Les pourparlers sur la réforme de l’OMC abordent une phase décisive
Lecture rapide :
– Pourparlers décisifs sur la réforme de l’OMC à Yaoundé
– 166 membres, divisions marquées autour du consensus
– Etats-Unis et Inde affichent des réserves
Le chef des négociations, l’ambassadeur Petter Olberg, s’est déclaré raisonnablement optimiste alors que la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce entrait dans son deuxième jour à Yaoundé. Les discussions visent à arracher une feuille de route pour réformer une organisation fragilisée par l’obligation d’un consensus entre ses 166 membres et par l’usure de mécanismes comme l’organe d’appel, paralysé depuis 2019.
Réforme de l’OMC à Yaoundé : lignes de fracture et priorités
Au coeur des négociations figurent la gouvernance, le mécanisme de règlement des différends et l’adaptation des règles aux réalités actuelles du commerce. Sont également discutés la reconduction du moratoire sur les droits de douane pour les transmissions électroniques, un accord plurilatéral sur la facilitation de l’investissement pour le développement et des sujets agricoles liés au développement.
Des délégations multiplient rencontres bilatérales et séances à huis clos pour tenter de croiser concessions et avancées techniques. Peter Kyle, secrétaire d’Etat britannique, a résumé l’atmosphère en parlant d’un rythme soutenu de négociations, insistant sur la recherche d’options jusqu’à épuisement des pistes.
Positions clés et tensions entre grandes puissances
Les Etats-Unis ont rejeté avant la ministérielle le projet de texte, jugeant les discussions insuffisamment avancées, et ont publié des propositions remettant en cause des règles fondamentales de l’organisation. Washington reste attendu pour clarifier son engagement, une exigence répétée par plusieurs délégations et experts.
Plusieurs voix critiques présentes à Yaoundé dénoncent l’approche américaine. Parmi elles, Ivan Enrile (ONG IBON) accuse Washington de privilégier la coercition, tandis que Melanie Foley (Public Citizen) voit des motifs politiques internes derrière l’offensive. Le représentant américain Jamieson Greer défend pour sa part les mesures comme une réponse à des déséquilibres persistants.
Calendrier, marchandages et probabilité d’un accord
Les ministres disposent de quelques jours pour valider des principes et un calendrier. Selon des sources de la conférence, des échanges de concessions entre dossiers sont en cours : l’Inde pourrait lever des réticences sur le commerce électronique en contrepartie d’avancées sur l’accord plurilatéral.
Une réunion plénière est prévue en soirée et les négociateurs visent une feuille de route susceptible d’autoriser des négociations plus ciblées après Yaoundé. La clé reste l’implication effective des grandes économies, condition évoquée par plusieurs délégations comme déterminante pour tout accord concret.
Vu par lemanfinance sur : AFP