Investissement 2026 : Analyse des opportunités et enjeux aux États-Unis, en Europe et en Suisse
Lecture rapide :
– Croissance mondiale modeste, tensions commerciales persistantes
– États-Unis ~2% de croissance; droits de douane +10 points
– Suisse +1,6% de PIB; franc renforcé (+13% vs USD)
Les perspectives pour 2026 reposent sur une accalmie relative des tensions commerciales, une inflation ralentie mais toujours présente et une incertitude géopolitique continue. Ces éléments alimentent des choix sectoriels et géographiques contrastés entre les États-Unis, l’Europe et la Suisse, selon l’analyse publiée le 15.12.2025 par Arthur Jurus d’ODDO BHF.
Perspectives d’investissement aux États-Unis en 2026
L’économie américaine devrait croître autour de 2% en 2026, avec une politique commerciale qui reste un levier de négociation. Les droits de douane, qui ont augmenté de près de 10 points en 2025, devraient rester en place et limiter l’expansion budgétaire.
La nomination d’un nouveau président de la Fed en mai et les élections de mi-mandat en novembre constituent des jalons institutionnels susceptibles de redéfinir les priorités monétaires et budgétaires. Sur les actions, les valorisations élevées du secteur technologique s’appuient sur des fondamentaux solides, des flux de trésorerie robustes et des perspectives de gains portés par l’IA et l’informatique quantique.
Les révisions positives des bénéfices restent le moteur attendu du marché américain en 2026, plutôt qu’une bulle purement spéculative.
Europe : dépenses publiques, fragilité institutionnelle et secteurs porteurs
La croissance européenne dépend largement des dépenses publiques, en particulier du plan allemand de 500 milliards d’euros destiné à moderniser les infrastructures et renforcer la défense. La guerre en Ukraine et la fragilité institutionnelle maintiennent cependant un niveau de vulnérabilité politique et budgétaire.
Les marchés actions européens restent concentrés sur les banques, les assureurs et les industriels allemands, soutenus par des courbes de taux favorables et des commandes industrielles à venir. Le secteur de la santé apparaît comme un secteur de rattrapage, combinant des valorisations faibles et une exposition significative à l’IA.
En complément, l’or devrait rester soutenu au-dessus de 4 000 dollars, porté par la baisse des rendements américains, les achats des banques centrales et des allocations accrues aux ETF sur l’or.
Situation et enjeux pour la Suisse en 2026
La Suisse pourrait afficher une croissance du PIB de 1,6% en 2026, soutenue par un apaisement des tensions commerciales et une reprise progressive de la demande extérieure. L’amélioration des relations commerciales avec les États-Unis devrait bénéficier à l’industrie exportatrice et relancer certains investissements privés.
L’inflation devrait atteindre environ 0,5% et la Banque nationale suisse n’envisagerait pas de taux négatifs sauf en cas d’une forte appréciation du franc. Le franc est attendu sur une trajectoire structurellement forte, s’appuyant notamment sur le différentiel des prix à la production; depuis le début de l’année, il s’est apprécié d’environ 13% face au dollar.
La vigueur du franc reste le principal frein potentiel à l’expansion des exportations et à la croissance malgré des perspectives économiques améliorées.
Selon l’analyse d’ODDO BHF, le principal risque pour la croissance mondiale en 2026 réside dans les politiques publiques : la probabilité d’une baisse de l’impôt sur les sociétés aux États-Unis a diminué après les élections, la marge de manœuvre budgétaire en Europe reste limitée, et la volatilité de la politique extérieure combinée à la vigueur du franc constitue un risque pour la Suisse.
La transition vers des thèmes structurels tels que l’IA, la santé et les actifs réels est identifiée comme un axe majeur pour saisir les opportunités dans un contexte de croissance modeste et de dynamique politique changeante.
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