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June 18, 2026
Comment TotalEnergies parvient presque à éviter l’impôt sur les bénéfices en France
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Comment TotalEnergies parvient presque à éviter l’impôt sur les bénéfices en France

Juin 18, 2026

Lecture rapide :
TotalEnergies paie peu d’impôt sur les sociétés en France malgré de forts bénéfices mondiaux
95 millions de dollars d’impôt sur les sociétés versés en France en 2024
– Le groupe affirme régler en moyenne ~25 milliards $ d’impôts et taxes par an (2022-2025)

Souvent interpellé pour la faiblesse de son impôt sur les sociétés en France, TotalEnergies a défendu sa position lors d’une audition du PDG Patrick Pouyanné devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. Le groupe affirme contribuer massivement aux finances publiques à l’échelle mondiale, mais la répartition de ses bénéfices explique, selon lui, l’ardoise française relativement modeste.

Comment la territorialité fiscale réduit l’assiette imposable en France

La direction de TotalEnergies rappelle qu’elle paie des impôts « là où elle réalise des bénéfices », principalement dans les pays producteurs d’hydrocarbures. Le groupe indique un niveau moyen d’impôts et taxes à la production d’environ 25 milliards de dollars par an entre 2022 et 2025, pour un chiffre d’affaires d’environ 200 milliards $ annuels.

Les principaux pays contributeurs en 2024 étaient la Norvège (3,5 milliards $), le Nigeria (1,34 milliard $), le Royaume-Uni (1,3 milliard $) et l’Angola (698 millions $). Selon le groupe, certains États producteurs appliquent des taux effectifs d’imposition très élevés, parfois compris entre 50% et 80%, ce qui concentre la charge fiscale hors d’Europe.

Principe de territorialité et pratiques commerciales internes

Le principe de territorialité empêche la double imposition : une filiale française est imposée sur ses bénéfices locaux uniquement. TotalEnergies ne produisant pas de pétrole en France, ses profits mondiaux réalisés dans l’extraction échappent à l’assiette française.

La filiale française achète par ailleurs des matières premières à d’autres entités du groupe, ce qui augmente ses charges et réduit ses bénéfices déclarés en France. Cette mécanique comptable est avancée par des économistes pour expliquer l’absence ou la faiblesse de l’IS français payé par le groupe.

Le cas français : chiffres et anomalies apparentes

Pour 2024, TotalEnergies indique des prélèvements obligatoires en France de l’ordre de 2,1 milliards $, dont environ 1 milliard $ au titre des charges patronales et diverses taxes. La composante impôt sur les sociétés, elle, s’élève à seulement 95 millions $.

À titre de comparaison communiquée publiquement, le patron de LVMH a évoqué un paiement d’environ 6 milliards € d’IS en 2024, dont une part significative en France. TotalEnergies a de son côté déclaré avoir été redevable de l’IS en France à six reprises depuis 2015, sans préciser le montant cumulé.

Résultat opérationnel français et explication sectorielle

Le segment français « Raffinage-chimie » affichait un déficit cumulé de 5,5 milliards € à la fin de 2025, selon les données rendues publiques. Les activités de raffinage et de distribution sont décrites par des analystes comme « structurellement peu rentables » en France et en Europe, ce qui pèse sur l’assiette imposable locale.

Cette configuration explique en grande partie pourquoi un groupe aux bénéfices mondiaux élevés peut apparaître comme presque exonéré d’IS dans l’Hexagone : l’essentiel des profits est réalisé et imposé dans des juridictions productrices.

Enjeux publics et point de friction politique

La disparité entre les bénéfices mondiaux du groupe et la faiblesse de l’IS payé en France alimente un débat public et politique sur la taxation des « super-profits ». Les opposants soulignent l’écart entre la visibilité et la capacité contributive du groupe et la charge fiscale réellement acquittée en France.

De son côté, TotalEnergies met en avant sa répartition fiscale internationale et rappelle que l’imposition suit là où les bénéfices sont réalisés. L’argumentaire se heurte toutefois à une perception publique de faible contribution au titre de l’impôt sur les sociétés en France, malgré des prélèvements sociaux et taxes divers.

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Antoine Aeschlimann

Pour Léman Finance, je décrypte l’actualité juridique et réglementaire liée aux questions économiques et financières, et je m’autorise également à sortir de mes thématiques habituelles pour analyser des faits d’actualité populaire.

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