Sortie progressive du nucléaire en Suisse : vers une nouvelle stratégie énergétique nationale
Lecture rapide :
– Le Parlement valide la levée de l’interdiction de construire des centrales nucléaires
– 29% de l’électricité suisse provenait du nucléaire avant la décision
– 4 réacteurs restent en exploitation, fermetures prévues en 2032-2033
Le Parlement suisse a validé jeudi le projet du Conseil fédéral visant à lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, en vigueur depuis 2018 après le référendum de 2017. Après l’adoption par le Conseil des États, le Conseil national a approuvé le texte, ouvrant la voie à un référendum final.
Révision de la loi nucléaire : conditions et vote parlementaire
Le projet adopté précise qu’une autorisation de construire une nouvelle centrale ne pourra être accordée que si le financement est assuré. Le Parlement a refusé des amendements des Verts et des socialistes qui proposaient de conditionner l’octroi d’une autorisation ou d’imposer un moratoire jusqu’en 2036. Le ministre de l’Énergie Albert Rösti a défendu, pendant les débats, la nécessité de garder l’option nucléaire ouverte pour garantir l’approvisionnement à long terme.
Besoin d’électricité locale et enjeux climatiques
Le gouvernement présente la révision comme une assurance face au risque que les renouvelables ne suffisent pas à répondre à la demande. Il invoque la croissance démographique et l’objectif de zéro émission nette en 2050 ainsi que les incertitudes liées à l’agression de la Russie contre l’Ukraine pour justifier sa démarche.
État du parc et calendrier des réacteurs en Suisse
La Suisse continue d’exploiter 4 réacteurs. Le nucléaire représentait environ 29% de l’approvisionnement électrique national avant la décision. Les unités de Beznau, mises en service en 1969 et 1971, sont programmées pour s’arrêter respectivement en 2033 et 2032, tandis que Gösgen et Leibstadt sont en service depuis 1979 et 1984.
Conséquences politiques et procédures à venir
La levée de l’interdiction relance le débat politique entre partisans d’une sécurité d’approvisionnement accrue et opposants craignant un retour du nucléaire. Le texte adopté au Parlement prévoit des garde-fous financiers mais laisse la possibilité, sans l’imposer, d’un soutien étatique. La prochaine étape est la tenue éventuelle d’un référendum qui décidera du sort définitif de la révision.
Vu par lemanfinance sur : Google News