Justice suisse : le procès crucial de Sepp Blatter et Michel Platini débute ce lundi
Lecture rapide :
– Procès en appel de Platini et Blatter à Muttenz
– 2 millions de francs suisses (≈ 1,8 million d’euros)
– Audience de lundi à jeudi, décision le 25 mars
À partir de lundi, la Justice suisse rouvre le dossier opposant Sepp Blatter et Michel Platini. La Cour d’appel extraordinaire du Tribunal pénal fédéral, réunie à Muttenz, examine en appel une affaire judiciaire née du paiement contesté de 2 millions de francs suisses versés en 2011 au bénéfice de Michel Platini. Les prévenus sont poursuivis pour escroquerie, gestion déloyale, abus de confiance et faux dans les titres, des chefs passibles de cinq ans d’emprisonnement.
Procès en appel Platini-Blatter à Muttenz : faits et enjeux judiciaires
Les juges doivent retracer la coopération de longue date entre les deux hommes, de leur alliance en 1998 à leur chute en 2015, et séparer l’enquête pénale de ses dimensions politiques autour du football mondial. Le parquet reproche aux deux anciens dirigeants d’avoir obtenu, « au détriment de la FIFA », un paiement sans fondement de 2 millions de francs suisses en faveur de Michel Platini.
La défense reconnaît que Platini a conseillé Sepp Blatter entre 1998 et 2002 et qu’un contrat de 1999 prévoyait une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses payée par la FIFA. Elle soutient que l’accord sur un salaire plus élevé avait été convenu oralement et que l’opération n’était pas frauduleuse. Me Dominic Nellen, avocat de Platini, demande l’acquittement au nom d’une absence d’intention délictueuse.
Calendrier du procès et précédents judiciaires
Les audiences sont programmées du lundi matin, dès 09h, jusqu’à la soirée de jeudi. La Cour rendra son arrêt le 25 mars. Lors du premier procès en 2022, les juges avaient relaxé les deux hommes, jugeant que l’escroquerie n’était pas établie « avec une vraisemblance confinant à la certitude ». Le ministère public avait alors requis un an et huit mois de prison avec sursis.
L’élément central demeure le paiement effectué en 2011, présenté par le parquet comme un versement « sans fondement » obtenu en trompant les contrôles internes de la FIFA. Les deux anciens dirigeants répètent pour leur part qu’ils n’ont jamais eu l’intention de commettre une fraude et que l’opération découle d’un accord entre eux.
Le dossier a aussi cristallisé des tensions de pouvoir au sommet du football. Des soupçons avaient été émis sur l’implication d’autres responsables, mais une enquête complémentaire ouverte en 2020 a été classée sans suite en 2023. Michel Platini a par ailleurs exclu de tenter un retour à la FIFA après ces épisodes.
Vu par lemanfinance sur : RMC Sport