L’OMC en voie d’un compromis minimal pour relancer sa réforme
Lecture rapide :
– Compromis minimal sur la réforme à l’étude
– Moratoire e‑commerce expiré (1998‑2026)
– 166 membres concernés, tensions Inde‑Brésil‑États‑Unis
Après quatre jours de discussions à Yaoundé, la conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé s’est achevée lundi sans accord sur les dossiers majeurs que sont la réforme, le e‑commerce et l’agriculture. Les désaccords persistants entre l’Inde, le Brésil et les États‑Unis ont empêché l’adoption d’une feuille de route collective.
L’OMC face à un compromis a minima pour relancer sa réforme
Dimanche, des négociateurs ont esquissé un texte de compromis limité visant à relancer la refondation institutionnelle, mais aucun accord définitif n’a été finalisé avant la clôture. La directrice générale, Ngozi Okonjo‑Iweala, a reconnu que « nous avons tout simplement manqué de temps » malgré des avancées sur certains points.
Blocages politiques et mécanique institutionnelle
La réforme devait traiter notamment du fonctionnement du mécanisme de règlement des différends, partiellement paralysé par le blocage des nominations de juges, point souligné par plusieurs délégations. Le recours à la règle du consensus et les tensions géopolitiques ont rendu difficiles des compromis plus ambitieux.
Moratoire sur l’e‑commerce : expiration et implications
Le moratoire qui interdit depuis 1998 l’imposition de droits de douane sur les échanges numériques n’a pas été reconduit à Yaoundé. Cela constitue un revers pour les pays développés, États‑Unis en tête, qui réclamaient une reconduction permanente.
Positions divergentes sur la durée du moratoire
Un compromis sur cinq ans semblait possible dimanche, mais le Brésil a défendu un texte limité à deux ans, tandis que de nombreux pays en développement, dont l’Inde, craignent une perte de recettes fiscales si la reconduction devenait permanente. Le secrétaire général de la Chambre internationale de commerce, John Denton, a qualifié l’incapacité à trouver un accord de « particulièrement préoccupante » pour l’économie mondiale.
Impasse sur l’agriculture et conséquences pour la suite
Aucun compromis n’a été trouvé sur l’agriculture, secteur historiquement bloqué au sein de l’organisation. Le ministre brésilien Mauro Vieira a rappelé que l’agriculture reste le dossier le moins avancé depuis 30 ans et a lié la poursuite des discussions e‑commerce à des progrès sur ce volet.
Répercussions immédiates et horizon des négociations
Le secrétaire d’État britannique, Peter Kyle, a qualifié l’issue de Yaoundé de « revers majeur pour le commerce mondial ». Des responsables américains ont indiqué que deux pays refusant de coopérer ont freiné les avancées, sans les nommer. Les 166 membres devront désormais décider des étapes suivantes à Genève pour relancer des négociations fragmentées.
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