Le cours des actions d’ams OSRAM s’envole suite à la révision à la hausse par Jefferies
Jefferies a relevé sa recommandation sur ams OSRAM de Neutre à Achat et a porté son objectif de cours de 8,30 CHF à 21 CHF, entraînant un bond de plus de 6% du titre.
Impact de la révision Jefferies sur la valorisation et le calendrier commercial
La note des analystes, conduite par Janardan Menon, identifie une combinaison de reprise cyclique et d’opportunités structurantes pour justifier la révision. Le courtier cite une reprise des commandes dans les activités automobile et industrielle et deux axes de croissance technologique à plus long terme.
Un accord de développement a été signé avec un partenaire d’infrastructure de centres de données IA de premier plan, non nommé, pour concevoir des micro-émetteurs optiques, et Jefferies estime que des revenus commerciaux liés à la photonique IA pourraient émerger à partir de 2029, potentiellement à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros par an.
Caractéristiques techniques des microLED pour interconnexions optiques
La technologie évoquée utilise des réseaux de microLED comme alternative aux lasers à base de phosphure d’indium, avec des gains attendus en largeur de bande, consommation énergétique et redondance. Des acteurs majeurs tels que Microsoft et Marvell travaillent sur des approches similaires, selon la note.
L’exploitant helvétique fictif Helvetic DataServices illustre le besoin opérationnel : pour des liaisons hyperscale, une faible consommation et une largeur de bande accrue réduisent les coûts d’opération et les exigences de refroidissement, mais imposent des tests de fiabilité et des certifications longues.
Opportunité AR: engagement avec Meta et potentiel de revenus unitaires
ams OSRAM est engagé avec Meta sur des composants destinés aux lunettes de réalité augmentée. Jefferies évalue la valeur des composants microLED et associés à plus de 50 € par unité et retient un scénario de 5 millions d’unités en 2028, soit un potentiel d’environ 375 000 000 € de revenus.
La commercialisation grand public pose des contraintes logistiques et industrielles : qualification des composants, responsabilité produit et chaîne d’approvisionnement à l’échelle, ce qui conditionne l’échelonnement des recettes.
Conséquences opérationnelles, régulatoires et risques
La reprise des commandes en février-mars et des stocks chez les équipementiers automobiles estimés à 4 à 6 semaines suggèrent un cycle de reconstitution susceptible de soutenir les ventes à court terme. Cela réduit cependant la visibilité sur les marges jusqu’à stabilisation des volumes.
Au plan réglementaire, les autorités fédérales suisses suivent l’évolution de l’AI Act européen et des règles d’exportation pour technologies duales, posant des questions de souveraineté numérique et de contrôle des transferts technologiques. Les centres de recherche suisses comme EPFL et CSEM restent des acteurs clés pour l’adaptation des procédés industriels.
Les points d’attention comprennent l’échéance tardive de commercialisation annoncée, le besoin d’investissements pour montée en capacité, la normalisation technologique et la dépendance aux grands donneurs d’ordre pour atteindre des volumes industriels. Ces éléments déterminent la matérialisation effective des projections de Jefferies.