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March 14, 2026
Assurances

Pourquoi ces salariés frontaliers ont choisi le coûteux système de santé suisse plutôt que la Sécu – et s’en félicitent

Fév 7, 2026

« Lecture rapide :
– Frontaliers choisissent la LAMal malgré son coût
236 000 travailleurs frontaliers en décembre 2024
3 mois pour opter entre CMU et LAMal »

Une étude de l’Urssaf publiée le 3 février 2026 confirme un basculement progressif des salariés travaillant en Suisse vers l’assurance maladie helvétique. Les associations locales constatent le phénomène dans les dossiers qu’elles instruisent, et les chiffres montrent un recul de l’affiliation à la Sécurité sociale française.

Recul de la Sécu chez les frontaliers : les chiffres clés

En 2022, l’Urssaf recensait environ 215 000 frontaliers (hors retraités), dont près de 73 % affiliés à la Sécurité sociale via la CMU ou la PUMa frontalière. Pour l’Urssaf Franche-Comté, ces cotisations ont représenté 175 millions d’euros en 2022 sur un total régional de 4,2 milliards.

La nouvelle étude portant sur sept départements frontaliers dénombre 236 000 personnes travaillant en Suisse en décembre 2024, dont 158 000 affiliées via l’Urssaf. Le journaliste Sébastien Colson parle d’un « report continu des frontaliers vers l’assurance maladie suisse » sur le site du Dauphiné Libéré.

Droit d’option et mécanismes financiers : CMU ou LAMal

Au moment de l’embauche en Suisse, le frontalier dispose de trois mois pour choisir entre la CMU française et la LAMal suisse. Passé ce délai, l’affiliation devient en pratique définitive et le frontalier est affilié d’office en Suisse.

La cotisation CMU correspond à 8 % du revenu fiscal de référence, après un abattement lié au plafond annuel de la Sécurité sociale. La LAMal applique une prime fixe par personne, autour de 200 francs suisses par mois pour l’assureur le moins cher en 2025, à laquelle s’ajoutent franchise et participations aux frais.

Accès aux soins et désertification médicale : moteur du basculement

Dans les bassins frontaliers, l’accès à un médecin traitant ou à un spécialiste souffre de délais parfois de plusieurs semaines ou mois. Les associations comme l’Amicale des frontaliers et le Groupement transfrontalier européen relèvent ce motif dans les dossiers qu’elles suivent.

Un commentateur signant « schadok » résume le raisonnement de nombreux frontaliers : la LAMal coûte mais garantit un accès rapide aux médecins suisses, là où la prise de rendez-vous en France peut être très longue.

La perspective d’une réforme prévue en 2028 et l’annonce de nouvelles hausses de primes par les autorités suisses et les assureurs ajoutent une incertitude financière. Malgré cela, nombre de salariés acceptent des cotisations plus élevées pour privilégier la disponibilité et la rapidité des soins en Suisse.

Vu par lemanfinance sur : Google News

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Julien Moreau

Julien possède plus de 10 ans d'expérience dans le secteur financier, ayant travaillé dans diverses institutions bancaires à Genève. Il a une expertise particulière dans les investissements, la gestion de patrimoine et les marchés émergents.

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