Belfort : L’Entente de Belfort inaugure une alliance nucléaire innovante entre la France et la Suisse
Lecture rapide :
– Un accord rapproche les filières nucléaires française et suisse
– EDF investit 350 millions d’euros sur le site d’Arabelle Solutions à Belfort
– Signature en présence de Christophe Grudler, député européen et artisan du partenariat
À Belfort, un partenariat inédit a été scellé entre le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (GIFEN) et le Forum nucléaire suisse, marquant une étape majeure dans la coopération franco-suisse autour du nucléaire civil. Christophe Grudler, député européen originaire de Belfort, a joué un rôle prépondérant dans cet accord, qu’il qualifie d’“Entente de Belfort”. Ce rapprochement engage la France, puissance consolidée avec 56 réacteurs en activité, et la Suisse qui, malgré l’abandon de ses plans d’investissement en 2011 et ses quatre réacteurs en fonction, nourrit un regain d’intérêt notamment dans la recherche nucléaire.
Un accord stratégique pour renforcer la filière nucléaire franco-suisse
La signature officielle a eu lieu dans les anciens locaux de General Electric à Belfort, réunissant les principaux acteurs du secteur. Hans Ulrich Bigler, président du Forum nucléaire suisse et ancien parlementaire, représentait la Suisse. De son côté, le GIFEN fédère les cinq grandes entreprises françaises du secteur (Framatome, Orano, EDF, Andra, CEA) ainsi que 2 195 autres sociétés, qui exportent déjà environ 40 % de leur activité.
Cette alliance vise à capitaliser sur les forces complémentaires : la puissance industrielle et la feuille de route claire de la France jusqu’en 2050, et l’expertise suisse en recherche universitaire. La Suisse a récemment frôlé la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales, un débat toujours en suspens avant les élections fédérales de 2027, selon Hans Ulrich Bigler.
Belfort, nouveau pôle industriel pour la relance nucléaire
EDF investira 350 millions d’euros dans l’extension de son site d’Arabelle Solutions, spécialisé dans la fabrication de turbines pour centrales nucléaires. Le projet prévoit une nouvelle usine de 20 000 m² d’ici deux ans, capable de soutenir la construction des nouveaux EPR2 et de renforcer la production nationale et européenne.
Ce réseau industriel bénéficie du dynamisme hexagonal, renforcé par la décision présidentielle de relancer le programme nucléaire français. Pour Christophe Grudler, l’alliance franco-suisse à Belfort incarne un moment fort de l’intégration européenne des filières énergétiques.
Un partenariat aux dimensions internationales
Les échanges porteront également sur les applications du nucléaire hors production d’électricité, telles que la médecine, l’agriculture ou la production de chaleur industrielle. Le GIFEN, organisateur du salon World Nuclear Exhibition (WNE) à Paris, a d’ailleurs invité la Suisse à renforcer sa présence parmi les plus de 1 000 exposants internationaux.
Mathieu Euvrard, directeur international du GIFEN, souligne la clarté des prévisions à long terme pour le secteur français, avec un horizon fixé à 2050. Cette vision structurée bénéficie désormais d’une ouverture européenne incarnée par l’Entente de Belfort, qui pourrait influencer le développement de la filière dans la région et au-delà.