Genève accueille une nouvelle série de négociations entre l’Iran et les États-Unis
Lecture rapide :
– Troisième cycle de pourparlers indirects à Genève
– 2’000 km, portée revendiquée des missiles selon l’Iran
– Washington exige d’aborder missiles et soutien aux groupes armés
Genève accueille jeudi une troisième session de pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis, visant à sortir du statut « ni guerre ni paix », a déclaré la présidence iranienne. Les négociations se tiennent sous médiation d’Oman après une reprise du dialogue début février.
Quelques heures avant l’ouverture, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a dénoncé « un gros problème », accusant Téhéran de refuser d’aborder son programme de missiles balistiques. Washington souhaite inclure ce dossier ainsi que le soutien iranien à des groupes armés, ce que l’Iran récuse et souhaite limiter les discussions au seul volet nucléaire en échange d’une levée des sanctions.
Pourparlers Genève: nucléaire, missiles et conditions iraniennes
Les divergences portent sur l’étendue des sujets à couvrir: les États-Unis demandent l’inclusion des missiles balistiques et des appuis aux milices, l’Iran maintient que les discussions doivent viser prioritairement le nucléaire et la suppression des sanctions. Le chef de la délégation iranienne, Abbas Araghchi, a qualifié l’instant d’« opportunité historique » et assuré qu’un accord était « à portée de main ».
Accusations américaines et capacités déclarées des missiles iraniens
Le président Donald Trump a répété sa préférence pour la diplomatie tout en affirmant que l’Iran a « sinistres ambitions nucléaires » et développe des missiles menaçant l’Europe et les bases américaines, voire capables d’atteindre prochainement les États-Unis selon lui. L’Iran a qualifié ces propos de « gros mensonges » et affirme limiter la portée de ses engins à 2’000 km, disposant d’un arsenal local incluant des Shahab-3 pouvant atteindre Israël et certains pays d’Europe orientale.
La délégation américaine est conduite par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président, Jared Kushner, qui doivent également tenir des entretiens séparés avec l’Ukraine à Genève. Le succès des discussions, a averti Abbas Araghchi, dépendra du sérieux de l’autre partie et de l’absence de positions contradictoires.
Ces rencontres font suite à une reprise du dialogue début février à Oman et à un premier cycle en Suisse le 17 février. Un précédent round avait été interrompu au printemps 2025 par une guerre lancée par Israël; à cette occasion, Washington avait visé des sites nucléaires iraniens, le président Trump affirmant avoir « anéanti » le programme, sans qu’on connaisse précisément l’étendue des dégâts.
La région manifeste une forte appréhension: Emile Hokayem de l’IISS évoque le risque d’un conflit plus ample que celui de 2025, tandis que Tayebeh, une habitante de Téhéran citée par l’AFP, dit craindre une offensive américaine mais souhaiter une fin de l’incertitude. L’enjeu des pourparlers reste la capacité des parties à concilier leurs demandes et à transformer les déclarations en engagements concrets.
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