Le commerce de détail en Suisse : un retour à un équilibre mesuré en 2025
Lecture rapide :
– Commerce de détail stable en 2025 après des années d’incertitude
– Chiffre d’affaires cumulé +1,0 % en 2025
– E‑commerce +10 %, Food principal moteur
Après plusieurs années de pression inflationniste et d’incertitudes, le commerce de détail suisse a clos 2025 sur une note positive mais mesurée. Selon NIQ Markt Monitor, le chiffre d’affaires cumulé progresse de +1,0 % par rapport à 2024, une évolution qui traduit davantage une stabilisation progressive qu’un rebond marqué. Le comportement des ménages reste attentif aux prix et aux arbitrages.
Commerce de détail suisse 2025 : panorama général et confiance des consommateurs
Le contexte macroéconomique est resté globalement stable en 2025. L’indice de confiance des consommateurs du Bundesamt für Statistik affichait -31 points en décembre, proche du niveau de l’année précédente, et l’inflation annuelle moyenne est restée contenue à +0,2 %. Ces paramètres ont préservé le pouvoir d’achat sans pour autant relancer une consommation expansive.
La croissance observée s’inscrit donc dans une logique de normalisation où les ménages font des choix réfléchis plutôt qu’un relâchement des comportements d’achat. Cette prudence structure l’ensemble des segments du commerce de détail.
Alimentaire : Food et Nearfood en tête
Le segment Food et Nearfood reste le principal moteur avec une hausse de +1,2 % sur l’année. La dynamique interne est contrastée : les confiseries et snacks montrent la plus forte progression en valeur, portée par des hausses de prix malgré une légère baisse des volumes. Les produits surgelés gagnent en raison d’une hausse des quantités vendues, tandis que les ingrédients culinaires stagnent en valeur, les baisses de prix compensant la montée des volumes.
Selon Silke Volejnik, Retail Leader chez NielsenIQ Switzerland, le marché FMCG demeure stable avec des impulsions visibles dans l’alimentaire et une demande ciblée, signe d’une consommation consciente mais pas contrainte.
Boissons et produits frais : arbitrages et sensibilité aux prix
Le marché des boissons recule légèrement, pénalisé par la baisse continue de la consommation d’alcool. Les formats Ready‑to‑Drink affichent en revanche une forte progression, tant en valeur qu’en volume, et les boissons sans alcool gagnent modestement, notamment l’eau minérale malgré des prix en hausse. Les jus subissent une pression due aux augmentations tarifaires.
Les produits frais enregistrent un solide gain tiré par la demande : boucherie, laitages et fruits progressent. Pour les fruits, la baisse des prix stimule fortement les volumes, tandis que les légumes voient leur chiffre d’affaires reculer malgré une hausse des quantités vendues en raison de fortes diminutions tarifaires.
Nonfood, électronique et e‑commerce : contrastes et tendances structurelles
Le Nonfood affiche une croissance cumulée de +0,6 %, avec des performances hétérogènes selon les segments et le contexte climatique. Un hiver pauvre en précipitations a pesé sur les articles liés aux sports d’hiver et à l’outdoor, tandis que les loisirs ont profité d’une forte demande pour les jouets, notamment les jeux de construction et puzzles.
L’électronique grand public connaît une évolution positive : ordinateurs, notebooks et consoles de jeux figurent parmi les produits les plus demandés, ainsi que plusieurs catégories de petits appareils électroménagers. Le bricolage a bénéficié de la demande estivale pour climatiseurs, ventilateurs et tondeuses robotisées. La mode reste en repli, affectée par la baisse des ventes de catégories clés et par l’hiver peu favorable aux vêtements de ski.
La vente en ligne confirme son ancrage structurel avec une croissance cumulée d’environ +10 % en 2025. Cette progression souligne les enjeux d’omnicanalité pour les distributeurs, sur les plans logistique et relation client.
L’exercice 2025 met en lumière la capacité d’adaptation du commerce de détail suisse dans un environnement modérément porteur. Les perspectives restent prudentes, avec une croissance du PIB attendue à +1,4 % et une inflation durablement faible, indiquant une trajectoire de normalisation plutôt qu’un retour à une forte expansion.
Vu par lemanfinance sur : NIQ Markt Monitor