Votre salaire a-t-il suivi l’évolution européenne des cinq dernières années ? Analyse comparative
Lecture rapide :
– Salaires réels en recul dans un tiers des pays étudiés
– Italie : -6,1% entre 2021 et 2026
– Turquie : +78,6%, fiabilité contestée
Sur les cinq dernières années, la combinaison de la pandémie de COVID‑19, de l’invasion de l’Ukraine, de la flambée des prix de l’énergie et d’une inflation élevée a pesé sur les rémunérations en Europe. Des données consolidées par l’OCDE et des analyses d’instituts européens montrent une évolution hétérogène : si quelques pays affichent des gains réels, un nombre significatif a vu son pouvoir d’achat diminuer.
Évolution des salaires réels en Europe 2021‑2026
Selon les Perspectives de l’emploi de l’OCDE, les salaires réels ont reculé de manière cumulée dans neuf pays parmi les 27 européens couverts par l’étude. À l’échelle de la zone euro, la baisse atteint -1,8% sur la période.
Les pertes les plus marquées concernent l’Italie (-6,1%), la Tchéquie (-5,8%) et la Suède (-4,8%). Des reculs plus modérés apparaissent au Danemark (-2,1%) et en Espagne (-2,0%), tandis que plusieurs pays, dont la Slovaquie, la Finlande, l’Irlande et la Suisse, enregistrent de légères diminutions comprises entre -0,7% et -1,4%.
Exceptions et hausses marquantes hors zone euro
La Turquie se distingue avec une hausse de +78,6% des salaires réels, une progression que des économistes jugent partiellement liée à un rattrapage après une base basse en 2021 et à de fortes revalorisations du salaire minimum. Des experts mettent toutefois en doute la fiabilité des chiffres d’inflation turcs.
Parmi les autres gains notables, la Hongrie affiche +29,8% et la Pologne +16,5%, résultats attribués à des politiques salariales actives, à des tensions sur le marché du travail et à des effets de convergence. Dans la zone euro, la Lituanie enregistre la plus forte progression avec +14,8%.
Raisons du déséquilibre entre pays
Les décalages tiennent à plusieurs facteurs : la rapidité d’ajustement des salaires nominaux, la force des négociations collectives, l’évolution des salaires minima légaux et la dynamique de productivité. Andrea Bassanini, rédacteur des Perspectives de l’emploi de l’OCDE, souligne que les accords salariaux sectoriels, souvent étalés dans le temps, ont retardé la restauration du pouvoir d’achat.
Des économistes, dont des spécialistes du wiiw, relèvent aussi des freins structurels, comme une faible productivité et une croissance atone, qui ont pesé sur la capacité des employeurs à augmenter rapidement les salaires nominaux.
Impacts sur le pouvoir d’achat et contexte récent
Les salaires réels ayant reculé dans environ un tiers des pays étudiés, des millions de ménages européens ont vu leur pouvoir d’achat comprimé depuis 2021. L’OCDE note toutefois que les salaires minima légaux ont, dans l’ensemble, suivi l’évolution des prix dans plusieurs pays.
Les données utilisées couvrent le premier trimestre 2026 et précèdent une nouvelle hausse des prix de l’énergie liée à des tensions géopolitiques au Moyen‑Orient, facteur susceptible d’amplifier les pressions sur les salaires et le coût de la vie.
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