milliards de dollars de revenus : quand le colosse indien de l’or peine à justifier 99,8 % de ses chiffres
Lecture rapide :
– Rajesh Exports contesté pour 158 milliards de dollars
– 99,8 % des revenus attribués aux filiales mis en cause
– Interdiction provisoire et nouvel audit ordonnés le 3 juin
La Securities and Exchange Board of India (SEBI) a rendu publique une ordonnance provisoire le 3 juin visant Rajesh Exports, le groupe indien propriétaire du raffineur suisse Valcambi. Le régulateur accuse l’entreprise d’avoir comptabilisé à tort environ 158 milliards de dollars, soit 99,8 % du chiffre d’affaires qu’elle attribuait à ses filiales entre 2020-2021 et 2024-2025.
En quoi consistent les anomalies financières reprochées à Rajesh Exports
La SEBI affirme que les commissaires aux comptes n’ont pas réussi à rapprocher les chiffres communiqués par Rajesh Exports avec les registres comptables des filiales. Selon l’ordonnance signée par Kamlesh Chandra Varshney, le groupe aurait présenté à tort « environ 15 15 385 crores INR [158 milliards de dollars] », montant représentant 99,8 % des revenus attribués aux filiales.
Le régulateur reproche au groupe d’avoir inscrit comme chiffre d’affaires la valeur brute de l’or raffiné, alors qu’une grande partie de ce métal appartenait aux clients et n’était transformée que contre rémunération. Cette pratique gonflerait artificiellement les revenus consolidés. L’audit demandé visera à établir si les écritures reflètent réellement des ventes ou des services de raffinage.
Cette section met en lumière le cœur de l’accusation : la différence entre marge de raffinage et valeur brute de l’or. C’est le point clé du contrôle.
Origine de l’enquête et pièces manquantes
L’enquête remonte à une plainte d’un actionnaire déposée en mars 2024 concernant des créances commerciales élevées. La SEBI indique que malgré des demandes répétées, Rajesh Exports n’a pas fourni les registres de propriété, ni les états de rapprochement ni de preuves de transaction.
Le manque de documents a conduit le régulateur à interdire temporairement à Rajesh Mehta, fondateur et président, d’opérer sur le marché des valeurs mobilières et à ordonner un nouvel audit judiciaire. L’action vise à vérifier l’existence, la propriété et la traçabilité des flux d’or et des transactions déclarées.
Le dossier repose donc sur l’absence de pièces justificatives essentielles demandées par la SEBI.
Transactions présumées et implications pour le marché
La SEBI pointe également des transactions présumées d’environ 11 487 crores de roupies (environ 1,3 milliard de dollars) impliquant le courtier Affluence Shares and Stocks. Ce courtier a déclaré au régulateur que Rajesh Exports n’a jamais été son client et qu’aucune transaction n’a eu lieu, souligne l’ordonnance.
L’affaire survient alors que le marché de l’or tokenisé se développe et que l’or retrouve une narration de valeur refuge auprès des investisseurs. Les interrogations portent désormais sur la façon dont les flux d’or physique sont évalués et déclarés par les groupes intégrés verticalement.
La portée potentielle dépasse Rajesh Exports : elle interroge la transparence des chaînes de valeur de l’or au moment où les marchés redessinent leur appétit pour les actifs sécuritaires.
Un analyste cité dans le dossier estime que « l’Inde pourrait bien avoir été le théâtre de l’une des plus grandes fraudes comptables de son histoire », formulation reprise par la presse spécialisée dans le suivi des marchés des matières premières.
Vu par lemanfinance sur : Google News