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Le Jura grimpe au 10e rang de l’innovation suisse en 2026

Le canton du Jura atteint la 10e place de l'indice cantonal de l'innovation en 2026. Le programme InnoJura relie start-up et PME traditionnelles pour diversifier l'économie jurassienne.

Paysage alpin
Photo : Simon Koopmann (CC BY-SA 2.5) via Wikimedia Commons
L’essentiel

  • Le Jura grimpe à la 10e place de l'indice cantonal de l'innovation (ICIC) en 2026, gagnant 3 places en un an.
  • Le programme InnoJura, lancé début 2026, relie start-up technologiques et PME horlogères pour briser la culture du secret.
  • Le secteur secondaire pèse 48,5% du PIB jurassien, contre 25% en moyenne suisse ; les exportations représentent 78,1% du PIB cantonal.
  • Les PME jurassiennes collaborent désormais avec des start-up en medtech et transformation industrielle au Switzerland Innovation Park Basel Area.

Le canton du Jura figure désormais à la 10e place de l’indice cantonal de l’innovation et de la créativité (ICIC) en 2026, selon la Haute École de Lucerne. Ce bond de trois places en un an reflète une transformation en cours : le petit canton, longtemps associé à l’horlogerie et au secret industriel, s’impose comme un acteur challenger de l’innovation suisse. Le programme InnoJura, lancé début 2026, en est le catalyseur : il relie start-up technologiques et PME traditionnelles pour diversifier un tissu économique vulnérable aux chocs commerciaux.

Les faits et les chiffres

Le Jura a réalisé depuis 2025 un bond dans trois domaines : les brevets, marques et designs ; les entreprises et start-up ; et la croissance économique. Selon Christoph Hauser, responsable du classement ICIC, « le canton affiche un nombre relativement élevé d’entreprises à forte croissance et figure parmi les meilleurs cantons en matière de taux de survie des start-up ».

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Structurellement, le Jura reste un canton très manufacturier. Le secteur secondaire représente 48,5 % du PIB jurassien, contre environ 25 % pour le reste de la Suisse. Près de 44 % des emplois sont concentrés dans ce secteur, tirés par des PME spécialisées dans l’horlogerie, les métaux et les machines. Cette concentration expose le canton aux crises commerciales : les exportations de biens représentent 78,1 % du PIB jurassien, contre 46,6 % en moyenne suisse.

Le Jura a souffert des tensions commerciales de début 2026 liées aux taxes douanières. C’est dans ce contexte que le programme InnoJura déploie ses trois volets : un accélérateur de start-up, une académie destinée à ouvrir les PME à l’innovation, et une plateforme reliant jeunes sociétés et entreprises traditionnelles.

Le Switzerland Innovation Park Basel Area, niché à Courroux depuis 2019, héberge 30 entreprises spécialisées dans la medtech, la santé numérique et la transformation industrielle. L’antenne jurassienne a été renforcée début 2026 avec InnoJura, adapté au paysage des PME régionales.

Pourquoi maintenant : briser la culture du secret

L’horlogerie jurassienne s’est construite sur un modèle de discrétion : procédés maison, réglages extrêmement fins, savoir-faire jalousement gardé dans des ateliers fermés. Cette culture, longtemps un avantage compétitif, freine désormais l’ouverture aux collaborations innovantes. « Beaucoup de PME sont très innovantes, mais elles se développent en interne. Certaines produisent des pièces exceptionnelles, dont la précision est même en dessous du micron », explique Sébastien Meunier, directeur PME Innovation du Basel Area Business & Innovation. « Mais on ne peut pas posséder toutes les compétences. »

Les crises économiques récentes poussent un changement de mentalité. « La tendance est clairement à l’ouverture », constate Sébastien Meunier. La concentration de l’économie jurassienne sur quelques branches majeures la rend vulnérable. Diversifier les activités et les partenariats devient une nécessité.

