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April 29, 2026
Colocation à tout âge : pourquoi 30, 40, 50 ou 60 ans choisissent de vivre ensemble bien au-delà des années étudiantes
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Colocation à tout âge : pourquoi 30, 40, 50 ou 60 ans choisissent de vivre ensemble bien au-delà des années étudiantes

Avr 12, 2026

Lecture rapide :
– La colocation séduit désormais des actifs et des retraités.
43% des candidats à la colocation sont des actifs (baromètre Oqoro, 2025).
– Le nombre de plus de 35 ans a progressé pour atteindre près d’un utilisateur sur cinq sur La Carte des colocs.

Longtemps cantonnée aux années étudiantes, la colocation s’étend aujourd’hui à des profils variés. Selon le baromètre de l’agence de gestion locative Oqoro publié en juillet 2025, 43% des candidats à la colocation sont des actifs, souvent en début de carrière. Les données de La Carte des colocs montrent que la part des plus de 35 ans a augmenté de 10 points en six ans, l’âge moyen passant de 26 en 2016 à plus de 29 ans aujourd’hui, signe d’une évolution structurelle du marché.

Colocation après 30 ans : quête de lien social et nouvelles pratiques

Pour des acteurs comme Thibaut Ehrhart, cofondateur de La Carte des colocs, l’explication dépasse la seule contrainte financière et renvoie à une véritable recherche de sociabilité. De nombreux colocataires gardent des liens d’amitié avec leurs anciens partenaires de logement et cherchent à renouveler cette expérience par choix plutôt que par nécessité.

Dans le canton du Valais, Marie‑Renée, retraitée, illustre ce phénomène: elle a accueilli des étudiants dès 2010 et perçoit la colocation comme un antidote à la solitude. Les relations nouées ont donné lieu à voyages communs et à des interactions durables, montrant que la cohabitation produit parfois des réseaux affectifs prolongés.

Cette dimension relationnelle explique en partie l’adhésion d’actifs et de retraités: la colocation devient un mode de vie centré sur le collectif et le quotidien partagé, et non seulement une solution de logement. Cette évolution redéfinit les formes de sociabilité urbaines et périurbaines.

Habitat participatif : un autre visage de la vie partagée

L’habitat participatif mêle espace privé et équipements communs pour offrir de l’autonomie sans isolement. À Grenoble, l’association Les Naïfs gère une bâtisse en U où les treize appartements partagent une vaste pièce commune, un garage à vélos et une salle de jeu; la cohabitation peut réunir jusqu’à soixante personnes lors d’événements.

Pour Anouk, artiste de cirque de 32 ans, ce modèle constitue «un compromis idéal» : un studio individuel dans un projet multigénérationnel qui favorise l’entraide, la convivialité et la prise en charge collective d’un voisin malade. L’exemple montre que l’habitat participatif privilégie la solidarité concrète et une organisation collective du quotidien.

L’habitat participatif pose des règles de vie partagée et mobilise des outils associatifs ou coopératifs, contribuant à construire des communautés stables au-delà d’un simple partage financier. Cette formule ancre la colocation dans des logiques durables.

Coliving en ville : essor commercial et réactions politiques

Le modèle dit de «coliving», proposant des chambres meublées avec services inclus, a connu un développement notable en Île‑de‑France. L’Institut Paris Région a recensé début 2025 dix‑huit résidences de plus de cinquante chambres, soit environ 7 500 lits, avec des projets similaires en cours.

Les loyers s’établissent souvent entre 1 000 et 1 200 € pour une chambre à Paris intra‑muros, le modèle tirant sa rentabilité des services fournis (ménage, wifi, assurances). Ces pratiques ont suscité des critiques: le Conseil de Paris a adopté le 8 octobre 2025 la délibération «Paris, zéro coliving» et une proposition de loi a été déposée en novembre 2025 par le sénateur Ian Brossat pour encadrer ce secteur.

La controverse oppose une offre commerciale ciblant les jeunes actifs et des acteurs publics inquiets d’une marchandisation du logement partagé. Le débat met en lumière la tension entre innovation locative et régulation urbaine.

Initiatives solidaires : cohabitations à finalité sociale

À contre‑courant des modèles marchands, des structures misent sur la solidarité. L’association Pause toit, créée en 2023, héberge des parents en instance de séparation dans des lofts partagés du XXe arrondissement de Paris pour des durées limitées à dix‑huit mois, à des loyers inférieurs au marché.

La fondatrice, Valérie Dagut, indique qu’environ 40% des familles hébergées adhèrent au concept et souhaitent prolonger l’expérience, cherchant surtout l’entraide et la compréhension entre adultes confrontés à des situations similaires. Le modèle reste toutefois plus facile à déployer hors des grandes métropoles, là où les loyers sont moins prohibitifs.

La cohabitation intergénérationnelle s’inscrit aussi dans un cadre légal: la loi Elan de 2018 permet aux personnes de 60 ans et plus de louer une partie de leur logement à des moins de 30 ans via un contrat solidaire, favorisant le lien social en échange de services modestes. Des témoignages, comme celui d’Elvina et de sa logeuse Anna, montrent que ces arrangements peuvent générer des relations proches et durables.

Ces initiatives montrent que la colocation peut répondre à des objectifs sociaux précis, du soutien aux familles monoparentales au maintien du lien entre générations. La diversité des formats souligne la capacité du logement partagé à se réinventer selon des logiques non marchandes.

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Julien Moreau

Julien possède plus de 10 ans d'expérience dans le secteur financier, ayant travaillé dans diverses institutions bancaires à Genève. Il a une expertise particulière dans les investissements, la gestion de patrimoine et les marchés émergents.

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