L’OMC bute au Cameroun : un coup dur pour le commerce mondial
« Lecture rapide :
– OMC à Yaoundé sans accord sur les dossiers clés
– 166 membres ; moratoire e‑commerce expiré
– Fortes tensions entre Inde, Brésil et États‑Unis«
Après quatre jours de négociations, la XIVe conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé s’est achevée lundi 30 mars 2026 sans accord sur la réforme, le commerce électronique et l’agriculture. Les désaccords persistants entre l’Inde, le Brésil et les États‑Unis ont empêché la conclusion d’un compromis attendu.
OMC à Yaoundé : échec sur la réforme et le commerce électronique
Les délégations n’ont pas adopté la feuille de route visant à relancer l’OMC, frappée par le blocage du mécanisme de règlement des différends et par la règle du consensus. La directrice générale, Ngozi Okonjo‑Iweala, a reconnu que les membres avaient « travaillé dur » mais manqué de temps.
La reconduction du moratoire sur les droits de douane applicables aux échanges numériques, en place depuis 1998, n’a pas été votée. Les États‑Unis demandaient une reconduction permanente, tandis que des pays en développement menés par l’Inde craignaient une perte de recettes fiscales. Un compromis sur cinq ans avait brièvement émergé, mais le Brésil n’était prêt qu’à deux ans.
La directrice générale a rappelé que ce n’était pas la première expiration du moratoire, citant l’interruption entre Seattle et Doha, et a noté que l’absence d’accord ne signifie pas l’imposition automatique de droits de douane. Cette incertitude restera un point de tension pour les mois à venir.
Blocage persistant sur l’agriculture
Les négociations sur l’agriculture sont restées sans avancée notable, les positions restant profondément divergentes sur les subventions et l’accès aux marchés. Le Brésil a lié l’e‑commerce au dossier agricole pour protester contre l’absence de progrès, exacerbant les blocages.
Les 166 membres de l’organisation n’ont pas adopté la déclaration qui devait poser les bases d’un programme de travail agricole à Genève. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, avait averti que l’agriculture restait le secteur le moins progressé depuis trente ans, une réalité qui a pesé lourdement sur les discussions.
L’absence d’un cadre convenu pour poursuivre ces discussions à Genève laisse planer un fort risque de prolongation des tensions sur ce dossier.
Réactions internationales et enjeux pour le commerce mondial
La Chambre internationale de commerce a qualifié l’incapacité à aboutir d’ »particulièrement préoccupante », selon son secrétaire général, John Denton. Le secrétaire d’État britannique au Commerce, Peter Kyle, a parlé d’un « revers majeur mondial pour le commerce ».
Un haut responsable américain a confié à l’AFP que deux pays n’avaient pas été disposés à coopérer, sans les nommer. Les responsables insistent cependant sur le fait que l’expiration du moratoire n’entraîne pas mécaniquement une hausse immédiate des barrières tarifaires.
La conférence de Yaoundé illustre la difficulté à concilier intérêts divergents au sein d’une organisation de 166 membres, et ouvre une période d’incertitude pour les règles du commerce numérique et pour le programme agricole mondial.
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