L’Europe en pause : vers un compromis attendu au Moyen-Orient
Lecture rapide :
– Les Bourses européennes notamment le CAC 40 sont en recul ce début juin
– Le Brent perd près de 2%, le WTI chute à 90,68 dollars le baril
– Washington et Téhéran négocient sans progrès tangible, tension sur Ormuz
Les marchés européens terminent la première semaine de juin en territoire négatif, hormis Londres qui affiche un léger gain de 0,07%. Le CAC 40 recule de 0,32%, à 8 218 points, bien que l’indice parisien conserve un gain hebdomadaire de 0,43% et enregistre une troisième semaine consécutive de hausse. L’Euro Stoxx 50 chute de 0,63% alors que les investisseurs scrutent un possible accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient. Cette situation pèse également sur Wall Street : à la même heure, le Dow Jones abandonne 0,34%, à 51 385 points.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran restent indécises. Donald Trump a déclaré que son camp n’avait pas besoin d’un accord avec Téhéran pour accéder à de l’uranium enrichi, soulignant le caractère incertain des pourparlers. D’un côté, le président américain évoque un accord proche, parfois imminent, tandis que les Iraniens signalent l’absence de progrès « tangible ». Le vote symbolique de la Chambre des représentants américaine appelant à la fin des hostilités témoigne d’une montée de la pression politique aux États-Unis. Par ailleurs, un cessez-le-feu au Liban entre Israël et le Hezbollah, soutenu par Téhéran, est partiellement envisagé, mais le Hezbollah demande un retrait complet israélien, ce qui complique les négociations.
Le président libanais Joseph Aoun a lancé un avertissement à l’Iran, l’appelant à ne plus intervenir dans son pays et soulignant que la diplomatie demeure la seule solution face au conflit. L’Iran exige cependant que tout accord avec Washington prenne en compte la cessation des hostilités sur le front libanais.
Les tensions affectent la demande énergétique et les marchés pétroliers
Dans ce climat géopolitique tendu, les cours du pétrole continuent leur repli. Vers 17h45, le Brent se négociait à 94,50 dollars le baril, en baisse de 1,95%, tandis que le WTI américain reculait de 2,42%, atteignant 90,68 dollars. La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les hydrocarbures, contribue à cette volatilité, et l’incertitude perdure quant à la durée du blocage, accentuant les risques pour l’économie mondiale et les marchés financiers.
Dans le secteur industriel, Valeo a chuté de 2,83% après une semaine contrastée qui avait vu son action progresser de 23,86%. Cette très bonne performance s’explique par l’intérêt grandissant des analystes pour les activités non automobiles du groupe, notamment dans le domaine des centres de données et du stockage stationnaire d’énergie. Airbus a annoncé une hausse notable de ses livraisons, atteignant 81 appareils en mai, soit une progression de 59% par rapport à mai 2025, et totalisant 262 livraisons en 2026, confirmant son objectif annuel de 870 avions.
La situation bancaire européenne confrontée à des procédures judiciaires
À Londres, HSBC chute pour une troisième séance consécutive, perdant 0,26%. Une procédure judiciaire pourrait peser sur le titre : selon le journal Le Monde, HSBC Private Bank Switzerland est enquêtée par la justice française dans le cadre de l’affaire Riad Salamé. L’ex-gouverneur de la Banque centrale libanaise est suspecté d’avoir détourné plus de 300 millions de dollars, dont une partie transiterait par la filiale suisse du groupe bancaire britannique.
Perspectives économiques et décisions monétaires à venir
Le récent rapport sur l’emploi aux États-Unis dévoile une création de 172 000 postes en mai, contre 85 000 attendus, illustrant la vigueur persistante du marché du travail. Le taux de chômage reste stable à 4,3%. Ce dynamisme a fait grimper le rendement des obligations américaines à 10 ans de 4,47% à 4,54%, provoquant une baisse des indices boursiers. Le marché anticipait un statu quo des taux par la Réserve fédérale, mais les probabilités d’une hausse avant la fin de l’année sont désormais évaluées à 70%.
En Europe, les statistiques économiques restent molles : la production industrielle française a légèrement progressé de 0,1% en avril, contre des prévisions d’un recul. Le déficit commercial français a diminué à 5,64 milliards d’euros. Toutefois, le PIB de la zone euro a reculé de 0,2% au premier trimestre. La Banque centrale européenne devrait augmenter son taux directeur de 0,25 point, à 2,25%, lors de sa réunion du 11 juin, dans un contexte marqué par une inflation toujours supérieure à sa cible.
La Réserve fédérale tiendra sa prochaine réunion les 16 et 17 juin sous la présidence de Kevin Warsh. Malgré un contexte inflationniste et des tensions géopolitiques, Warsh est considéré comme favorable à des taux plus bas, mais la solidité de l’économie américaine et les risques inflationnistes rendent cette position moins certaine.
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