« Traumatisés et soignés » : un lycéen dénonce une règle injuste privant les victimes de justice
Lecture rapide :
– Un lycéen dénonce une règle d’exclusion des aides
– 10 840 € et 54 220 € versés par le Valais et la Confédération
– Hospitalisation d’au moins une nuit exigée pour toucher les aides
Mayeul De Geyer, 18 ans, passe son baccalauréat la semaine du 15 juin 2026. Rescapé de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana lors du réveillon du Nouvel An, il a adressé une lettre à Emmanuel et Brigitte Macron pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« victimes invisibles ». Selon Le Parisien, il réclame la reconnaissance des séquelles subies par des personnes qui n’ont pas passé une nuit entière à l’hôpital.
Critère d’hospitalisation : qui est éligible aux aides de Crans-Montana
Le canton du Valais et la Confédération ont versé des montants distincts aux sinistrés : 10 840 euros pour les blessés graves et 54 220 euros pour les proches des victimes décédées. Mais l’accès à ces aides est conditionné au fait d’avoir passé au moins une nuit complète à l’hôpital, un seuil qui exclut plusieurs victimes présentes lors de la catastrophe.
Mayeul, brûlé aux mains, aux oreilles et à la nuque, a été hospitalisé de 8h30 à 20 heures à Martigny avant d’être rapatrié près de Versailles. Il estime que la durée d’hospitalisation ne reflète pas l’intensité des séquelles et qualifie le critère d’« injuste ». La condition temporelle soulève désormais un débat sur la définition administrative de la victime.
Séquelles physiques et traumas psychiques après l’incendie
Sur son corps, Mayeul porte des marques visibles : oreilles déformées et cloques à la nuque. Les blessures cutanées s’accompagnent de symptômes psychiques persistants : insomnies, flash‑backs, attaques de panique, problèmes de concentration, maux de tête et acouphènes.
Sa terminale a été perturbée et il prévoit une année de césure au Chili plutôt que d’intégrer une prépa. Ces conséquences montrent que l’impact d’un sinistre ne se réduit pas au temps passé en milieu hospitalier.
L’action de Mayeul s’inscrit dans le travail de l’association Revi Crans-Montana. Son vice‑président, Hervé Abello, père d’une étudiante de 19 ans gravement brûlée au Constellation, réclame un élargissement du périmètre des personnes reconnues comme victimes.
Des demandes de reconnaissance et la parole des rescapés
Mayeul affirme que, parmi les Français affectés, au moins cinq se trouvent dans la même situation d’exclusion. Il écrit que « ce n’est pas le critère de l’hospitalisation qui mesure ce qu’on a traversé, ce sont les séquelles que nous portons chaque jour ». Sa lettre à l’Élysée vise la reconnaissance plus que l’aide financière.
Pour Revi Crans-Montana, il est « impensable » que le seul fait d’avoir passé plus ou moins de 24 heures conditionne l’accès aux dispositifs, notamment l’accompagnement psychologique. Le débat porte désormais sur la prise en compte du choc subi par les clients présents ce soir‑là.
Vu par lemanfinance sur : Le Parisien