La cimenterie du port de Montoir obtient l’autorisation préfectorale sous conditions strictes
Lecture rapide :
– Feu vert préfectoral sous conditions
– 600’000 tonnes de ciment bas carbone par an
– 55 millions d’euros d’investissement et 35 emplois
La préfecture de Loire-Atlantique a publié un arrêté le 20 février 2026 autorisant l’installation de la cimenterie Coastline West sur plus de 6 hectares de la zone portuaire de Montoir-de-Bretagne, entre les sites Yara et Cargill. La décision suit la consultation publique et impose des prescriptions précises sur les nuisances et la compensation écologique.
Autorisation préfectorale et caractéristiques du projet de cimenterie à Montoir
Le site accueillera une unité de production de liant hydraulique dite « bas carbone » capable de fabriquer jusqu’à 600’000 tonnes par an. Les matières premières seront livrées par bateau, les produits finis évacués par train ou camion. Le propriétaire du projet est le groupe suisse F.Scott.
Les travaux sont prévus pour une durée de 18 mois, avec une mise en service envisagée d’ici fin 2027. Le coût annoncé est de 55 millions d’euros et l’activité devrait générer 35 emplois directs sur le site.
Mesures imposées pendant les travaux et compensations écologiques
La préfecture autorise la destruction d’un plan d’eau et le bitumage d’une friche pour installer des zones de stockage et des équipements de broyage et combustion, mais impose des contraintes strictes pendant les travaux. Il est notamment interdit d’effectuer des brûlages à l’air libre et des arrosages réguliers seront obligatoires pour limiter l’envol des poussières.
L’arrêté exige la restauration d’une zone de friche au nord-est du site et la création de trois mares de 200 à 100 m2 chacune. L’industriel devra transférer et suivre les amphibiens menacés vers ces mares, par l’intervention d’un « bureau d’étude compétent ». La préfecture rappelle que la coupe de végétation est interdite avant mai en raison de la période de reproduction.
Les autorités ont signalé la présence d’une douzaine d’espèces protégées sur la parcelle, ce qui motive les obligations de compensation et de suivi écologique prévues par l’arrêté.
Surveillance des émissions et enjeux sanitaires
La préfecture impose un suivi annuel des émissions atmosphériques, avec une attention particulière portée au chrome VI, substance classée hautement cancérogène et présente dans le clinker utilisé par l’usine. Coastline West s’engage à installer des systèmes de filtration et à réaliser des prélèvements, mais l’arrêté ajoute des contrôles officiels chaque année.
Après trois ans de mesures satisfaisantes — définies par un flux horaire inférieur à 0,5 g — la fréquence des contrôles pourra être espacée à un rythme de cinq ans. Ces dispositions traduisent la volonté des services de l’État de lier l’autorisation d’exploitation à des critères mesurables.
Le projet intervient dans un secteur industriel en transformation, avec un site Seveso à proximité et des élus et riverains exprimant des réserves. La préfecture évoque la nécessité d’une industrie moins émettrice de CO2, soulignant que le secteur cimentier représente environ 8 % des émissions mondiales de CO2 selon l’Agence internationale de l’énergie.
L’usine produit un liant hydraulique « bas carbone », matériau utilisé en construction et voirie, mais dont la fabrication implique l’utilisation de clinker, source potentielle d’émissions de chrome VI. Les conditions préfectorales visent à réduire les risques pendant les phases de chantier et d’exploitation et à compenser les impacts sur les milieux humides.
Vu par lemanfinance sur : Radio France