Suisse : un seuil démographique à 10 millions en débat au cœur d’un référendum sur l’immigration
Le 14 juin 2026, les électeurs suisses sont appelés à se prononcer sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » qui propose d’inscrire dans la Constitution un plafonnement de la population résidente permanente à 10 millions d’habitants avant 2050. Portée par l’Union démocratique du Centre, l’initiative vise à réduire l’immigration en durcissant l’asile, en restreignant le regroupement familial et en limitant la délivrance de permis de séjour.
Suisse 10 millions et accords bilatéraux avec l’Union européenne
Le texte prévoit un mécanisme en deux étapes. Si la population atteint 9,5 millions, le Conseil fédéral serait contraint d’adopter des mesures restrictives, puis, en cas de dépassement du seuil des 10 millions, la Suisse devrait se retirer de certains accords bilatéraux, y compris l’accord sur la libre circulation des personnes signé en 1999.
Le Conseil fédéral, le Parlement et la majorité des partis estiment que la mesure compromettrait la relation avec l’Union européenne et la stabilité juridique des accords bilatéraux. Selon le scénario de référence de l’Office fédéral de la statistique, la population s’établissait fin 2024 à 9 millions et pourrait atteindre environ 10,5 millions en 2055, ce qui alimente le calendrier politique et technique des projections démographiques.
Conséquences pour le marché du travail et les entreprises
Les entreprises qui recrutent à l’international hébergent déjà des stratégies d’adaptation. La PME fictive AlpTech SA à Zurich illustre le cas d’une société qui déclare dépendre de travailleurs européens pour postes techniques, et qui anticipe des pertes de productivité si la libre circulation est remise en cause.
Des responsables politiques rappellent que près de 75 % des ressortissants de l’UE arrivant en Suisse exercent une activité professionnelle immédiatement. Les opposants soulignent aussi que l’asile ne représente qu’une part modeste des flux, à savoir 1,7 %, auxquels s’ajoutent 0,7 % de réfugiés ukrainiens selon l’OFS.
Opinion publique, acteurs et risques opérationnels
Les sondages indiquent un soutien non négligeable. Une enquête Leewas pour 20 Minutes/Tamedia publiée le 29 avril donne 52 % d’avis favorables et un soutien de 59 % chez les 35-49 ans.
L’initiative ne compte que le soutien explicite de l’Union démocratique fédérale au Parlement. La vice-présidente de l’UDC, Céline Amaudruz, a insisté sur la possibilité de renégocier les accords avant toute dénonciation, tandis que des élus comme le conseiller fédéral Beat Jans et la conseillère nationale Céline Weber dénoncent un texte aux conséquences sociales et économiques fortes.