L’IA au service de la santé mentale : plus de 60 % d’utilisateurs malgré une forte insatisfaction
Une enquête conjointe d’AXA et d’IPSOS montre que plus de 60 % des répondants utilisent des outils d’intelligence artificielle pour des questions de santé mentale alors que près de 45 % se déclarent insatisfaits des réponses reçues. L’étude a interrogé 19 000 adultes âgés de 18 à 75 ans dans 18 pays entre le 12 janvier et le 16 février 2026.
IA et santé mentale : 63 % d’adoption, insatisfaction et usage intensif chez les jeunes
Le rapport Mind Health d’AXA et IPSOS identifie que 68 % des personnes sont potentiellement concernées par l’anxiété, le stress ou la dépression à des niveaux au moins légers. Cette proportion atteint 85 % chez les 18-24 ans, et près de 43 % de cette tranche déclarent des niveaux sévères ou très élevés de souffrance, contre 26 % en moyenne mondiale.
Enjeux réglementaires et institutionnels
Le traitement des données de santé reste encadré par la loi fédérale sur la protection des données révisée, qui impose des exigences de sécurité et de transparence pour les données sensibles. Les autorités suisses suivent les évolutions européennes relatives au règlement sur l’intelligence artificielle, tandis qu’assureurs, universités et centres de recherche évaluent l’intégration clinique des solutions.
L’usage massif des modèles généralistes développés par des acteurs comme OpenAI ou Google (Gemini) pose des questions de responsabilité et d’échelle clinique. Les experts d’AXA soulignent l’absence de garde-fous techniques permettant d’identifier automatiquement des signaux d’alerte et d’activer des procédures de relais vers des professionnel·le·s de santé.
Conséquences opérationnelles : 43 % des personnes en difficulté n’ont reçu aucune aide professionnelle au cours des 12 derniers mois, le coût et le manque de temps étant cités comme principaux obstacles. Près de 38 % des répondants font davantage confiance aux plateformes d’IA qu’aux professionnel·le·s, malgré une insatisfaction élevée.
Exemple concret : Léa, 22 ans, étudiante à Lausanne, consulte un chatbot la nuit pour gérer une crise d’anxiété. Le scénario illustre la nécessité d’outils validés, de mécanismes de triage, de procédures d’alerte interprofessionnelles et d’un cadrage réglementaire clair pour les assureurs et établissements hospitaliers.
Point d’attention technique : le temps d’écran moyen déclaré est de 4,1 heures par jour en Suisse, un facteur identifié comme aggravant de la détérioration du sommeil et de la concentration. Les acteurs publics et privés doivent intégrer ces contraintes dans la conception, la validation clinique et le déploiement opérationnel des solutions d’IA.