Le Zimbabwe s’apprête à restituer des dizaines de fermes confisquées à des étrangers depuis plus de 20 ans
Lecture rapide :
– Le Zimbabwe va restituer des fermes confisquées à des étrangers depuis plus de 20 ans
– Plus de 800 fermesrendues à Zimbabwéens; 400 agriculteurs blancsautorisés à racheter
– Restitutions ciblent des ressortissants du Danemark, de la Suisse, d’Allemagne et des Pays-Bas
Le gouvernement de Emmerson Mnangagwa a annoncé devant le Parlement une série de mesures visant à restituer des terres confisquées lors des réformes agraires des années 2000. Le ministre de l’Agriculture a précisé que ces décisions ne remettent pas en cause le programme de réforme agraire mené sous Robert Mugabe, mais visent à clore des litiges anciens et à honorer des accords bilatéraux d’investissement.
Zimbabwe restitution de fermes confisquées à des étrangers : périmètre et pays concernés
Les restitutions visent des agriculteurs originaires du Danemark, de la Suisse, d’Allemagne et des Pays-Bas, selon l’annonce faite au Parlement. Le geste est présenté comme destiné à respecter des accords d’investissement et à clarifier les questions de propriété et de droit foncier sur ces terres.
Conséquences pour l’agriculture : des fermes à redévelopper
Selon Johan Willemse, professeur sud-africain d’économie agricole, la plupart des infrastructures des fermes restées inoccupées ont disparu. Il estime qu’« il faudrait redévelopper ces fermes à partir de zéro » et cite des risques humains et financiers importants pour les investisseurs qui voudraient revenir.
Willemse, dont le père possédait une ferme au Zimbabwe, juge que la mesure cherche surtout à apaiser des pays occidentaux pendant que Harare négocie une restructuration de sa dette. Cette lecture alimente le scepticisme international.
Chiffres annoncés et historique des indemnisations
Le gouvernement a indiqué que plus de 800 fermes seront rendues à des Zimbabwéens noirs qui les occupaient avant l’époque coloniale. Environ 400 agriculteurs blancs se verront offrir la possibilité de racheter leur terre pour y rester.
En 2020, Harare avait évoqué un mécanisme de compensation de 3,5 milliards de dollars pour l’ensemble des fermiers expropriés, mais sans disposer des fonds nécessaires pour le mettre en œuvre.
Scepticisme et enjeux de la restitution pour la propriété et le droit foncier
Des observateurs soulignent que la restitution pose des questions pratiques et juridiques sur la remise en état des terres et la sécurité de la propriété. Le gouvernement argue d’un retour à la normale sur le plan du droit foncier, mais les acteurs agricoles restent prudents face aux coûts et aux incertitudes.
La démarche intervient alors que Harare cherche à améliorer son image auprès de créanciers et de partenaires internationaux, une dimension qui alimente le scepticisme quant à la portée réelle des restitutions.
Avec notre correspondante régionale, Claire Bargelès.
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