Construction d’une mégaferme à saumons en Gironde approuvée par l’État : 10 ONG montent au créneau
Lecture rapide :
– L’État autorise une mégaferme terrestre de saumons en Gironde
– 10 000 tonnes par an, 280 M€, 250 emplois
– 10 ONG déposent un recours administratif
L’État a validé mardi 4 août 2026 l’implantation d’une mégaferme de saumons portée par la société Pure Salmon, filiale d’un fonds singapourien. Le site doit occuper 14 hectares au Verdon‑sur‑Mer et produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumon par an, pour un investissement annoncé de 280 millions d’euros. La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a justifié l’autorisation par « un grand intérêt économique et industriel » du projet, précisant qu’il était autorisé « dans un cadre environnemental strict » et avec un démarrage des travaux prévu en 2027.
Autorisation, emplois et production nationale
La préfecture souligne la reconversion d’une friche industrialo‑portuaire à la pointe du Médoc et la création annoncée de 250 emplois directs. Le projet vise à réduire la dépendance aux importations, le saumon étant aujourd’hui importé à 99 % pour la consommation française, évaluée à 4,2 kg par personne et par an. Des éléments de contexte et réactions locales ont été couverts par un reportage de Midi Libre.
Technologie en circuit fermé et prescriptions environnementales
Le projet repose sur un système de recirculation d’eau (RAS), présenté par la préfecture comme limitant les volumes d’eau nécessaires et encadré par des prescriptions destinées à protéger les ressources en eau, la qualité des rejets, la biodiversité, la gestion des odeurs et la limitation des émissions lumineuses. L’Ifremer a toutefois souligné que, si les principes du RAS sont établis, un tel « changement d’échelle » manquait de références opérationnelles. Un résumé des éléments officiels figure également dans un article du Figaro.
Le dossier a suscité une forte mobilisation citoyenne: la clôture de l’enquête publique a enregistré plus de 20 000 contributions, majoritairement défavorables, et plusieurs centaines d’opposants s’étaient rassemblés en janvier sur le site projeté. À l’inverse, la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable en mars et le Coderst a émis un avis favorable un mois plus tard.
Les oppositions regroupent des ONG et des acteurs de la pêche et de la conchyliculture. Vingt‑sept organisations avaient lancé en janvier un « Appel pour l’océan » et dix associations, dont Greenpeace France, ont déposé ce mardi un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux, dénonçant un « élevage intensif » à fortes densités, une consommation énergétique accrue et des risques sanitaires. Le projet soulève aussi la crainte d’un effet pervers sur la pêche destinée à produire des farines pour nourrir des saumons carnivores.
Le dossier divise jusqu’au gouvernement: la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’était dite opposée « à titre personnel » lors d’une audition, tandis que le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a estimé lors d’un déplacement qu’« il n’y a aucune raison qu’il ne se fasse pas ». Des projets comparables rencontrent des trajectoires variées, comme celui de Local Ocean à Boulogne‑sur‑Mer, autorisé en 2024 mais visé par des recours, ou l’abandon du projet du Norvégien Smart Salmon près de Guingamp.
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Que prévoit exactement le projet de Pure Salmon en Gironde ?
Le projet prévoit une usine d’élevage terrestre sur 14 hectares au Verdon‑sur‑Mer, une capacité de production allant jusqu’à 10 000 tonnes par an, un investissement de 280 millions d’euros et la création annoncée de 250 emplois.
Quelles garanties environnementales sont annoncées ?
La préfecture indique que l’autorisation comporte des prescriptions strictes encadrant les travaux et l’exploitation (protection des ressources en eau, qualité des rejets, préservation de la biodiversité, gestion des odeurs et des émissions lumineuses) et un contrôle permanent. La technologie annoncée est un système de recirculation d’eau (RAS).
Qui s’oppose au projet et quelles actions ont été engagées ?
Des ONG, des habitants et des acteurs locaux s’opposent au projet. Vingt‑sept ONG avaient lancé un appel en janvier et dix associations, dont Greenpeace France, ont déposé un recours administratif auprès du tribunal administratif de Bordeaux.
Quel est l’état de la procédure administrative et politique ?
L’enquête publique a enregistré plus de 20 000 contributions. La commission d’enquête publique et le Coderst ont rendu des avis favorables. Une proposition de loi pour un moratoire de dix ans, soutenue par une centaine de députés en 2025, n’a pas été examinée.
Source: www.challenges.fr