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February 10, 2026
Catastrophes climatiques : Qui prendra en charge le coût des dégâts ?
Assurances

Catastrophes climatiques : Qui prendra en charge le coût des dégâts ?

Jan 13, 2026

Lecture rapide :
– Les assureurs suisses couvrent pour l’instant, mais la facture monte
5 milliards d’euros de pertes assurées en France en 2024
– Cressier (NE) : près de 11 millions de francs pour les pouvoirs publics

L’accélération des événements climatiques pose la question de la prise en charge des dégâts. En Suisse, les établissements d’assurance publics et privés continuent d’indemniser les sinistrés, mais des exemples récents montrent les tensions financières qui pèsent sur les caisses et les collectivités.

Coût des catastrophes climatiques en France et éléments chiffrés pertinents

Les estimations publiées pour 2024 reflètent une forte pression sur les assureurs français. France Assureurs évalue la facture à environ 5 milliards d’euros, ventilée en 2,2 milliards pour tempêtes, grêle et neige, 2 milliards pour catastrophes naturelles et 800 millions pour l’assurance récoltes. La Caisse centrale de réassurance publie une estimation distincte, plus réduite, de 2,17 milliards pour les grands événements, indiquant des périmètres d’évaluation différents.

Ces chiffres expliquent pourquoi, en France, plusieurs communes ont provisoirement perdu l’accès à une couverture ou ont renoncé à s’assurer face à des primes devenues prohibitives. La situation sert de témoin des risques auxquels sont confrontées des structures publiques et privées.

En Suisse l’exemple de Cressier (NE) : coûts pour la commune et les riverains

Les inondations de 2021 à Cressier ont coûté près de 11 millions de francs aux pouvoirs publics. La conseillère communale Isabelle Garcia indique que la commune a dû « débourser 2’390’000 francs », alors qu’elle dispose d’un budget annuel d’environ 10 millions et d’une capacité d’investissement annuelle proche de 400’000 francs.

Du côté des particuliers, malgré un accompagnement de l’Etablissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP), certains travaux n’ont pas été pris en charge. Yann Berger a dû augmenter son hypothèque de 50’000 francs pour financer la sécurisation et la remise aux normes, notamment pour des aménagements extérieurs non couverts.

La direction de l’assurance obligatoire, représentée par Jean-Michel Brunner, précise que l’assurance couvre environ « une zone d’un mètre autour de la maison », mais que l’aménagement extérieur reste à la charge du propriétaire.

Solidarité cantonale et risques de défaillance des caisses d’assurance

Les épisodes récents montrent que la solidarité entre institutions est parfois indispensable. Après un orage de grêle en 2021, l’établissement cantonal d’assurance de Lucerne a dû verser 480 millions de francs. Sans l’aide des autres établissements cantonaux d’assurance, l’ECA lucernois aurait risqué la banqueroute.

En Valais, les inondations de 2024 ont entraîné l’arrêt d’usines de groupes industriels, montrant l’ampleur économique des sinistres et la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Ces événements nourrissent le débat sur la soutenabilité d’une couverture généralisée à long terme.

La question centrale reste la capacité des assureurs à absorber des chocs de plus en plus fréquents et coûteux sans transférer la charge vers les collectivités ou les assurés.

Impact direct pour les sinistrés et limites des couvertures

Plusieurs cas locaux montrent que l’indemnisation n’efface pas toutes les pertes. Les assurances publiques couvrent certains risques mais laissent souvent à la charge des propriétaires des éléments extérieurs ou des aménagements spécifiques. Ces coûts non couverts peuvent nécessiter des prêts ou un recours à l’épargne personnelle.

L’accroissement des montants en jeu pose une interrogation sur le long terme : comment répartir la charge entre compagnies privées, établissements publics et assurés, sans mettre en péril des collectivités locales ?

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Julien Moreau

Julien possède plus de 10 ans d'expérience dans le secteur financier, ayant travaillé dans diverses institutions bancaires à Genève. Il a une expertise particulière dans les investissements, la gestion de patrimoine et les marchés émergents.

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