« Cela n’a aucun sens à nos yeux » : Donald Trump persiste dans ses projets de reconstruction malgré l’opposition des pays alliés
Lecture rapide :
– Donald Trump lance de nouvelles surtaxes contre 60 économies
– Surtaxes de 10% ou 12,5% remplacent les mesures temporaires
– Union européenne, Australie, Japon et NZ dénoncent l’absence de preuves
Depuis vendredi matin, l’administration américaine applique une série de nouveaux droits de douane visant quelque 60 économies, a confirmé Washington jeudi soir. À partir de 6h01 (0h01 heure de New York), une surtaxe de 10% ou 12,5% s’applique sur certains produits importés, prenant le relais des mesures temporaires mises en place en février et arrivées à échéance.
Ces nouvelles mesures suivent une enquête lancée mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce, Jamieson Greer, destinée à vérifier si des partenaires commerciaux ont totalement éliminé de leurs chaînes d’approvisionnement les produits issus du travail forcé. « Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits », a déclaré Jamieson Greer sur CNN.
Quels pays sont concernés et comment s’appliquent les surtaxes
Les pays dont la législation est jugée incomplète se voient imposer une surtaxe de 10% sur certains articles; parmi eux figurent l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Mexique et le Canada. Environ quarante autres pays, dont la Chine, le Japon, la Suisse et la Corée du Sud, subissent une taxation à 12,5% pour certains produits.
Les biens énergétiques et les matières premières non produits aux États-Unis devraient être exclus des listes concernées. Washington a déjà appliqué des surtaxes ciblées précédemment, notamment contre le Brésil (jusqu’à 25% sur une partie des exportations) et un surcroît de 50% annoncé contre le Canada, qui doit entrer en vigueur dans un mois.
Réactions des alliés et critiques
Plusieurs alliés ont dénoncé ces barrières. Le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a jugé l’imposition de droits de douane plus élevés « injustifiée », et le ministre de la Défense australien a qualifié ces taxes de « n’ont aucun sens ». Le Premier ministre de la Nouvelle-Zélande, Christopher Luxon, a déclaré que l’administration américaine n’a pas fourni de preuves significatives pour ses allégations relatives au travail forcé.
Le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara, a estimé que l’industrie japonaise respecte les règles internationales et a regretté la décision américaine. Des voix d’experts, comme l’avocate en commerce international Greta Peisch, interprètent la manœuvre comme une façon pour Washington de conserver un levier de pression sur ses partenaires.
Cadre juridique et enquêtes parallèles
La Maison Blanche s’appuie sur le même texte légal qui a servi pour les droits sectoriels antérieurs (acier, aluminium, cuivre), mesures qui n’avaient pas été annulées par la Cour suprême. L’administration souhaite éviter que ces nouvelles surtaxes ne soient retoquées comme ce qui est arrivé aux précédentes dispositifs temporaires.
Plusieurs enquêtes supplémentaires sont en cours, notamment sur une possible surcapacité industrielle affectant l’Union européenne et d’autres partenaires. Un responsable américain a reconnu que le marché américain constitue un atout que Washington peut mobiliser pour obtenir des engagements ou renégociations.
Les mesures entrent dans un contexte de tensions commerciales renouvelées depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Les prochaines semaines permettront de voir si Washington parvient à maintenir ces taxes face aux contestations diplomatiques et juridiques.
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