« J’ai piégé les Français » : l’incroyable escroquerie à 1,8 million d’euros orchestrée par une infirmière libérale
Lecture rapide :
– Infirmière condamnée pour fraude à l’assurance maladie
– 1,8 million d’euros détournés sur près de quatre ans
– Peine : 3 ans, dont 1 avec sursis et interdiction d’exercer
Pendant près de quatre ans, Gaëlle M., une infirmière libérale de 54 ans, a facturé des actes fictifs pour percevoir indûment des remboursements auprès de 24 caisses primaires d’assurance maladie en France. Le préjudice est estimé à près de 1,8 million d’euros, avec notamment 577 199 euros prélevés à la CPAM des Alpes-Maritimes et 219 583 euros à la CPAM du Loiret.
Escroquerie à l’assurance maladie : mode opératoire et réseau
Selon l’enquête, la prévenue a utilisé des liasses de feuilles de soins vierges, des ordonnances falsifiées et des identifiants patients accessibles via une Dropbox partagée par d’anciens associés. Pour échapper aux contrôles, elle a multiplié et dispersé des actes fictifs sous différents patronymes et lieux d’exercice.
Victimes, montants et détournements
Les sommes détournées ont été réparties sur tout le territoire. Outre les deux CPAM citées, d’autres organismes sont attendus pour déposer plainte, ce qui pourrait confirmer le total proche de 1,8 million d’euros. La procureure Sophie Cornélius a indiqué que 160 000 euros avaient été virés sur les comptes de deux de ses enfants et que l’argent avait été rapidement dépensé.
La prévenue a reconnu les faits tout en contestant le montant exact du préjudice. Elle a alterné aveux et justifications en invoquant des difficultés personnelles et familiales, déclarant notamment « J’ai volé les Français », une phrase reprise au procès.
Procès à Grasse et peine prononcée
Appréhendée en urgence à son domicile le 21 mai, avant une installation présumée en Suisse, Gaëlle M. a comparu devant le tribunal judiciaire de Grasse présidé par Stéphanie Lochon-Dallet. Poursuivie pour escroquerie, elle risquait jusqu’à sept ans d’emprisonnement.
Le tribunal a condamné la prévenue à 3 ans de prison, dont 1 an avec sursis probatoire de 3 ans, et prononcé une interdiction définitive d’exercer la profession d’infirmière. Pour la partie ferme de la peine, elle doit purger 2 ans en détention, la maintenant incarcérée.
À la défense, Me Julie Schlembach a contesté les montants réclamés et le renvoi sur intérêts civils demandé par la partie civile, qui suspecte un dissimulage des fonds en Suisse. L’arrêt des investigations et les dépôts de plaintes complémentaires détermineront l’étendue définitive du préjudice.
Vu par lemanfinance sur : Google News