien qu'elle nécessite généralement une consultation médicale.
Genève a-t-elle déjà approuvé la gratuité de la contraception ?
Oui, Genève a approuvé l'initiative « Pour une contraception gratuite » en septembre 2026, devenant le premier canton suisse à inscrire ce principe dans sa loi. Vaud s'en inspire directement.
Quels moyens contraceptifs seraient couverts ?
La motion demande la prise en charge de la contraception orale (y compris d'urgence), implants, contraceptifs injectables, patchs, anneaux vaginaux, dispositifs intra-utérins et préservatifs, sans condition d'âge, de revenu ou de statut de séjour.
Sources : Le Temps
