- Les femmes paient plus cher leurs assurances complémentaires, avec des écarts jusqu'à 11 % selon l'âge.
- Les assureurs CSS et Helsana justifient par les coûts de maternité et de gynécologie, même pour les enfants.
- Swica applique un calcul mixte pour garantir la solidarité ; la loi suisse autorise cette liberté tarifaire.
Les femmes paient systématiquement plus cher leurs assurances complémentaires que les hommes en Suisse, quel que soit leur âge. Selon une enquête de la RTS, les écarts de prime peuvent atteindre 11 %. Les assureurs CSS et Helsana justifient cette pratique par les coûts liés à la maternité et à la gynécologie, une logique qui s’applique même aux enfants. Seule Swica refuse cette différenciation et applique un calcul mixte pour garantir la solidarité entre assurés.
Les chiffres de l’écart tarifaire
Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), en 2025, les frais de santé moyens d’un homme en Suisse s’élevaient à 6256 francs, contre 6735 francs pour les femmes, soit une différence de 8 %. Cet écart se concentre uniquement sur la période de fertilité, entre 15 et 49 ans. Avant 15 ans et après 50 ans, les hommes coûtent même légèrement plus cher aux assurances.
Dans les cas concrets relevés par la RTS, une mère de jumeaux a découvert que la prime d’assurance complémentaire de sa fille était plus élevée que celle de son fils. Une autre assurée, Lise, constate une différence de prime de 11 % en faveur de son conjoint.
Pourquoi cette différenciation existe
Les assureurs CSS et Helsana ont refusé les demandes d’interview de la RTS. Par écrit, CSS indique que « les primes doivent refléter les coûts prévus des prestations assurées ». Helsana précise que « les prestations prévues et donc les risques mathématiques peuvent varier entre les groupes d’assurés ».
Cette liberté tarifaire existe parce que, contrairement à l’assurance de base (LAMal), où la loi fédérale impose des tarifs identiques pour tous, les assurances complémentaires suisses peuvent fixer librement leurs prix. La législation européenne, elle, interdit cette différenciation par sexe.
Ce que ça change pour vous
Pour les femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) : vous payez une prime d’assurance complémentaire plus élevée que les hommes du même âge, sans possibilité légale de contester cette pratique en Suisse. Si vous avez une fille mineure, sa prime peut aussi être majorée par rapport à celle d’un fils.
Pour les femmes avant 15 ans et après 50 ans : vous bénéficiez d’une prime identique, voire inférieure à celle des hommes, puisque les coûts de santé s’inversent en dehors de la période de fertilité.
Pour tous les assurés : vous pouvez changer de caisse complémentaire. Swica, unique assureur interrogé, applique un calcul mixte sans différenciation par sexe. Vous avez la possibilité de consulter les tarifs des différentes compagnies avant de vous engager.
Ce qu’il faut surveiller
Cette pratique pourrait être remise en question si la Suisse alignait sa législation sur les normes européennes. En attendant, comparez les offres des assureurs complémentaires : certains, comme Swica, proposent une tarification sans différenciation par sexe.
Si vous constatez une différence de prime inexpliquée, contactez votre assureur pour demander le détail du calcul.
Questions fréquentes
Pourquoi les femmes paient-elles plus cher leur assurance complémentaire ?
Les assureurs CSS et Helsana justifient par les coûts statistiques liés à la maternité et à la gynécologie. Selon l'OFSP, les frais de santé des femmes sont 8 % plus élevés que ceux des hommes en moyenne, concentrés entre 15 et 49 ans. Swica refuse cette logique et applique un calcul mixte.
Cette différenciation est-elle légale en Suisse ?
Oui, pour les assurances complémentaires. La loi fédérale impose l'égalité tarifaire pour l'assurance de base (LAMal), mais autorise les assureurs à fixer librement les prix des complémentaires. La législation européenne, elle, interdit cette différenciation par sexe.
Que faire si je trouve ma prime trop élevée ?
Vous pouvez changer de caisse complémentaire. Swica applique une tarification sans différenciation par sexe. Comparez les offres avant de vous engager.
Sources : 24 heures
