Wall Street fléchit légèrement face à des vents contraires persistants, clôturant un mois de février en territoire négatif
Lecture rapide :
– Wall Street termine le mois de février en territoire négatif.
– S&P500 -0,43% à 6 880, Dow Jones -1,05% à 48 978.
– Pressions : pétrole, inflation et inquiétudes sur l’IA.
Les indices américains ont fini la séance de vendredi en ordre dispersé mais globalement dans le rouge, suffisant pour faire basculer les bilans hebdomadaires et mensuels en territoire négatif. Le S&P 500 recule de 0,43% à 6 880 points, le Dow Jones perd 1,05% à 48 978 points tandis que le Nasdaq cède 0,92% à 22 668. Le Russell 2000 abandonne 1,7% à 2 632.
Marchés pénalisés par la flambée du pétrole et la persistance de l’inflation
Le repli intervient sur fond d’une flambée du pétrole d’environ 3%, déclenchée par le refus de l’Iran de renoncer à ses programmes nucléaires. Les données économiques ont renforcé les tensions : le PCE est ressorti à 2,9% et l’indice des prix à la production a progressé de 0,5% en janvier, soit 2,9% en rythme annuel, au-dessus des attentes.
L’afflux de mauvaises nouvelles pèse aussi sur le secteur technologique, où le regain d’inquiétude autour de l’IA se conjugue à des publications et mouvements de marché très dispersés.
Architecture du repli : valeurs tech, semi-conducteurs et poids des sommets
Le Nasdaq-100 affiche un repli modéré (-0,3% à 24 960), masque en partie par le bond de Netflix (+13,3%) après l’abandon d’une offre sur Warner. À l’inverse, Zscaler plonge de 13,4% après une perte trimestrielle plus lourde que prévu, mais sa capitalisation reste bien inférieure à celle de Netflix.
Le secteur des semi-conducteurs, résumé par l’ETF SOXX, recule d’environ 2%. Parmi les valeurs, Broadcom, Applied Materials et Micron perdent autour de 0,9% en moyenne, AMD -1,7% et Datadog -3,9%. Les poids lourds de la tech poursuivent leur repli collectif : Apple –3,2%, Microsoft –2,2%, Tesla –1,5%, Meta –1,35%.
Pression sur le secteur financier et signaux de crédit
Le Dow Jones a souffert du recul des valeurs financières. Le secteur bancaire signe la pire performance : Citigroup –5,2%, Wells Fargo –5,6%, Morgan Stanley –6,25%, Apollo Global –8,6%. L’activité crédit est sous tension après les difficultés de Blue Owl sur le segment PME/PMI.
Parallèlement, les niveaux de défaut sur le crédit à la consommation atteignent des records depuis 2008, notamment sur le revolving, les prêts auto et l’immobilier commercial, ce qui alimente les craintes sur la qualité des bilans bancaires.
Gagnants isolés et mesures d’entreprises
Quelques valeurs tirent leur épingle du jeu. Dell explose en Bourse, gagnant près de 22% après des perspectives optimistes pour 2027 et l’annonce d’une distribution accrue de liquidités. Block progresse de 16,6% suite à l’annonce de la suppression de 4 000 postes, soit près de la moitié de ses effectifs, dans le cadre d’une réorientation vers l’intelligence artificielle.
Sur le plan réglementaire et géopolitique, la Maison-Blanche a demandé l’arrêt immédiat par les agences fédérales de l’utilisation des outils d’Anthropic, après le refus public du dirigeant d’Anthropic d’autoriser l’usage de ses technologies pour la surveillance de masse ou des systèmes d’armes entièrement autonomes.
Géopolitique : échec apparent des pourparlers avec Téhéran et retombées
Le climat s’est alourdi avec les déclarations publiques en Iran. L’ayatollah Ahmad Khatami a affirmé que la République islamique n’accepterait pas la suspension de l’enrichissement d’uranium « ni temporairement, ni partiellement ». Les pourparlers de Genève, qui visaient le démantèlement de sites comme Fordow, Natanz et Ispahan, semblent compromis.
Les réactions internationales se multiplient : l’Inde et la Chine ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran, l’Allemagne a averti ses citoyens en Israël, l’ambassade américaine à Beyrouth a entamé une évacuation et Ankara suspend ses vols vers l’Iran. Le VIX a augmenté d’environ 6,5%, reflétant principalement un risque géopolitique.
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