Affaire Tariq Ramadan : la France émet un mandat d’arrêt dans le cadre des accusations de viols
La cour criminelle départementale de Paris a décidé le 6 mars 2026 de juger par défaut Tariq Ramadan et a émis un mandat d’arrêt international à son encontre après son absence à l’ouverture du procès. L’islamologue, hospitalisé à Genève deux jours avant l’audience selon sa défense, n’était pas présent lorsque la cour a rendu sa décision.
Affaire Tariq Ramadan mandat d’arrêt international et jugement par défaut à Paris
Deux neurologues désignés par la justice française ont rendu un rapport indiquant que Tariq Ramadan « peut comparaître » devant la cour, concluant à la stabilité de la sclérose en plaques sans signe de poussée récente. La défense avait produit un certificat médical évoquant une grande fatigue et demandé un renvoi du procès pour une courte période de repos.
Le ministère public, représenté à l’audience par l’avocat général Philippe Courroye, a estimé que l’hypothèque médicale était levée et qu’aucun renvoi n’était acceptable, demandant l’émission d’un mandat d’arrêt international qui a été ordonné. Les avocats de la défense ont quitté la salle après l’énoncé du dispositif.
Conséquences pour la coopération judiciaire franco-suisse et déroulé du procès
La procédure va se dérouler par défaut et à huis clos pour les parties, avec une tenue des audiences prévue jusqu’au 27 mars 2026 pour des faits reprochés entre 2009 et 2016. L’accusation porte sur des faits visant trois femmes, qualifiés notamment de viol aggravé et impliquant des chefs passibles de peines pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion.
La délivrance d’un mandat d’arrêt international engage des démarches d’exécution et de coopération entre autorités pénales, y compris la transmission via les canaux d’entraide judiciaire et potentiellement une demande d’extradition si l’intéressé reste en Suisse. Un observateur juridique genevois fictif appelé Marc Fournier souligne que la mesure crée une contrainte pratique pour les services d’enquête et les juridictions cantonales en matière d’entraide.
La condamnation antérieure de Tariq Ramadan en Suisse pour un viol sur une femme alourdit le contexte procédural et médiatique, tandis que la défense continue d’annoncer des voies de recours et de nouvelles expertises. La tension entre calendrier judiciaire et contraintes médicales reste au cœur des contentieux transfrontaliers.