Iran et États-Unis post-session de Doha : faits clés et avancées révélées
Lecture rapide :
– Session technique à Doha sur Ormuz et finances gelées
– 60 jours de négociations prévus après le protocole du 17 juin
– Accord partiel sur l’utilisation d’une partie des 6 milliards bloqués
Des représentants américains et iraniens ont achevé une session de négociations techniques et indirectes à Doha, organisée pour tenter de mettre fin durablement aux hostilités au Moyen-Orient. Ces discussions interviennent après des échanges de frappes qui avaient fragilisé la trêve et font suite au protocole d’accord signé le 17 juin, qui prévoit des négociations d’au moins 60 jours.
Avancées à Doha sur les avoirs gelés et un canal de contrôle
Selon l’agence officielle iranienne Irna, les pourparlers ont abouti à un accord permettant à l’Iran d’acquérir des produits nécessaires à partir d’une partie de ses avoirs gelés au Qatar. Les parties ont aussi validé l’instauration d’un canal de communication destiné à signaler et recenser les violations du protocole d’accord.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que « plusieurs sujets liés à la dépense d’une partie des six premiers milliards de dollars » avaient été examinés, sans détailler les montants ou conditions précis. Les ministères des Affaires étrangères du Qatar et du Pakistan, médiateurs, ont salué des « progrès positifs ».
Négociations techniques : Ormuz au centre, nucléaire en attente
Une source proche des négociations a dit à l’AFP que les échanges s’étaient concentrés sur des dispositions relatives au détroit d’Ormuz, tandis que la question du nucléaire iranien doit faire l’objet de discussions ultérieures plus approfondies. Les autorités qataries et pakistanaises n’ont pas fourni de texte détaillé, le contenu précis restant en grande partie non communiqué.
Des pourparlers de haut niveau s’étaient tenus fin juin en Suisse, mais, depuis des frappes américaines sur le sol iranien la semaine précédente, Téhéran refuse les discussions directes. Les représentants de l’administration américaine envoyés au Qatar ont qualifié les rencontres de « très bonnes réunions », selon des déclarations publiques.
Calendrier iranien : obsèques et mobilisation
Doha et Islamabad ont indiqué que les négociations reprendraient après les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, prévues à Téhéran et annoncées pour durer six jours. Les obsèques, reportées depuis mars en raison de la guerre, suivent la mort de Khamenei le 28 février, survenue selon le récit officiel au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran.
L’influent chef de la délégation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a appelé à une forte participation, et les autorités attendent entre 15 et 20 millions de personnes rien que dans la capitale. On ignore si Mojtaba, désigné début mars comme successeur, participera aux cérémonies ; sa présence reste non précisée.
Tensions sur le terrain : Ormuz, Liban et dialogues parallèles
Le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce d’hydrocarbures, demeure un point de discorde majeur. Aucun navire n’a été attaqué ces derniers jours, mais l’Iran réclame un droit de passage que les États-Unis jugent inacceptable. Lors d’une réunion à Bahreïn, responsables de la défense de 12 pays ont souligné leur engagement en faveur de la libre circulation, selon le commandement américain Centcom.
Sur le front libanais, l’armée israélienne a annoncé avoir tué une personne présentée comme membre du Hezbollah, qualifiée de « menace immédiate ». Téhéran a demandé que le Liban soit inclus dans les pourparlers, alors qu’un accord-cadre signé la semaine dernière à Washington entre Israël et le Liban conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah. Le texte prévoit une remise progressive au contrôle de l’armée libanaise de « zones pilotes » dans le sud, mais Beyrouth attend que l’armée israélienne commence son retrait.
La dynamique à Doha a donc produit des avancées ciblées sur le plan financier et de contrôle, mais des sujets sensibles restent à trancher et la situation militaire continue d’influencer le calendrier diplomatique.
Vu par lemanfinance sur : Google News