- La droite genevoise a voté une baisse de 20 % de l'impôt sur la fortune pour améliorer l'attractivité du canton.
- Le vote intervient une semaine avant la présentation d'un plan d'économies de 500 millions par Genève.
- La gauche promet un référendum et craint un affaiblissement des services publics et de la sécurité.
- Genève a déjà accepté deux baisses fiscales en 2023 et 2024 sur la fortune et le revenu.
La commission fiscale du Grand Conseil genevois a voté une baisse de 20 % de l’impôt sur la fortune. Ce vote intervient une semaine avant la présentation par le canton d’un plan d’économies de 500 millions et d’un budget 2027 fortement déficitaire, ce qui crée une tension politique majeure sur la stratégie financière de Genève.
Les arguments de la droite : attractivité et compétitivité
Pour la droite, notamment le PLR, cette baisse est un correctif nécessaire. Selon Vincent Subilia, député PLR et directeur de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, le canton applique le traitement fiscal le plus pénalisant de la fortune en Suisse. Il estime que sans cette baisse, certains entrepreneurs risquent de migrer vers d’autres cantons, ce qui ferait perdre des revenus et des emplois à Genève.
Subilia souligne que cette mesure ne concerne pas uniquement les grandes fortunes, mais aussi les petits entrepreneurs comme les coiffeurs ou les boulangers, pénalisés par l’importante imposition de leur outil de travail.
La gauche dénonce un risque pour les services publics
L’opposition de gauche rejette ces arguments. Le député socialiste Sylvain Thévoz affirme que le nombre de millionnaires à Genève ne cesse d’augmenter, ce qui contredit l’idée d’une fuite des fortunes. Il estime que c’est la stabilité, la sécurité et les prestations publiques du canton qui attirent ces grandes fortunes.
Pour Thévoz, une baisse d’impôt sur la fortune fragiliserait l’État, la sécurité et les prestations publiques, et risquerait de détériorer les conditions cadres qui font la force de Genève. La gauche a d’ores et déjà promis un référendum en cas d’adoption par le parlement.
Ce que ça change pour vous
Propriétaires de fortune ou entrepreneurs genevois : si cette baisse est adoptée par le parlement et ne fait pas l’objet d’un référendum annulant le vote, votre impôt sur la fortune diminuerait de 20 %. Cela concernerait aussi les petits entrepreneurs dont l’outil de travail est imposé comme une fortune.
Salariés et résidents genevois : la baisse d’impôt sur la fortune pourrait affecter les revenus du canton au moment où un plan d’économies de 500 millions est présenté. Selon la conseillère d’État Nathalie Fontanet, cela risque de peser sur les services publics et les prestations sociales, bien que l’impact exact dépendra de la façon dont le canton absorbera cette perte de revenus.
Comparaison avec d’autres cantons : Vaud vote sur une baisse d’impôts de 12 % le 27 septembre, montrant que la question de la fiscalité est centrale en Suisse romande.
Ce qu’il faut surveiller
Vote au parlement : cette baisse de 20 % doit encore être votée par l’ensemble du Grand Conseil genevois. Le timing est critique, car le canton présentera la semaine suivante un budget 2027 déficitaire et un plan d’économies de 500 millions.
Référendum : la gauche a annoncé qu’elle lancerait un référendum en cas d’adoption par le parlement. Cela signifie que la population genevoise pourrait être appelée à se prononcer sur cette baisse.
Contexte budgétaire : Genève vit déjà une année 2026 sans budget, car celui-ci a été refusé par le parlement. La conseillère d’État Nathalie Fontanet rappelle que le canton a déjà accepté deux baisses fiscales en 2023 (sur la fortune) et 2024 (sur le revenu), dont les effets financiers doivent être absorbés. Pour plus de détails sur les délais et déductions fiscales, consultez Impôts 2026 à Genève, Vaud et Valais : délais, déductions, acomptes, baisses d’impôt.
Questions fréquentes
Quand cette baisse d'impôt sur la fortune entrerait-elle en vigueur ?
Cette baisse de 20 % n'est pas pour tout de suite. Elle doit d'abord être votée par l'ensemble du parlement genevois. Si elle est adoptée, la gauche a promis de lancer un référendum, ce qui repousserait encore son entrée en vigueur.
Pourquoi la droite veut-elle baisser l'impôt sur la fortune alors que Genève a des problèmes budgétaires ?
Selon la droite, le canton n'a pas de problèmes de revenus, mais de dépenses. Elle estime que cette baisse est nécessaire pour éviter que les entrepreneurs ne migrent vers d'autres cantons, ce qui ferait perdre des revenus et des emplois à Genève à long terme.
Genève a-t-elle déjà baissé les impôts récemment ?
Oui, la population genevoise a accepté deux baisses fiscales : une sur le revenu en 2024 et une sur la fortune en 2023. La conseillère d'État Nathalie Fontanet rappelle que ces baisses avaient des effets financiers que le canton doit absorber.
Sources : RTS