Des exemples concrets émergent. Productec, PME fondée en 1988 à Rossemaison spécialisée en CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur), collabore actuellement avec trois start-up du parc d’innovation. Son directeur, Cyrille Monnin, ingénieur de l’EPFL, va à rebours du « biais culturel de la région » : « Ils font des choses fantastiques, soyons-en fiers. J’ai envie qu’on en parle. » Morphotag, start-up en authentification et lutte contre les contrefaçons, a trouvé dans le Jura les machines de précision et le savoir-faire horloger indispensables à son industrialisation.

Ce que ça change pour vous

Salariés et demandeurs d’emploi du Jura. L’ouverture des PME aux start-up et aux nouvelles technologies crée des opportunités d’emploi dans des secteurs émergents (medtech, santé numérique, transformation industrielle). L’académie InnoJura renforce aussi les compétences des PME, favorisant la formation interne et l’attraction de talents régionaux.

Entrepreneurs et PME jurassiens. Le programme InnoJura offre un accès à des infrastructures coûteuses (salles blanches, machines de précision) partagées avec d’autres entreprises, réduisant les investissements individuels. Les PME peuvent aussi bénéficier du mentorat et du coaching via les projets Innosuisse, dont le Jura figure parmi les cantons les plus actifs.

Investisseurs et actionnaires. La diversification économique du Jura réduit la vulnérabilité aux chocs sectoriels et commerciaux. Un tissu économique plus résilient et innovant améliore les perspectives de rentabilité des entreprises régionales, notamment celles cotées ou en croissance rapide.

Ce qu’il faut surveiller

Adoption du programme par les PME. Le succès d’InnoJura dépend de la capacité à convaincre les PME horlogères de dépasser la culture du secret. Tiphaine Charretier-Ilgün, community manager du parc d’innovation, souligne que « ces entreprises ne veulent surtout pas que la concurrence sache sur quoi elles travaillent ». Les prochains mois montreront si les exemples de Productec et Morphotag suffisent à rassurer les autres.

Impact des crises commerciales. Le Jura reste exposé aux tensions commerciales internationales (taxes douanières, guerres commerciales). Le programme InnoJura vise à réduire cette dépendance, mais l’efficacité de cette diversification ne sera mesurable que sur plusieurs années.

Classement ICIC 2027. Le prochain indice cantonal de l’innovation, attendu en 2027, permettra d’évaluer si la progression du Jura se consolide ou si elle était un rebond conjoncturel. Les indicateurs à suivre : nombre de brevets déposés, taux de survie des start-up, et nombre de collaborations PME-start-up formalisées.

Financement et ressources. InnoJura a été renforcé début 2026, mais le maintien des financements cantonaux et fédéraux (Innosuisse) reste crucial pour pérenniser les trois volets du programme.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le programme InnoJura exactement ?

InnoJura, lancé début 2026, est un programme décliné en trois éléments : un accélérateur de start-up, une académie destinée à ouvrir les PME à l'innovation, et une plateforme reliant jeunes sociétés et entreprises traditionnelles. Il vise à créer une communauté dynamique entre les PME jurassiennes et les start-up technologiques.

Pourquoi le Jura est-il particulièrement vulnérable aux crises commerciales ?

Le secteur secondaire (horlogerie, métaux, machines) représente 48,5 % du PIB jurassien, contre 25 % en moyenne suisse. Les exportations pèsent 78,1 % du PIB cantonal, contre 46,6 % en moyenne suisse. Cette concentration rend l'économie jurassienne très sensible aux chocs commerciaux, comme les taxes douanières de 2026.

Quels sont les obstacles à la collaboration entre PME horlogères et start-up ?

La culture du secret cultivée dans l'horlogerie rend les PME hermétiques aux nouveautés. Leurs avantages compétitifs reposent sur un savoir-faire jalousement gardé. Tiphaine Charretier-Ilgün explique que « ces entreprises ne veulent surtout pas que la concurrence sache sur quoi elles travaillent ». InnoJura tente de surmonter cette barrière en garantissant la confidentialité des échanges.

Sources : Bilan

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La rédaction de Léman Finance · Genève

Article rédigé à partir des sources indiquées ci-dessus (communiqués officiels, presse romande), avec assistance IA, contrôles automatiques des chiffres et relecture de la rédaction. Signature collective, sans fausse plume.

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