L’aéroport Saint-Exupéry parie sur le fret pharmaceutique pour relancer son trafic en baisse
Lecture rapide :
– L’aéroport réoriente son modèle vers le fret pharmaceutique
– 25 000 m² pour la plateforme DC1, livraison avant l’été 2026
– Objectifs : 180 000 tonnes annuelles et environ 300 emplois
Au sud de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, un nouveau bâtiment logistique prend forme pour capter le trafic pharmaceutique régional. Le site, destiné à Worldwide Flight Services, veut rapatrier des flux jusque-là dirigés vers d’autres hubs et faciliter l’export des productions locales.
La plateforme DC1 dédiée au fret pharmaceutique à Lyon-Saint-Exupéry
Le bâtiment DC1 couvre 25 000 m² et s’implante sur 5,2 hectares. Développé par Prologis avec le promoteur Em2c pour Worldwide Flight Services (WFS), le chantier a démarré en décembre 2024 et la livraison est attendue avant l’été 2026.
Pour assurer la chaîne du froid, la plateforme intègre 4 400 m² de chambres froides et offrira un accès sécurisé et direct aux pistes. Le bâtiment comptera 36 portes à quai pour poids-lourds et pourra manipuler des envois atteignant 12 tonnes.
Capacités, marchandises sensibles et objectifs de trafic
La plateforme vise à traiter jusqu’à 180 000 tonnes de marchandises par an et prévoit la création d’environ 300 emplois directs et indirects. Outre les produits pharmaceutiques, le site est conçu pour accueillir des marchandises dites sensibles, comme des produits phytosanitaires, des produits pétrochimiques, des produits de luxe et des vins.
Le positionnement sur ces segments répond à une demande locale forte et à l’exigence de rapidité pour l’accès aux marchés internationaux. L’opération s’inscrit dans une dynamique de renforcement du rôle logistique de la partie sud de l’aéroport.
Investissements massifs et retombées pour l’emploi local
Autour de l’aéroport, plusieurs acteurs ont engagé d’importants capitaux : DHL a investi 121 millions d’euros pour une plateforme en juin 2025 et Amazon prévoit d’ouvrir une méga-plateforme générant près de 3 000 emplois. Selon les chiffres communiqués lors de la visite du site, 1,5 milliard d’euros ont été engagés dans le fret ces deux dernières années, un montant équivalent aux cinquante années précédentes.
Ces investissements doivent faire passer l’activité cargo de l’aéroport d’environ 2 000 emplois aujourd’hui à près de 5 000 emplois équivalents temps plein d’ici fin 2026. Le basculement vers le fret cherche aussi à compenser des difficultés à retrouver les niveaux passagers d’avant la pandémie ; l’aéroport a retrouvé plus de 10 millions de passagers mais reste dépendant des compagnies low cost et en retrait par rapport à Genève, Nice ou Marseille.
La concentration d’entrepôts et d’opérateurs logistiques autour du CargoPort transforme le paysage économique local. Les projets en cours devraient accélérer l’industrialisation de la zone et renforcer les liaisons entre production régionale à haute valeur ajoutée et marchés internationaux.
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