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January 19, 2026
Suisse – Le carrefour incontournable des matières premières
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Suisse – Le carrefour incontournable des matières premières

Déc 26, 2025

Lecture rapide :
– Suisse, plaque tournante du négoce mondial des matières premières
– 35% pétrole, 60% métaux, 50% céréales, 40% sucre
– Appel de Public Eye pour une autorité de surveillance (ROHMA)

La Suisse demeure le plus grand hub mondial du négoce de matières premières, contrôlant une part significative des marchés mondiaux avec 35% du pétrole, 60% des métaux, 50% des céréales et 40% du sucre. Les acteurs majeurs sont des groupes de négoce installés en Suisse tels que Vitol, Trafigura, Gunvor, Mercuria et Glencore.

Suisse : marché, chiffres et poids économique du négoce des matières premières

Le négoce en Suisse a généré une valeur ajoutée estimée à 19,2 milliards de francs l’an passé. Les estimations indiquent que le secteur représente aujourd’hui environ 10% du PIB suisse, la place ayant vu les profits du transit commercial dépasser pour la première fois la création de valeur du secteur financier en 2022.

Structures, localisation et effectifs

Selon les statistiques, environ 900 entreprises bénéficient d’un régime fiscal favorable en Suisse et emploient quelque 10’000 personnes. Le canton de Genève concentre le plus grand nombre de sièges : 329 sièges recensés à la fin 2023.

La plupart des marchandises, à l’exception de l’or, n’entrent pas physiquement en Suisse. Le pays, dépourvu de ressources naturelles, s’est imposé grâce à des avantages fiscaux, sa puissance financière, une régulation historiquement légère et une politique d’embargos permissive.

Intégration verticale des traders suisses et exemples récents

Les grands négociants suisses ont élargi leurs activités au-delà du commerce pur, en acquérant des mines, des licences d’exploration, des entrepôts et des réseaux de stations-service. Cette tendance a été illustrée par la fusion entre Glencore et Xstrata en mai 2013, qui a rapproché exploitation et négoce au sein d’un même groupe.

La montée en chaîne des activités a coïncidé avec une forte hausse des résultats financiers. Par exemple, Glencore a réalisé un bénéfice supérieur à 17 milliards de francs en 2022, soit environ 26 fois sa moyenne annuelle 2015–2019, tandis que d’autres négociants ont également profité de la volatilité post-pandémie.

Conséquences pour les pays producteurs et appels à régulation

La domination suisse sur certains marchés pèse aussi sur les pays producteurs. Entre 2011 et 2013, environ un quart du pétrole acheté auprès de compagnies nationales africaines a transité par des négociants suisses, qui ont acquis plus de 500 millions de barils pour une valeur de plus de 55 milliards de dollars. Cette manne représentait près de 12% des recettes publiques et doublait l’ensemble de l’aide publique au développement reçue par ces pays sur la période.

L’ONG Public Eye souligne le rôle de certains groupes suisses dans le phénomène dit de « resource curse », via des pratiques proches de la corruption avec les élites locales. Le Conseil fédéral avait déjà relevé ces risques dans son rapport de transparence de juin 2014, mais aucune mesure contraignante n’a été adoptée depuis. Public Eye propose la création d’une autorité de surveillance, ROHMA, chargée de réguler les activités des négociants et des raffineries d’or.

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David Marchand

Trader indépendant et spécialiste des cryptomonnaies. Il vulgarise l’univers du trading et des investissements alternatifs pour un public curieux et en quête d’opportunités rentables.

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